mémoire de chardon

attirer l'attention sur ce qu'a réaisé une simple instit, une assistante sociale sans titre au cours de sa vie professionnelle et donner une idée de son point de vue sur la vie et aussi la poli-tique

mardi 6 mars 2007

[64] ¤ QUE FAISAIT-ELLE LA

QUE FAISAIT-ELLE LA : ET OUI...

Posté par gaby le 21/2/2007 22:48:49 (13 lectures)

QUE FAISAIT-ELLE LA ?

Elle était assistante sociale à la prison de Loos.

J’avais connu la prison dépourvue d’assistante sociale. C’était plus facile pour moi, j’avais la possibilité de converser avec certains détenus, face à face en parloir d’avocat, permission accordée par le Directeur de la prison, en dépit du règlement. Chouette ce Directeur.

Après, il a fallu que je plaise à l’a.s. qui n’avait aucun pouvoir dans l’enceinte de la prison et me le faisait payer en abusant de sa position.

Elle, c’était la copine d’une ancienne du secondaire, devenue avocate puis juge d’instruction, qui n’avait à cette époque d’autre amitié pour moi que celle de profiter de mes compétences en restauration d’intérieur. La S.l.pe…. dirait Bedos…

Elle, fallait voir sa face, des yeux chiasseux qui viraient toujours en oblique, une bouche aux plis retombant lourdement à chaque coin, désabusés, méprisants, l’ensemble vêtu d’un manteau de vison… Ouais… ouais, ouais… du vrai vison, j’en avais jamais touché.

Elle était donc en fonction d’assistante sociale faisant partie d’une tribu à abattre… Pas toutes, il y a bien sûr l’exception ou les exceptions qui confirment la règle. Pas assez nombreuses hélas.

Que pouvait-elle apporter à ces êtres incarcérés pour des fautes plus ou moins lourdes ? jamais appliquées aux plus coupables qui jouissent d’une immunité imaginaire de par leur position, ou de l’immunité idiote qui protègent même les enfants véreux, dangereux, criminels du diplomate en poste.

Avait-elle seulement le diplôme, qui ne fait pas l’homme pour autant ? Je me permets d’en douter. Les passe-droits, les postes obtenus par piston, étaient encore monnaie courante et le restent dans certains domaines.

Quand on a du pognon, et un manteau de vison, faut encore essayer de gonfler son magot. Il lui a semblé nécessaire de « travailler », c’est important pour la retraite et la couverture sociale, surtout la couverture sociale. Quelques trimestres de travail à la fin d’une vie de…plaisir…et vous l’avez pour la vie… Et la sécu rend l’âme pour ceux qui ont tant travaillé.

Elle exerçait intra et extra muros, allait parfois dans les familles des « internés »
Comment ? Ben, en Mercedes et manteau de vison… Ben oui...

Vous imaginez ?


Un jour… la Mercedes disparaît du parking externe de Loos, face… à… la… prison… Je connais bien, j’y ai assez fait le pied de grue attendant mon tour, parmi les familles des internés

Elle a été retrouvée… y’a pas fallu mobiliser les forces de l’ordre comme pour l’emprunt du scooter du fils de sarko.

Retrouvée, oui mais dans quel état. Paraît que cette Mercédes avait à l’achat, coûté Quatorze Millions de francs, dans les années 70. Paraît que les réparations ont elles aussi coûté ce prix…Quatorze millions. Et tout aux frais de la proprio. Il y avait problème avec l’assurance.

Alors la bouche s’est davantage affirmée dans ses replis dissonants, malveillants, les intestins ont grondé.

Amusant non ?...

Elle a pas compris la leçon… alors sa Mercedes a encore pris le large, lui est revenue dans le même état…Encore des millions.

Après, je sais plus…
Mais ce que je sais, c’est que le geste de ceux qui purgeaient ou avaient purgé une peine, indique bien comment elle accomplissait sa fonction dans cet « internat », avec son air dédaigneux et méprisant, ses yeux au regard chassieux, toujours oblique.


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CHARDON de LILLE

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lundi 5 mars 2007

[29] ¤ EH OUI... : GUEULE EN OR

EH OUI... : GUEULE EN OR

Posté par gaby le 21/5/2006 11:56:33 (38 lectures)

L'apprentissage en tout, pour tous est indispensable
L'assistanat est déshonorant, déshumanisant


15 Mai 2002

GUEULE EN OR



Je vais sans doute bénéficier d'une « gueule en or ». J’ai toujours eu horreur de voir, même un court instant, une bouche ornée de dents en or. Certains aiment ça. C’est leur droit, leur problème. Leur fric.

Moi, cela me fait horreur…

Je me souviens d’une fameuse gueule en or, presque toutes les dents étaient recouvertes de ce métal dit précieux.

C’est si beau une bouche saine, des dents naturelles bien soignées. C’est même mieux que des perles rares. Les quenottes d’un enfant, additionnées de joues à fossettes, lorsque le rire s’y prête… C’est… C’est d’une beauté sans pareille.

La gueule connue, ça remonte au temps ou j’étais « nanass » (assistante sociale) en protection judiciaire de l’Enfance.

La gueule en or avait aux environs de la soixantaine. Il faisait chaque année un enfant à sa femme.
Elle, un peu plus de la quarantaine, famélique, dépassée par le travail.
Et les gosses, un véritable escadron, une armada. Des gosses tout aussi faméliques que la mère.
La maison : un gourbi… Il y faisait froid…
Il y avait des jeunes adultes, des ados et des mômes… Ça grouillait, ça vivait plus à l’extérieur. Ils auraient été trop bruyants à l’intérieur. Ils auraient dérangé le père. Il y avait des illettrés, des analphabètes, deux, trois débiles sociaux.

La mère faisait ce qu’elle pouvait, faisait de son mieux.

Le père ?...

Non seulement sa gueule était en or mais chaque doigt de chaque main était orné d’une bague. en or… avec quelques pierres et même des diamants.

Avec de telles mains, que peut-on faire ?

Il commençait par se lever vers 11 h du matin. Sa toilette prenait un temps fou. Il sortait du cabinet de toilette, toujours endimanché. Une chemise d’un blanc impeccable, crémeux, à vous couper le souffle, poignets sortant des manches d’un veston à la coupe irréprochable cachant sa grosse bedaine, masquant ses formes grassouillettes, ses bras aux chairs rebondies. Aux poignets, des boutons de manchette superbes, en or naturellement, jamais les mêmes deux jours de suite. Sa chevelure argentée, encore assez drue, s’étalait en vagues crantées ; la coupe n’était pas celle du coiffeur du coin. Une pochette de fine dentelle dépassait de la poche supérieure du veston… Un bellâtre parfumé aux essences rares.

Alors, dignement, il sortait de la maison pour « vaquer à ses affaires… » Il n’y rentrerait que la nuit bien entamée, juste le temps de se satisfaire dans une étreinte physique où l’amour était totalement exclu…

Je n’ai jamais entendu le son de sa voix, je n’en étais pas digne…

Dans cette famille les enfants étaient plus ou moins scolarisés.
Il était difficile pour les instit. d’intégrer dans leurs rangs des petits sauvages n’ayant pas bénéficiés des effluves parfumées du père, sachant à peine bredouiller quelques mots, totalement absents du système scolaire, désintéressés au maximum ?
C’était très difficile pour ces mômes de prendre plaisir à ces instantanés scolaires où tout était pour eux nébuleux. Je comprends les uns et les autres.

Les jeunes adultes n’avaient que faire de s’enfermer au travail et c’était déjà une époque très difficile, elle sera suivie de celle des CDD offerts aux plus résistants.

Les petits étaient voués aux IME.


Celui qui avait 10 ans, a été déclaré admissible à l’IME d’Houplines. La mère et moi, nous avons étudié la conduite qui semblait la plus appropriée : Le Mongy assez proche de la maison, les descendait gare de Lille où un bus regroupait les gosses venus de divers horizons pour les amener à l’IME. A la fin de la semaine, le trajet était réalisé en sens inverse.
La famille habitait Roubaix.

Ça a marché. C’était naturellement la mère qui accompagnait l’enfant. Je pensais alors que cette virée lui permettait de respirer un peu l’air du dehors, de faire certaines rencontres « normales », de sortir de son ghetto.

Un jour, je venais de croiser sur le coup de 11 h le pacha se rendant à sa toilette, SA SERVIETTE éponge lumineuse sur l’épaule, sans me saluer, (je reste pour lui la transparence même) je me retrouve avec la mère.
J’essaye encore le dialogue.
Elle arrive maintenant à me formuler des phrases entières, elle sait que je ne vais pas la trahir auprès du seigneur et maître. Et ce jour-là je m’enquiers du petit, des résultats à l’IME et : « Comment se passe la conduite ? » Alors j’apprends que ce n’est plus elle qui s’en charge.
Et naïve, je crois qu’un miracle s’est produit, que le père a pris conscience de certains de « SES AVANTAGES » de père, qu’il assure la conduite du petit.

La réalité est bien plus moche pour TOUS. Le père très informé, imposait la conduite en taxi
privé de la maison à l’IME.


Le père, c’eût pu être un Français d’origine.

C’est comme ça que la « Sécurité Sociale » est devenue au fil des ans, l’ « INSECURITE SOCIALE ».

Et, beaucoup, après avoir travaillé leur vie durant et cotisé correctement à l’organisme de soi-disant Sécurité de l’Etat, se voient dans l’obligation de vivre de « luxe » avec peu de moyens, La sécurité sociale a décidé de les ignorer. Médicaments chers, non remboursés, les plus actifs ; refus de prise en charge valable dans des situations lourdement grevées par la maladie, politique des yeux fermés tant de la part de l’organisme que de celle de certains praticiens.

LE MONDE EST ORGANISE PAR UNE CERTAINE CLASSE SOCIALE ET POUR CETTE CLASSE SOCIALE.



CHARDON

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[24] ¤ BEL ANGE YE...

social : BEL ANGE...YE

Posté par gaby le 30/4/2006 16:45:29 (36 lectures)

C'est à lire

16 Juin 2004

BEL ANGE… YE…

Verbrouche en était bleue. Quand elle citait Bellange, c’était l’emphase, l’adoration, l’extase. Verbrouche. était directrice d‘une association de travailleurs sociaux : Protection Judiciaire de l‘Enfance, une bourgeoise planquée, à côté de la plaque.

Bellange était as..sis..istante CHhEEEFFFF de secteur, elle devait avoir la parole facile et ses clichés devaient être sur mesure, l’audio vidéo en somme, avant la lettre. Elle subjuguait Verbrouche. Il en fallait beaucoup, cette dernière ayant l’habitude de ne croire qu’en elle-même dans son service, je dis bien SON service. C’est encore le langage des abrutis du pouvoir.

Donc, pendant tout le temps passé dans l’association, je verrai Verbrouche baver en parlant de Bellange

Huit années dans cette association. Pas huit années d’esclavage.

Si j’ai toujours obéi aux ordres intelligents, peut-être que je n’en ai pas reçus des masses. Partout j’étais déclarée indisciplinée…
Faux, je travaillais selon certains concepts qui n’étaient pas ceux des autres, j’aimais mon travail, je ne laissais rien au hasard. Nullement indisciplinée au contraire, seulement très indépendante. Si jamais je n’ai été mise à la porte des deux derniers services fréquentés, c’est parce que je ne présentais aucune faille dans le travail.

Quand Christine en découvrira et les fera découvrir aux autres, ce ne sera que des failles de pure invention de sa part

Je suis à la retraite forcée après un mignon adénocarcinome. Ses séquelles, c’est autre chose mais elles sont toujours minimisées par bien des membres du médical. Se taire : « A laver la tête d’un âne on y perd sa lessive ».

Monique Deuche m’a sollicitée pour être accueillante aux « Petits Malins. » maison calquée sur la « Maison Verte » de Françoise Dolto. J’y ai vu bien du positif mais cela dépendait de ceux qui assuraient les permanences

Dans cette équipe pluridisciplinaire, les bénévoles étaient rares et triées sur le volet. Parmi les permanents patentés, elles étaient trois à mener la barque : la Psy : Claude , une psychologue : Claire, une conseillère en économie familiale : Véronique. Le trio bien soudé, finissait toujours par l’emporter, les autres ne faisaient pas le poids, et Monique passait par moi parfois pour leur faire entendre certaines choses. Là aussi j’avais un statut à part. Plutôt mal accueillie à l’arrivée, ce trio usera de tout son charme pour que je ne quitte pas l’équipe volontairement après un certain temps de présence. Je les estimais beaucoup toutes les trois, elles étaient efficaces.

Et Monique nous exprime un jour la demande de Bellange : intégrer l’équipe.

Bellange a sévi sur le secteur de La Madeleine. La mine fermée de presque toutes les permanentes à l'annonce de la candidature de Bellange. Leur sentiment non exprimé verbalement : Bellange n’a rien à faire dans cette équipe. Je sens en elles comme une prise de position qui a tout de la revanche. Elles se tiennent toutes la main et ce n’est pas Enricke, le seul homme de l’équipe qui exprimera le contraire.

Cette matinée en réunion m’a beaucoup amusée. Bellange a dû être un monstre en tant que chef de service.

Monique argumente. Bellange a (paraît-il) participé au lancement des « Petits Malins ». En fait, elle a eu à donner son consentement au cours d’une réunion d’huiles. Pour moi, c’est pas ça participer.

Devant l’attitude de l’équipe, Monique désemparée, se tournera vers moi, en apparté naturellement. Je ne connais pas Bellange, je sais seulement que pour Verbrouche c’était une merveille.
Il fallait qu’elle soit sotte et « cruelle » dans son comportement envers son personnel pour que les membres de l’équipe soient aussi fermés. La plupart étaient de réelles valeurs

Je ne serais pas mécontente de rencontrer cette « personne », prendre ce terme au sens de personne = rien

A la réunion suivante, je me permettrais d’exprimer à l’équipe, que pour ne pas froisser les personnalités, (souvent souffrantes par culsceptibilité, donc « personnes alitées ») il serait possible d’accueillir Bellange à l’essai !!! ? cette idée l’emporte, ça satisfait Monique et les autres gardent main mise sur la décision finale.

C’est naturellement au cours d’une de mes permanences dans les locaux des «  Petits Malins » en compagnie de Monique et je ne sais plus qui, que Bellange vient faire ses premières armes.

Le local est constitué de trois petites pièces en enfilade, aménagées avec art et génie pour contenir une foule de jouets et dispositifs, ludothérapie permettant à des enfants de 0 à trois ans de s’exprimer.

Nous sommes là pour entendre, accompagner les mamans surtout et voir l’évolution des enfants. Passionnant.

Plan, rataplan, plan, plan … C’est l’entrée de Bellange, une grande et forte femme, encore brune grâce aux colorations. Elle a dû avoir à s’épiler souvent les jambes. Voix forte, celle du commandement qui n’autorise aucune réplique.
Je suis pour l’instant dans la première pièce avec une maman et son bébé. Je ne reste jamais longtemps au même endroit, je m’assois peu, je « vaque ». Assise sur un banc, tout à côté de l’enfant, je constate que Bellange n’est pas à l’aise et... zut alors, elle vient s’asseoir à mes côtés, comme elle a plutôt des formes envahissantes, je ne peux plus me mouvoir, je suis coincée.
Et elle se fait entendre. De quoi me parle-elle ? De son service… Il y a beaucoup de choses à dire sur un service social, et la façon non pas uniquement de gérer ce service mais de rechercher et d’entretenir la finalité du social. Un service social, ce peut être une petite république démocratique ou chacun peut s’exprimer, les clients tout comme les travailleurs sociaux dont la directrice.
Que m’a- t-elle dit : « j’étais chef de service, j’avais quand même 38 (ou 48) personnes sous mes ordres ». Et c’est tout ce que je connaîtrai d’elle et de sa pratique sociale.

Je me suis levée en m’excusant, je suis allée « vaquer » ailleurs.
Je l’ai un peu observée. Elle restait assise sur le banc, elle ne participait nullement. C’était pire qu’une potiche, elle était encombrante et « pas belle » et dès qu’elle pouvait retenir l’attention de Monique, c’était reparti sur la valeur de sa personne pendant son temps professionnel.
Si elle avait su parler de l’appétit qu’elle avait essayé de donner à son personnel, d’une vision claire du travail social, de tout ce qui avait été entrepris pour comprendre et aider ces familles dans le besoin, sans les écraser par un assistanat humiliant, qui annihile la personnalité, qui transforme l’être humain en une bouche à satisfaire pour plaire, si elle avait su dire que l’être humain a d’abord besoin d’être reconnu, entendu, compris, respecté, qu’il faut se faire humble quand on pénètre chez d’autres écrasés par la vie, cela voulu par le pouvoir de l’argent et depuis toujours. (Ça aurait pu nous arriver à nous). Si elle avait su tenir quelques propos humains, alors je l’aurais accueillie comme une égale.

Résultat : Bellange, d’elle-même n’a pas donné suite à son escapade dans le sanctuaire des « Petits Malins » J’en étais ravie, je n’aurais plus accepté de lui servir de chaperon, je l’aurais fuie totalement.

Tout le monde a été soulagé. Et combien j'ai compris la fermeture de toutes envers ce monstre et leur façon « manu militari. » de lui interdire l’entrée des « Petits Malins »

Elle n'a eu que la monnaie de sa pièce.




CHARDON DE LILLE

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dimanche 4 mars 2007

[8] ¤ ANNIE, UNE MAMAN BOUSCULEE

conscience-

Posté par gaby le 21/1/2006 23:54:08 (34 lectures)

annie une maman bousculée

Elle était alcoolique. Elle adorait ses enfants. Ils étaient insouciants, épanouis Le père, son ami, était gentil, mais se conduisait parfois comme un enfant, coléreux, violent. Pas avec ses petits.

A une certaine période, Annie se retrouve en maison maternelle.

« Carga, qu’elle me dit de sa grosse voix, y m’ont punie… J’chui rentrée en retard dimanche, alors j’ai pas le droit de sortir cette semaine et j’chui privée de courrier… Y vont pas bien… On n’est pas des gosses… »

Non, ces jeunes femmes n’étaient pas des gosses, mais les directions étaient des culs bénis. Certaines places ne s’obtenaient que par piston… : Directrice de Maison maternelle, de l’école de la Croix Rouge… Etc. C’était souvent des bourges qui ne connaissaient rien de la vie ouvrière, de la vie tout court, parfois même vieilles filles raccornies. Ceux qui attribuaient ces postes étaient sans conscience et puis, tout était bon pour cette clientèle, des femmes perdues, de la racaille. C’est peut-être encore de cette façon qu’on recrute ces directions.

Et cette jeune femme qualifiée de débile par « ces autorités » avait plus de jugeotte qu’elles.

Elle m’appelait « Carga » de sa grosse voix, il n’y avait aucun manque de respect dans cette formulation, au contraire. J’avais réussi à l’apprivoiser.

Elle avait un passé horrible …

J’étais parfois très inquiète pour ses petits, surtout l’hiver, ils se promenaient les fesses à l’air, passaient et repassaient devant un petit réchaud chauffé à blanc. La moindre perte d’équilibre et c’eût été le drame… Quand elle était consciente, ils ne craignaient rien mais elle était assez souvent sous l’emprise de l’alcool, jamais cependant quand je lui rendais visite. C’était le soir l’alcool, en certaines circonstances… S’il était arrivé quelque chose à ses gosses, j’aurais été sévèrement jugée.. . Je prenais le risque. Placer ces enfants, c’était les condamner. Perdre l’amour de leur mère, c’eût été là le véritable drame pour ces petits, la véritable mort…J’avais vu de trop près et trop souvent, la détresse de ces petits pris en charge par l’aide à l’enfance, je connaissais la suite, ces mêmes enfants devenus adultes. Une minorité seulement échappait à cette destinée morbide.

Parfois, le généraliste estimait nécessaire un séjour hospitalier. Certains soins physiques étaient urgents, bronchite par ex. qui eût pu être soignée dans un milieu familial plus aisé.
L’enfant atterrissait à l’hôpital.

Je me souviens d’une séance « tribunal », dans le bureau de la pédiatre.
Elle avait souhaité me rencontrer. Toujours d’accord pour m’informer, j’accepte.

A mon arrivée, la pédiatre m’accueille. Sa jeunesse aurait pu me ravir mais elle était cucu, elle portait ses cheveux longs et en « Anglaises », cela était passé de mode depuis longtemps surtout à son âge et son rire éclatait constamment en grelots, jamais au bon moment.
A sa suite je passe dans son bureau. Alors je m’aperçois qu’il y a déjà du monde… « Du Beau Monde »… comme « y disent » les imbéciles, il suffit de gratter la couche de dorure pour s’enfuir devant ce qui reste, catastrophique…

Elle me fait asseoir à la place du condamné, au milieu devant-elle le Juge ; les autres sont un peu en retrait faisant demi cercle autour de moi. A droite, à gauche deux pimbêches de la maison maternelle. Je ne connais personne.

C’était la condamnation d’Annie et partant de là, la mienne.

Je serais incapable de répéter ce qui s’est dit, j’entends seulement encore la bonne femme à ma droite : « Tabagisme » et celle de gauche « Alcoolisme ». J’aurais voulu ajouter « sont les deux mamelles de la France »

Et la pédiatre voulant à toutes fins retirer ces enfants à cette mère indigne, qui ne rendait même pas visite au gosse hospitalisé et qu’on ne pouvait joindre nulle part.

Je me souviens m’être dit que j’avais 2 possibilités de lui répondre : faire l’idiote, ou piquer une colère. J’ai choisi d’être idiote, et je répondais avec la lenteur, les mimiques et la tonalité de la catégorie choisie et ce n’était que réponses de Normand : « Ahh woouuaiis, aah nnoon »

C’est la pédiatre qui a piqué la colère. Alors elle s’est écriée :
« Puisque c’est comme ça je vais faire un rapport au juge
- Très bien, je lui ai dit.perdant mon air idiot
- Et qu’est-ce qu’il va faire le juge ?
- Et bien, il va me transmettre ce rapport », que j’ai répondu de ma voix la plus suave mais perfidement.
Ouh, les yeux de la jeune dame aux anglaises et au rire à grelots et décalé… et les suffocations de « tabagisme et alcoolisme » et remous chez les autres.

J’ai conseillé de rendre le petit à sa mère puisqu’il n’y avait plus aucune raison de le maintenir à l’hôpital. Mais personne ne savait ou la joindre. Alors je leur ai laissé quelques tuyaux tel un fil d’Ariane, ce qui me laissait le temps de retrouver Annie. Elle était assez souvent obligée de changer de turne.


« Tu as des nouvelles de ton petit ? lui ai-je demandé. - Pas beaucoup Carga, ça me fait tellement mal au cœur de l’entendre hurler quand je dois partir. »

Est-ce que tous ces cucus pour ne pas dire plus, sont capables de comprendre cela ?
Combien s’éclipsent devant une personne atteinte de grave maladie. Pas par peur de la contagion, un cancer n’est pas contagieux en principe, mais par lâcheté « Ca me fait trop mal au cœur » qu’ils disent. Je peux compreendre cependant que ce soit trop lourd à porter pour certains.

J’ai expliqué à Annie qu’elle était capable de supporter les cris de détresse de son petit en lui parlant, en lui expliquant qu’elle va revenir, qu’elle n’est pas partie pour toujours, qu’il est son enfant chéri, qu’il lui faut vite guérir pour rentrer à la maison.

: « Les enfants entendent et comprennent tout mais si tu t’affoles toi, l’enfant le ressent et se met en détresse. Ton petit a besoin de te voir, de t’entendre donc tu vas trouver la force de faire ce qu’il faut. »

Annie a récupéré son petit ;

Annie, j’ai du l’abandonner : décision d’une responsable irresponsable.

qui comblée de perversité, se porte à merveille.

Elle était seulement très jalouse de moi, et je la gênais sur la route de son ambition.

                                                       chardon de LILLE

Posté par gaby_djebelle à 17:55 - SERVICE SOCIAL - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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