vendredi 23 mars 2007
[67] ¤ LES VIEUX ONT TOUT LEUR TEMPS
18 Décembre 1999
Il y a un an environ : Emily, 12-13 ans
« Tu sais pas, je suis allée ce matin « AU Dr » avec ma mère, j’avais une rhino-pharyngite, il allait nous prendre entre deux rdv, y’avait une vieille femme, 70 ans, elle avait rien à faire, elle avait tout son temps, et ben, elle a pas voulu nous laisser passer avant elle »
Très indignée la môme. Et moi de dire :
« Je vais avoir 70 ans. Je vais « CHEZ LE MEDECIN » (c’est la vache qui va au taureau) à 8 h, le matin. justement pour ne pas attendre longtemps Je suis trop fatiguée. Je n’aurais pas non plus laissé passer une petite fille qui a attrapé un rhume parce qu’elle court toujours « tout nue » l’hiver, alors que l’été elle emprunte le gros blouson de son père
Et, tu sais ce que c‘est qu‘une rhino pharyngite ? C‘est un rhume mignonne, et je ne suis jamais allée chez le médecin pour un rhume. Quand nous étions enfants, maman nous faisait absorber de l‘huile de foie de morue chaque soir et se vantait à la fin de l‘hiver de ne pas avoir eu à soigner un seul rhume.
Cette huile n‘ était pas parfumée, elle était vraiment écœurante »
Oh, la tête d’Emily.
Je ne lui ai pas parlé des énormes engelures qui ont tapissé nos mains et nos pieds pendant la guerre.manque de vitamines et de matière grasse. C’était avec de la glycérine que maman les soignait, de la véritable, bien épaisse. Tellement différente de l’actuelle. Après la toilette du soir, nos mains en était enduites et pour calmer l’agression très piquante, nous offrions nos mains à la chaleur de la cuisinière qui ronronnait agréablement.
- C’est Anne, qui s’étonne aussi de la présence de personnes âgées à l‘ouverture des super marchés: « Christian et moi, nous nous demandons toujours pourquoi les personnes âgées viennent à ces heures là… Tu ne crois pas que certaines pourraient venir à d’autres moments ?
– Demande leur la fois prochaine » que je commence par répondre
Alors je lui explique que je vais toujours de bonne heure le matin ou l’après-midi, faire mes courses à l’ouverture des « petites grandes » surfaces parce que c’est trop pénible de pousser un caddy dans la foule, caddy déjà disproportionné aux forces de la personne âgée, et aussi de faire la queue trop longtemps à la caisse.
Pourquoi les personnes âgées auraient-elles plus de temps que les autres ? C’est tout le contraire.
Elles ne peuvent plus s’agiter, se presser. Elles sont devenues plus lentes en tout, plus vite fatiguées et ayant perdu le ressort de la jeunesse qui récupère tellement plus vite… Et cependant, surtout quand elles sont seules, elles doivent parer à tout, faire les courses, leur repas, surveiller les comptes, trouver l’artisan qui acceptera sans les arnaquer, les multiples travaux qu’elles ne peuvent plus accomplir, recevoir à toute heure les visiteurs agréables, et ceux qui viennent « parce qu’on sait que vous êtes là et que vous allez pouvoir nous dépanner, vous qui ne « travaillez plus, qui n’avez plus rien à penser, vous en avez de la chance ». Elles sont aussi plus sensibles, un rien les perturbe et quand le coeur s’en mêle, la grande joie le fait sauter. Adieu grand-mère.
Elles subiront les assauts machiavéliques des employées de maison dont le but est souvent de gagner de l’argent sans se fatiguer, quand ça ne va pas plus loin.
« Mais mémère, on n’est plus aux temps anciens, l’eau de javel, les cristaux de soude, le savon noir, le vinaigre additionné de sel, la lessive St Marc, c’est de la foutaise. Il y a tel produit qui fait tellement mieux et c’est tellement plus pratique. Faut pas être radin, grand-mère, faut pas être maniaque ».
Or, les dits produits « Vus à la télé » découlent bien souvent de ces produits naturels, moins chers oui et tellement plus efficaces et bien moins polluants que les « dégénérés » fabriqués par les zindustriels seulement dans le but d'amasser du pognon. Bien souvent les employées de maison sont des emmerdeuses qui savent tout juste passer la serpillière (qui par la taille et la texture choisies par elles, aurait pu servir de mouchoir à nos grands pères) là où ça les dérange pas et au bout d’une raclette; les coins, les dessous de meubles, ça n’existe que dans l’imagination des vieux, des patrons aussi. Elles savent passer l’aspirateur de la même façon, sur les surfaces moquettées et là elles perdent toute vivacité, elles prolongent l’aspiration jusqu’à l’heure de libération, c’est trop fatigant de travailler surtout si on est payé pour ça. Ils sont riches ceux qui prennent une employée de maison. Faut donc les rouler, faire semblant ? « Nous qu’on est obligés de travailler pour vivre, y faut profiter comme qu’on peut »
Ne généralisons pas, il y a encore des employées de maison consciencieuses.
Quand j’étais petite, je trouvais ridicule les grandes personnes qui rituellement clamaient : « Ils ont de la chance ces enfants, aucun souci, rien que le plaisir de vivre »… OUAIS … que je me disais, et l’école, et les leçons et les devoirs et les tracas avec les frères et sœurs, et le chien malade, et la chatte qui a des petits, et l’oiseau qui meurt dans sa cage, et maman qui s’inquiète sans le dire parce qu’elle n’a plus d’argent et doit nous nourrir.
Maintenant que je suis vieille, je vois que ces grandes personnes ne savent pas plus se donner le temps de l’observation et de la réflexion envers les vieux.
Nous n’avons pas le temps nous les vieux, d’attendre que vous soyez vieux pour nous comprendre
A QUAND NOTRE MINISTERE DE LA VIEILLESSE ? C’ EST URGENT MONSIEUR DEROZIER, OU SONT VOS PROMESSES AVEC VOTRE OBSERVATOIRE NATIONAL DE LA MALTRAITANCE ? VOTRE PAROLE D'OR ? DORT ? min p'tit quinquin, min p'tit pouchin ... min gros rogin, te m'f'ras du chagrin si te n'dors point ch' qu'à d'main...
CHARDON de LILLE
lundi 5 mars 2007
[26] ¤ GRAVE...HORRIBLE...FREQUENT
URGENCE : GRAVE... HORRIBLE...ET FREQUENT...
Posté par gaby le 13/5/2006 18:40:40 (45 lectures)
GRAVE …HORRIBLE …ET FREQUENT
Toute une étude a été faîte pour maintenir à domicile, une personne âgée en stade terminal de cancer.
C’est par définition: « L’HOSPITALISATION A DOMICILE »
Maintenue en vie par chimiothérapie et beaucoup savent que cela signifie pour le patient, une accumulation de maux dont la douleur dépasse toute échelle de valeur, cette personne de 78 ans bientôt, reçoit matin et soir, les soins de l’équipe hospitalière, rarement de la même personne.
Le midi, cette association est remplacée par l’Association RADAR, de sinistre réputation et qui dépêche à domicile, une employée chargée de donner les soins indispensables aux personnes tellement malades. Pourquoi cette division ? parce que les heures allouées par la mutuelle de la patiente, sont versées à cet organisme, choisi par la mutuelle
Déjà, chaque jour ou presque, c’est une nouvelle tête qui se pointe le midi. La plupart des employées de RADAR, sont jeunes, inexpérimentées et ne sont pas diplômées : « AUXILIAIRES DE VIE ». C’est parfois aussi « n’importe... qui… » Le coût de l’heure de RADAR est exorbitant, l’employée perçoit un petit smic Je vous parle de cela en connaissance de cause, preuves à l’appui, j’ai vu, j’ai entendu.
Déjà une alerte de phlébite par l’immobilisation a donné lieu à des soins intensifs (Hôpital ) Aussi un kiné vient tous les jours, masse la malade, lui permet de se lever, de marcher un peu.
Mais, le kiné prend 8 jours de vacances, personne ne le remplace.
Le médecin de l’équipe hospitalière oublie (sans doute) le lundi la visite hebdomadaire… Nous savons tous que les généralistes sont surchargés, l’état a fait ce qu’il faut pour cela.
Aussi, c’est un appel urgent qui le fait se rendre chez la dame en fin de semaine
La phlébite est bien en route.
Personne parmi l’équipe de soins hospitaliers à domicile, n’a pensé que l’immobilisation totale demandait un traitement particulier, quand bien même n’y aurait-il pas eu d’alerte antérieure.
C’est en urgence que la personne est hospitalisée.
C’est le W.E. du 1er Mai.
La patiente est mise sous perfusion. Les soins sont limite les W.E. Le personnel hospitalier est tellement restreint, et les 35 heures n’arrangent rien, toujours des nouvelles têtes, chacune avec sa façon de faire, rien de tel pour traumatiser davantage une personne âgée, tellement malade.
J’espère qu’elle a bénéficié de la mise en route du traitement anti phlébite, il m’est dit que rien n’est moins sûr, les infirmières en place n’ont pas le droit de prendre des initiatives sans autorisation de médecin. Et ce WE dure trois jours.
Il nous faudrait 50 Véronique Vasseur pour enfin comprendre que si l’hôpital est en danger ce sont surtout les patients qui le sont, principalement ceux âgés, seuls, et tellement en souffrance en fin de vie.
IL N’Y A PAS QUE LA CANICULE QUI TUE LES PERSONNES ÄGEES.
QUI AURA ASSEZ DE CONSCIENCE POUR METTRE FIN A CE « GENOCIDE » ?
CHARDON
dimanche 4 mars 2007
[1] ¤ OH LES AFFREUX !!!
oh...les affreux : LES VIEUX
Posté par gaby le 21/12/2005 19:28:23 (58 lectures)
OH ! LES AFFREUX !!! 28 Juillet 2003
Information télé :
« Les plus de 65 ans sont de trop grands consommateurs de médicaments, plus de sept médicaments sur une même ordonnance, ordonnances à rallonges, médicaments inutiles la plupart du temps et qui finissent à la poubelle, les armoires à pharmacie de ces personnes révèlent une fâcheuse tendance à la « thésaurisation médicamenteuse ». Devant un tel gâchis, qui coûte des milliards d’euros à la sécu, la chambre des comptes a décidé de mettre ces personnes à la diète. Il est vraisemblable que ne seront acceptés sur une ordonnance que cinqvariétés au maximum »… ???
Qui a pondu une telle information entendue 5 fois au moins au cours d’une heure, alors que je me concentrais sur un courrier pressé ?
Le monde serait-il rempli d’idiots ?
A 65 ans, les ennuis de santé ont déjà commencé. Ca nécessite alors quelques petites corrections médicamenteuses. Le mal peut s’incruster et la souffrance physique, c’est jamais drôle. J’entends souvent et à la télé, « Mieux vaut prévenir que guérir », et aussi « La souffrance à notre époque ça se gère »
Donc les vieux de 65 ans, sont le réel problème du trou de la sécu. « A la diète… Laissez-nous VOTRE ARGENT que nous puissions en bénéficier Nous les jeunes l’avenir de l’humanité, nous l’état qui sommes un père pour vous »
Mais : - Qui ordonne les médicaments ?
- Qui devant un vieux en détresse, et parce que le temps presse, (il doit sauver des vies, pour en faire des vieux) ne cherche pas à formuler quelques paroles d’encouragement au lieu de s’empresser de « changer » tel médicament, sans même un regard à l’armoire à pharmacie.
- Qui se vante d’allonger le temps de vie ? Ah quoi bon si c’est pour souffrir plus longtemps. Qui réellement attache de l’importance à la qualité de vie des personnes âgées ?
- Qui accorde au vieux « de 65 ans » plus de 6 minutes en consultation, le temps de rédiger l’ordonnance, d’enregistrer les données de la carte vitale, d’empocher le chèque ?
- Et… Qui s’empresse de ranimer par tous les moyens le vieux qui n’en peut plus de vivre… Victoire, il vit… Et après ?
Dans cette information télé, le principal personnage, véritable responsable de cette orgie n’est jamais cité. C’EST LE MEDECIN.
Une ordonnance rédigée par un vieux, ça ne s’est jamais vu.
Médecins, cour des comptes, sécurité sociale et tout le tralala, remettez vos pendules à l’heure et… n’oubliez pas, vous serez vieux un jour et plus que beaucoup d’autres puisque vous êtes déjà racornis.
Un simple mais vrai « Bon courage », ou un simple regard, partant du cœur, au moment de le quitter suffit au patient. Il entend que le médecin connaît les problèmes dont il souffre et qu’il partage.
Alors, là, le patient est soulagé de l’attention que le médecin lui porte. Il souffre moins.
Une petite histoire ne vous fera pas de mal.
Marine, 16 ans, arrive après la sortie de classe, pâle, le cou proconsulaire. Torticolis… Elle me confie qu’elle a beaucoup souffert cette nuit. Sa mère a demandé que le médecin passe ce soir… Appel à ce médecin. En l’attendant je commence la leçon de français au programme ce soir là. Et, de voir que Marine a retrouvé toute sa souplesse, m’inquiète intérieurement. Le médecin va se déranger pour rien. Mais… je connais Marine.
Il arrive. Et Marine joue le jeu, elle est redevenue aussi raide que la justice. Elle a repris sa pose de momie
Le médecin lui parle avec grande gentillesse, il l’a vu naître. C’est très sérieusement qu’il la questionne. Et il tâte ici et là avec délicatesse « Oh oui, là tu as bien mal, et là donc, c’est tellement raide, il y a une fameuse contracture, c’est une belle atteinte neuro musculaire. Oh ! là !là ! »… Il prend bien son temps, explique bien les choses en spécifiant toutefois que ce n’est pas encore le torticolis. Il me regarde pendant cet exposé, il faut que j’opine du bonnet. Il me prendra à témoin à plusieurs reprises. J’opine du bonnet très sérieusement.
« Alors voilà ma cocotte, (s’adressant à moi) Je l’ai connue toute petite, et elle va sur seize ans…(J’opine, j’opine). Je te donne :
- Un anti inflammatoire, comprimés
- Un décontracturant, au cas ou
- Un antalgique à prendre deux ou trois fois par jour
- Une pommade qui combine différents effets »
Et oui, le port de la minerve serait salutaire. Je prête la mienne. Marine portera dignement sa minerve pour aller à l’école.
Qu’offrira-t-on à Marine lorsqu’elle aura de sérieux problèmes, déjà des corticoïdes à son âge sans recommandation sur les précautions d’emploi.
Voilà tout ce qu’on met à la disposition d’une jeune, qui ne semble guère être « gênée » par sa pathologie en dehors de la présence du médecin, devant une ancienne patiente qui n’avait droit qu’à l’ironie de ce médecin parce qu’elle était spasmophile… Et vieille… mais qui allait à la consultation chez le médecin et attendait son tour bien fatiguée. Et qui n’a jamais dérangé le généraliste, pour une crise aigue de tétanie, sans effets extérieurs spectaculaires mais combien douloureux, et que certains médecins écrivent encore entre guillemets, en parlant de l’aggravation de l’état psy.
Et je pensais aux « torticolis » qui nous faisaient souffrir lorsque nous étions enfants. Aucun remède, pas même le cachet d’aspirine. Il n’y en avait pas chez nous. Maman nous recommandait d’entourer le cou la nuit avec notre chaussette et de veiller à le protéger également le jour. Les ennuis disparaissaient assez vite. Il y avait peu d’argent à la maison, il n’y avait pas de sécurité sociale mais surtout, maman ne nous aurait pas empoisonnés avec un remède puisqu’il était possible de faire autrement, sans danger pour la santé. Et je pense que c’est pour cela que nous sommes plus forts devant la douleur.
La conclusion est inattendue.
Deux ans plus tard, alors que nous en parlions devant le petit ami d’Emily, celle-ci en riant nous a révélé qu elle ne souffrait nullement, mais qu'elle n’avait pas envie d’aller au cours ce jour-là. Elle avait tout inventé… Sa pâleur ? Elle ne s’était pas maquillée… A 16 ans…
Alors, ce médecin ?
Heureusement je connais des médecins, généralistes ou autres qui prennent le temps avec leur patient, qu'il soit jeune ou vieux. Leur journée finie, ils sont épuisés, parfois au cours de leurs dernières consultations, ils se frottent la nuque devenue douloureuse. Certains de nos jours cherchent même le coin où ils vont installer leur cabinet, là où les pauvres s'entassent avec, en supplément tous les problèmes actuels. Vous connaissez ALMA Roubaix !!!
CHARDON de LILLE

