mémoire de chardon

attirer l'attention sur ce qu'a réaisé une simple instit, une assistante sociale sans titre au cours de sa vie professionnelle et donner une idée de son point de vue sur la vie et aussi la poli-tique

lundi 5 mars 2007

[60] ¤ LES ¨FÊTES

MEILLEURS VOEUX : LES FËTES

Posté par gaby le 31/12/2006 12:38:20 (34 lectures)

LES ETRENNES

ETRENNES 1er janvier
c'était il y a longtemps

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[58] ¤ LES HARICOTS CHEZ CAULIER

Affaires de gosses

Posté par gaby le 24/11/2006 16:33:42 (37 lectures)

Mardi 26 Juillet 2005

Le vendredi, jour maigre chez les cathos,la maman avait préparé pour ses 6 chenapans, une montagne de haricots blancs cuits d’abord à l’eau et assaisonnés ensuite.

Le vendredi midi, les gamins sortant de l’école St Joachim, se réunissaient à 5-6 avec les petits Caulier, autour de la grande table de cuisine.

La maman déposait devant chacun, à même la toile cirée bien récurée, un petit tas de haricots fraîchement cuits et encore bouillants. Un peu de sel sur chaque tas. Et chacun y allait, mangeant lentement pour mieux savourer, les haricots blancs de maman Caulier à la « croque au sel ».

Parmi eux se trouvait Michel Bocquet. Il avait un grand frère et surtout une maman très attentive aux désirs de ses fils. .

Cette maman est venue trouver maman Caulier. Elle souhaitait avoir la recette des haricots que son fils dégustait chaque vendredi, avec les copains. Elle avait fait de multiples cuissons de ces haricots blancs, elle avait utilisé toutes les possibilités de les assaisonner et Michel lui disait toujours : « Non, c’est pas ça, c’est pas les haricots de Mme Caulier, ils sont bien meilleurs » Aussi cette maman venait-t-elle s’enquérir à la source pour satisfaire son fils.

Quand la « mamman » Caulier lui a expliqué que c’était simplement des haricots nature, cuits à l’eau, la mère de Michel n’en revenait pas, elle qui avait essayé toutes les recettes

C’est toujours meilleurs chez les autres surtout quand les copains sont présents. Michel avait un frère aîné robert ; je n’ai jamais entendu parler du père. Michel s’ennuyait chez lui, chez manman Caulier, il y avait toujours beaucoup de mômes. Chaque dimanche matin, la maison étant à 100 m de l’église, c’était la procession des enfants de chœur, mes frères en faisaient partie.

Oh, les haricots de «  manman Caulier »




CHARDON DE LILLE

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[38] ¤ LE GARCONNET

LE GARCONNET

Posté par gaby le 12/7/2006 10:41:10 (47 lectures)

il suffit de peu

Le Garçonnet (écrit il y a longtemps)


J’arrive avant l’heure chez le Docteur C.

Un garçonnet est seul dans la salle d’attente, 9-10 ans, l’air inquiet, timide, un bel enfant blond, certainement trop gentil, trop obéissant, trop attentionné.

Je m’asseye.

(J’avais écrit « je m’assois », l’ordinateur me suggère : je m’asseye, d’accord, je veux bien lui faire plaisir)…

(Et non… pourquoi j’écrirais «Je m’asseye » cela ne me sied pas ?)

JE M’ASSOIS. C’EST PEUT-ETRE « JE M’ASSIEDS » ? Fermons les guillemets.

Et ben non, le lexibook, plus fiable qu’internet me confirme que j’ai raison, c’est au subjonctif « que je m’asseye »

« Voulez-vous que je sonne pour annoncer votre arrivée, me demande fort gentiment le petit
– Peut-être que ce n’est pas nécessaire, le Docteur sait que je suis là, que je réponds gentiment au petit, mais tu peux le faire si tu veux ». Le tout accompagné d’un sourire.

Le gamin est vraiment soucieux, il me regarde comme s’il attendait quelque chose de moi.

J’ai du laisser aller mon inspiration, peut-être lui ai-je dit « Tu aimes l’école ?»
Ou tout autre chose, et je le lui ai formulé avec tendresse, en y mettant mon cœur.

Je ne me souviens plus non plus de ce qu’il a pu me répondre.

Ce dont je me souviens fort bien c’est de ce qui suit : « Ma mère veut me mettre en pension, je ne comprends pas pourquoi
– Peut-être qu’elle souhaite que tu réunisses les meilleures conditions de travail ?
– Ben non, dit-il, je suis dans « tel collège », en « telle classe » et je suis quatrième (et c’est vraiment très bien pour son âge)
– Et tu n’as pas envie d’aller en pension
– Pas du tout me répond-il »

Comment aider ce petit bonhomme ?

Alors je lui lance gentiment : « As-tu parfois mal au ventre toi ?
-Oh oui
– Et tu peux me dire quand tu as mal au ventre ?
– Ben… quand je dois réciter mes leçons par exemple
– Ca fait mal hein ?
– Oh oui, dit-il douloureusement pensif
– J’ai eu moi aussi très souvent mal au ventre quand j’étais petite, et parfois j’avais peur de faire certaines choses parce que j’étais timide.
Un jour je me suis dit « mais ça ne va pas me faire mourir de faire ça, alors…je peux … » et ça m’a vraiment soulagée même si j’avais besoin de me répéter la même chose assez souvent au début et je suis arrivée à ne plus avoir mal au ventre à tout bout de champ, à ne plus avoir peur d’aller à l’école. »

Des pas se sont fait entendre dans l’escalier, la porte s’est ouverte sur une jeune maman accompagnée du Docteur, le gamin déjà levé, s’est tourné vers moi et m’a dit : « Au revoir Madame et merci Madame ».

Oh… Un délice ce gamin. J’aurais aimé avoir un petit garçon comme lui. Je ne l’aurais pas mis en pension, je l’aurais beaucoup écouté et il aurait appris à rire, à faire des tartes, de la pâte à sel qui salit la cuisine, de la peinture et bien d’autres choses que tous les enfants de cet âge aiment réaliser ;

Peut-être que dans sa tourmente il a pu se sentir plus fort en se répétant « Ça ne va pas me faire mourir alors… je peux…



CHARDON de LILLE

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[23] ¤ MICKAËL

LES ENFANTS : MICHAËL

Posté par gaby le 22/4/2006 17:11:34 (44 lectures)

25 Décembre 2003


Il venait avec Marie sa petite sœur, passer de courtes périodes de vacances chez moi, dans l’appartement.

Ils étaient tout heureux de retrouver Djebelle ma petite chienne. Mickaël aurait aimé que Djebelle vienne vers lui aussi souvent qu’elle allait vers Marie. Les chiens ont de ces préférences et aussi Marie adorait les animaux, elle avait un plus qui est inné chez certains et elle souhaitait devenir vétérinaire. J’ai cependant plusieurs photos de Djebelle, tenant compagnie à Mickaël, le plus souvent c’est sur le lit que cela se passe et il y a celle ou Djebelle à la tête du lit, semble veiller en dormant sur son petit copain endormi lui aussi. Sa petite langue sait aussi se faire douce et ses lichettes réveillent le môme.

Mickaël était un être très logique et réfléchi, davantage que d’autres enfants du même âge. Alors que perplexe j’accueillais mi-figue, mi- raisin la relation d’un évènement vécu par lui, il m’avait sorti de façon très sérieuse : « Tu ne me crois pas, et bien quand on sera avec Dieu qui voit tout, on lui posera la question ». Je lui ai alors affirmé que je le croyais entièrement. Cette « axiome », dans ma jeunesse, je l’avais sorti régulièrement à Valentine qui n’était que fantasmes, et ne voulait jamais croire ce que je lui avançais. A mon avis, cet axiome était à lui seul la preuve que le gamin n’avait pas arrangé la vérité. Mickaël et Marie ne m’ont jamais menti.

Il était assez taquin, héritage de son grand père. Un matin, très fier de son savoir scolaire de l’année, il m’avait annoncé : « Les hommes sont les plus forts, en français le masculin l’emporte sur le féminin ». Cela l’amusait et il riait comme tous ses petits copains avaient du le faire en se moquant des filles de la classe quand le maître avait énoncé ce fait à l’école. Je lui avais alors lancé : « Ça va espèce de phallocrate en herbe ». Il avait fallu naturellement expliquer ce mot.

Marie qui était encore très jeune et parlait très facilement, avait de ces sorties d’enfant, adorables, spontanées. Alors que nous prenions le petit déjeuner et que Mickaël s’exerçait à la tache plus délicate qu’il n’y paraît de garnir la tartine de beurre et confiture, (maman nous avait appris qu’il fallait que le beurre soit autant « sur les trottoirs que sur les boulevards »), Marie qui ne manquait pas une occasion de s’exprimer, s’était exclamée : « Moi aussi, je sais tartoriser ». Une autre fois, alors que nous terminions de nous expliquer Mickaël et moi, et il est vrai que nous n’avions pas porté attention à ce que Marie nous disait, dépitée, son visage exprimant nettement l’écoeurement, je l’ai entendue se parler à elle-même à haute voix : « et ben, puisqu’on m’écoute pas, je me tais »

Ça me reportait aussi, loin en arrière. Marie-Thé, sa mamy, quand ses filles étaient jeunes, aurait aimé aller plus souvent chez l’esthéticienne et l’exprimait devant ses filles. Freddy, lui avait alors sorti : « T’en fais pas maman, quand je serai grande, je ferai esthéticienne et je te ferai la peau »…

Oh, le plaisir d’être avec ces petits.

Je regretterai tout le reste de ma vie, de n’avoir pu accueillir Yamunâ, Dévaki, Samuël, les petits de Frédérique et Séverin. Ce sont les seuls petits neveux qui n’ont jamais passé un moment seuls avec moi, chez moi ou en vacances. Non pas les seuls, mais ceux dont les mères n’étaient pas jalouses de moi.

Nous sommes en période de vacances. Mickaël et Marie sont là. Chaque soir, après la douche, avant qu’ils ne s’endorment je lis une histoire. Puis c’est la nuit, le grand large de la nuit et, "je m’empresse de regagner mes appartements" ; plus modestement, après le passage dans la salle de bains, je gagne ma chambre.

Un matin, Mickaël se réveille mal, a le visage chiffonné et ne souhaite pas quitter son lit. Je le laisse tranquille ; je crois que parfois, il n’arrive pas à s’endormir assez vite, c’est donc normal qu’il récupère le matin.
C’est en râlant qu’il se lève, et son visage reste fermé quand il vient s’installer pour le petit déjeuner. Il s’est vraiment levé du pied gauche.

La journée sera jalonnée de petits détails qui prouvent qu’il n’est pas lui-même. Je n’exigerai que le minimum nécessaire et je m’arrangerai pour ne pas être obligée de le heurter. Il faut savoir composer.

Marie reste la même.

Le déjeuner ne sera pas au goût de Mickaël, pas plus que le goûter, le dîner ne le déridera pas.

C’est l’heure de la douche. Il décide de ne pas la prendre et se ferme de plus en plus.
Je lui déclare : « Il est 9 heures, je suis fatiguée, tu peux te coucher sans te laver, c’est dans tes draps que tu dors et je n’ai pas l’intention de les changer au cours de votre séjour, si tes draps sentent mauvais tant pis pour toi ».

Alors Mickaël entre dans un état de colère, du jamais vu chez lui de la sorte par moi : « C’est pas bien, maman veut que je prenne ma douche tous les soirs et tu dois m’obliger à me laver, à la maison j’aurais une fessée
– Eh… Je suis fatiguée et tu voudrais que je me fatigue davantage en entrant dans ta colère et en te donnant une fessée. Tu es assez grand pour décider toi-même de tes intentions ».

Cela ne satisfait pas Mickaël qui bien souvent subit tout en le provoquant, cet affrontement avec sa mère, c’est devenu un jeu qu’elle a hérité de son père, qui de la même façon se fâchait contre elle en certaines circonstances, un jeu malsain, celui qu’il faut essayer d’étouffer dans l’œuf avant qu’il ne s’inscrive dans l’esprit comme une nécessité. Et c’est comme cela que ça se reproduit de génération en génération.

Alors qu’il est encore dans sa colère, le téléphone sonne.

« Eh, je dis, voilà tes parents, tu vas pouvoir leur exprimer ton chagrin ».

Ce sont eux en effet. « Oui, tout va bien, je vais vous passer votre petit garçon qui est bien malheureux, je ne veux pas lui donner de fessée alors qu’il refuse de se doucher ».

Le môme pleurant au téléphone : « Je ne veux plus rester ici ». Réponse des parents ( par respect pour le petit, je n’ai pas appuyé sur la touche haut parleur). Je l’entends dire : « oui papa, oui maman…(snif, snif…) oui papa, oui maman…(snif, snif…). Cela dure quelques minutes et le gamin tout ragaillardi me tend le combiné après avoir embrassé ses parents. « Maman veut te parler ». Et ma nièce d’exprimer : « Je lui ai dit qu’il n’aurait plus jamais une tante comme toi ».
Je rassure les parents, cet épisode n’est qu’un simple faux pas sans gravité, les petits sont adorables. Je retourne aux enfants.

Le gamin complètement transformé me demande s’il peut aller prendre sa douche. Cela est évident. « Attention à l’eau chaude, ne sois pas distrait ». C’est un distrait comme Freddy et moi-même.

Je n’ai pas le temps de me rasseoir près de Marie que je le vois revenir, nu comme un ver lui très pudique devant les étrangers, il semble avoir encore un problème.

Et il me sort alors un tas d’onomatopées, suivis de borgborismes, quelques lambeaux de phrases. Dans ce tout nébuleux, je comprends qu’il y a eu un problème à l’école, Mickaël voudrait me confier quelque chose qui lui pèse : son copain, sa maîtresse, des crayons. Rien n’est clair, j’ai bien peur que l’explication ne soit longue, l’émotion de Mickaël ne va pas favoriser son discours et… je suis bien fatiguée. Je lui demande alors s’il est possible de reporter l’explication au lendemain, à condition que ce report ne l’empêche pas de dormir. Oui, demain ce sera bien, oui il va dormir après avoir pris sa douche.

Le lendemain, au petit déjeuner, j’écoute.

« Ben voilà, un petit copain a pris des crayons dans le bureau de la maîtresse, tu sais des crayons d’or et d’argent. Il m’en a donné. Mais la maîtresse, elle a découvert le vol et elle a su tout de suite qui c’était le voleur. J’ai pas osé dire que j’en avais moi aussi et le copain il m’a pas trahi
– Alors toi tu te sens maintenant coupable d’avoir laissé ton copain se faire punir seul ? que j’ajoute
– Ben oui tu comprends et comment je peux faire ?
– La seule façon de te débarrasser de ce fardeau, c’est de réparer
– Mais comment ?
– Tu peux déjà dire à ton copain, que tu es désolé de ne pas avoir eu la force d’être près de lui sur le banc des accusés, tu lui demandes pardon. Je crois que ça tu dois le faire de toute façon, après, tu peux aller trouver la maîtresse
– Oh non, pas elle, s’écrie-t-il déjà désespéré, mais il se ressaisit tout de suite et ajoute – Ah mais ça va plus être là même, et l’autre je peux, elle est plus gentille » et très vite rembruni : « Mais je ne sais pas si j’oserai ».

Je ne veux pas être plus royaliste que le roi, laisser un enfant se sentir coupable alors qu’il vient de m’avouer sa faute, je ne peux. Alors, je lui dis : « il te reste une troisième solution. Tu vois, quand nous étions petits, nous allions à confesse, nous pouvions dire au prêtre tous nos
« péchés », petits ou gros, il nous demandait de réparer, nous promettions de ne plus recommencer, nous avions comme pénitence des prières à réciter et nous sortions rassurés. Cette pratique est révolue, les absolutions sont publiques, chaque pénitent s’adresse directement à Dieu dans l’aveu de ses fautes, nous pouvons encore parler au prêtre en particulier mais il reste si peu de prêtres. Je suis désolée que vous les petits ne puissiez pas profiter de ça. Il n’y avait pas d’obligation à se confesser, sauf une fois l’an au moment de Pâques, avant de faire ses Pâques, c'est-à-dire communier. Mais je sais que beaucoup de personnes entre temps étaient rassurées par la parole du prêtre, et aussi contentes de pouvoir lui raconter outre les
« péchés », tout ce qui était lourd pour elles dans la vie de tous les jours, je trouve que c’était bien.

Toi ce que tu peux faire c’est confesser ta faute à Jésus ou à Marie sa mère, en promettant que tu vas réparer et ne plus recommencer
– Mais où je vais pour ça ? demande Mickaël prêt à tout
– Ce peut-être dans une église, n’importe laquelle. Tu t’agenouilles devant une statue de Marie, la mère de Jésus et tu lui expliques »

Et voilà le gamin ragaillardi

Peu temps après, Gonzague, mon frère, nous a rejoint Cécile et moi à Oiré en Anjou. Ils décident d’aller à Puy Notre-Dame, Mickaël et Marie les accompagnent.

Quelques jours après, Cécile me raconte : « Nous sommes allés avec Gonzague, visiter l’église de Puy Notre-Dame. Mickaël m’a bien amusé, il est allé en courant s’agenouiller devant la statue de la vierge et la tête dans les mains, il est resté plusieurs minutes comme profondément recueilli, puis il nous a rejoints et nous avons allumés un cierge.

Alors que nous allions quitter l’église, il m’a dit :"– Attend, j’ai oublié quelque chose
- Et le voilà reparti en courant devant la vierge. Encore une fois il s’agenouille et toujours la tête dans les mains, il semble profondément perdu dans ses pensées. Puis il revient vers nous .

- Ça y est, tu as bien fini cette fois ?
– Oui, j’ai tout dit ».
Je ne sais ce qu’il avait à dire mais ça semblait très important »

Je raconte alors à Cécile l’épisode de la douche, la colère de Mickaël au refus de lui donner une fessée, et la suite. Je trouve cette histoire délicieuse.

J’admire ce petit bonhomme qui voulait absolument être pardonné par une « autorité ». A-t-il su demander pardon à son copain ? Je le crois. Quant à la maîtresse, ça c’était beaucoup plus difficile, il ne faut pas demander l’impossible aux enfants à moins que nous puissions les accompagner dans certaines démarches, ce que son père Leïlo faisait très bien.
J’étais chez eux un WE, Mickaël était très jeune. Leïlo a demandé à son fils de m’expliquer ce qu’il avait fait. Et Mickaël très confus et rougissant, a sorti avec peine de sa poche quelques petites babioles. Il me les avait « empruntées » lors de son passage précédent chez moi. J’ai admiré le père. Les petites choses ont souvent beaucoup plus d’importance qu’on ne croit.

Mickaël et Marie deux petits qui ne m’ont jamais menti, les parents leur avait appris à parler vrai, à ne pas se servir dans le bien d’autrui, j’étais fière qu’ils soient mes petits neveux.

Par la suite, Marie un peu plus âgée, aura un gros chagrin. Son papy ne la croira pas quand elle dira la vérité. Il y avait eu un petit épisode fâcheux, elle a dit la vérité à Papy. Il ne l’a pas cru et a persisté dans son attitude.

Conclusion de Marie : « Maintenant je lui dirai le contraire de la vérité, comme ça il me croira
– Oh Marie, continue à dire la vérité, tant pis pour Papy, il comprendra peut-être plus tard, mais la vérité c’est important pour toi, pour tes parents, pour moi, pour beaucoup de monde "

MARIE ET DJEBELLE par gaby


                                                                   CHARDON DE LILLE

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samedi 22 avril 2006

[23]> LES ENFANTS : MICHAËL

Posté par gaby le 22/4/2006 16:11:34 (40 lectures)

25 Décembre 2003

Michael2

Il venait avec Marie sa petite sœur, passer de courtes périodes de vacances chez moi, dans l’appartement.

Ils étaient tout heureux de retrouver Djebelle ma petite chienne. Mickaël aurait aimé que Djebelle vienne vers lui aussi souvent qu’elle allait vers Marie. Les chiens ont de ces préférences et aussi Marie adorait les animaux, elle avait un plus qui est inné chez certains et elle souhaitait devenir vétérinaire. J’ai cependant plusieurs photos de Djebelle, tenant compagnie à Mickaël, le plus souvent c’est sur le lit que cela se passe et il y a celle ou Djebelle à la tête du lit, semble veiller en dormant sur son petit copain endormi lui aussi. Sa petite langue sait aussi se faire douce et ses lichettes réveillent le môme.

Mickaël était un être très logique et réfléchi, davantage que d’autres enfants du même âge. Alors que perplexe j’accueillais mi-figue, mi- raisin la relation d’un évènement vécu par lui, il m’avait sorti de façon très sérieuse : « Tu ne me crois pas, et bien quand on sera avec Dieu qui voit tout, on lui posera la question ». Je lui ai alors affirmé que je le croyais entièrement. Cette « axiome », dans ma jeunesse, je l’avais sorti régulièrement à Valentine qui n’était que fantasmes, et ne voulait jamais croire ce que je lui avançais. A mon avis, cet axiome était à lui seul la preuve que le gamin n’avait pas arrangé la vérité. Mickaël et Marie ne m’ont jamais menti.

Il était assez taquin, héritage de son grand père. Un matin, très fier de son savoir scolaire de l’année, il m’avait annoncé : « Les hommes sont les plus forts, en français le masculin l’emporte sur le féminin ». Cela l’amusait et il riait comme tous ses petits copains avaient du le faire en se moquant des filles de la classe quand le maître avait énoncé ce fait à l’école. Je lui avais alors lancé : « Ça va espèce de phallocrate en herbe ». Il avait fallu naturellement expliquer ce mot.

Marie qui était encore très jeune et parlait très facilement, avait de ces sorties d’enfant, adorables, spontanées. Alors que nous prenions le petit déjeuner et que Mickaël s’exerçait à la tache plus délicate qu’il n’y paraît de garnir la tartine de beurre et confiture, (maman nous avait appris qu’il fallait que le beurre soit autant « sur les trottoirs que sur les boulevards »), Marie qui ne manquait pas une occasion de s’exprimer, s’était exclamée : « Moi aussi, je sais tartoriser ». Une autre fois, alors que nous terminions de nous expliquer Mickaël et moi, et il est vrai que nous n’avions pas porté attention à ce que Marie nous disait, dépitée, son visage exprimant nettement l’écoeurement, je l’ai entendue se parler à elle-même à haute voix : « et ben, puisqu’on m’écoute pas, je me tais »

Ça me reportait aussi, loin en arrière. Marie-Thé, sa mamy, quand ses filles étaient jeunes, aurait aimé aller plus souvent chez l’esthéticienne et l’exprimait devant ses filles. Freddy, lui avait alors sorti : « T’en fais pas maman, quand je serai grande, je ferai esthéticienne et je te ferai la peau »…

Oh, le plaisir d’être avec ces petits.

Je regretterai tout le reste de ma vie, de n’avoir pu accueillir Yamunâ, Dévaki, Samuël, les petits de Frédérique et Séverin. Ce sont les seuls petits neveux qui n’ont jamais passé un moment seuls avec moi, chez moi ou en vacances. Non pas les seuls, mais ceux dont les mères n’étaient pas jalouses de moi.

Nous sommes en période de vacances. Mickaël et Marie sont là. Chaque soir, après la douche, avant qu’ils ne s’endorment je lis une histoire. Puis c’est la nuit, le grand large de la nuit et, "je m’empresse de regagner mes appartements" ; plus modestement, après le passage dans la salle de bains, je gagne ma chambre.

Un matin, Mickaël se réveille mal, a le visage chiffonné et ne souhaite pas quitter son lit. Je le laisse tranquille ; je crois que parfois, il n’arrive pas à s’endormir assez vite, c’est donc normal qu’il récupère le matin.
C’est en râlant qu’il se lève, et son visage reste fermé quand il vient s’installer pour le petit déjeuner. Il s’est vraiment levé du pied gauche.

La journée sera jalonnée de petits détails qui prouvent qu’il n’est pas lui-même. Je n’exigerai que le minimum nécessaire et je m’arrangerai pour ne pas être obligée de le heurter. Il faut savoir composer.

Marie reste la même.

Le déjeuner ne sera pas au goût de Mickaël, pas plus que le goûter, le dîner ne le déridera pas.

C’est l’heure de la douche. Il décide de ne pas la prendre et se ferme de plus en plus.
Je lui déclare : « Il est 9 heures, je suis fatiguée, tu peux te coucher sans te laver, c’est dans tes draps que tu dors et je n’ai pas l’intention de les changer au cours de votre séjour, si tes draps sentent mauvais tant pis pour toi ».

Alors Mickaël entre dans un état de colère, du jamais vu chez lui de la sorte par moi : « C’est pas bien, maman veut que je prenne ma douche tous les soirs et tu dois m’obliger à me laver, à la maison j’aurais une fessée
– Eh… Je suis fatiguée et tu voudrais que je me fatigue davantage en entrant dans ta colère et en te donnant une fessée. Tu es assez grand pour décider toi-même de tes intentions ».

Cela ne satisfait pas Mickaël qui bien souvent subit tout en le provoquant, cet affrontement avec sa mère, c’est devenu un jeu qu’elle a hérité de son père, qui de la même façon se fâchait contre elle en certaines circonstances, un jeu malsain, celui qu’il faut essayer d’étouffer dans l’œuf avant qu’il ne s’inscrive dans l’esprit comme une nécessité. Et c’est comme cela que ça se reproduit de génération en génération.

Alors qu’il est encore dans sa colère, le téléphone sonne.

« Eh, je dis, voilà tes parents, tu vas pouvoir leur exprimer ton chagrin ».

Ce sont eux en effet. « Oui, tout va bien, je vais vous passer votre petit garçon qui est bien malheureux, je ne veux pas lui donner de fessée alors qu’il refuse de se doucher ».

Le môme pleurant au téléphone : « Je ne veux plus rester ici ». Réponse des parents ( par respect pour le petit, je n’ai pas appuyé sur la touche haut parleur). Je l’entends dire : « oui papa, oui maman…(snif, snif…) oui papa, oui maman…(snif, snif…). Cela dure quelques minutes et le gamin tout ragaillardi me tend le combiné après avoir embrassé ses parents. « Maman veut te parler ». Et ma nièce d’exprimer : « Je lui ai dit qu’il n’aurait plus jamais une tante comme toi ».
Je rassure les parents, cet épisode n’est qu’un simple faux pas sans gravité, les petits sont adorables. Je retourne aux enfants.

Le gamin complètement transformé me demande s’il peut aller prendre sa douche. Cela est évident. « Attention à l’eau chaude, ne sois pas distrait ». C’est un distrait comme Freddy et moi-même.

Je n’ai pas le temps de me rasseoir près de Marie que je le vois revenir, nu comme un ver lui très pudique devant les étrangers, il semble avoir encore un problème.

Et il me sort alors un tas d’onomatopées, suivis de borgborismes, quelques lambeaux de phrases. Dans ce tout nébuleux, je comprends qu’il y a eu un problème à l’école, Mickaël voudrait me confier quelque chose qui lui pèse : son copain, sa maîtresse, des crayons. Rien n’est clair, j’ai bien peur que l’explication ne soit longue, l’émotion de Mickaël ne va pas favoriser son discours et… je suis bien fatiguée. Je lui demande alors s’il est possible de reporter l’explication au lendemain, à condition que ce report ne l’empêche pas de dormir. Oui, demain ce sera bien, oui il va dormir après avoir pris sa douche.

Le lendemain, au petit déjeuner, j’écoute.

« Ben voilà, un petit copain a pris des crayons dans le bureau de la maîtresse, tu sais des crayons d’or et d’argent. Il m’en a donné. Mais la maîtresse, elle a découvert le vol et elle a su tout de suite qui c’était le voleur. J’ai pas osé dire que j’en avais moi aussi et le copain il m’a pas trahi
– Alors toi tu te sens maintenant coupable d’avoir laissé ton copain se faire punir seul ? que j’ajoute
– Ben oui tu comprends et comment je peux faire ?
– La seule façon de te débarrasser de ce fardeau, c’est de réparer
– Mais comment ?
– Tu peux déjà dire à ton copain, que tu es désolé de ne pas avoir eu la force d’être près de lui sur le banc des accusés, tu lui demandes pardon. Je crois que ça tu dois le faire de toute façon, après, tu peux aller trouver la maîtresse
– Oh non, pas elle, s’écrie-t-il déjà désespéré, mais il se ressaisit tout de suite et ajoute – Ah mais ça va plus être là même, et l’autre je peux, elle est plus gentille » et très vite rembruni : « Mais je ne sais pas si j’oserai ».

Je ne veux pas être plus royaliste que le roi, laisser un enfant se sentir coupable alors qu’il vient de m’avouer sa faute, je ne peux. Alors, je lui dis : « il te reste une troisième solution. Tu vois, quand nous étions petits, nous allions à confesse, nous pouvions dire au prêtre tous nos
« péchés », petits ou gros, il nous demandait de réparer, nous promettions de ne plus recommencer, nous avions comme pénitence des prières à réciter et nous sortions rassurés. Cette pratique est révolue, les absolutions sont publiques, chaque pénitent s’adresse directement à Dieu dans l’aveu de ses fautes, nous pouvons encore parler au prêtre en particulier mais il reste si peu de prêtres. Je suis désolée que vous les petits ne puissiez pas profiter de ça. Il n’y avait pas d’obligation à se confesser, sauf une fois l’an au moment de Pâques, avant de faire ses Pâques, c'est-à-dire communier. Mais je sais que beaucoup de personnes entre temps étaient rassurées par la parole du prêtre, et aussi contentes de pouvoir lui raconter outre les
« péchés », tout ce qui était lourd pour elles dans la vie de tous les jours, je trouve que c’était bien.

Toi ce que tu peux faire c’est confesser ta faute à Jésus ou à Marie sa mère, en promettant que tu vas réparer et ne plus recommencer
– Mais où je vais pour ça ? demande Mickaël prêt à tout
– Ce peut-être dans une église, n’importe laquelle. Tu t’agenouilles devant une statue de Marie, la mère de Jésus et tu lui expliques »

Et voilà le gamin ragaillardi

Peu temps après, Gonzague, mon frère, nous a rejoint Cécile et moi à Oiré en Anjou. Ils décident d’aller à Puy Notre-Dame, Mickaël et Marie les accompagnent.

Quelques jours après, Cécile me raconte : « Nous sommes allés avec Gonzague, visiter l’église de Puy Notre-Dame. Mickaël m’a bien amusé, il est allé en courant s’agenouiller devant la statue de la vierge et la tête dans les mains, il est resté plusieurs minutes comme profondément recueilli, puis il nous a rejoints et nous avons allumés un cierge.

Alors que nous allions quitter l’église, il m’a dit :"– Attend, j’ai oublié quelque chose
- Et le voilà reparti en courant devant la vierge. Encore une fois il s’agenouille et toujours la tête dans les mains, il semble profondément perdu dans ses pensées. Puis il revient vers nous .

- Ça y est, tu as bien fini cette fois ?
– Oui, j’ai tout dit ».
Je ne sais ce qu’il avait à dire mais ça semblait très important »

Je raconte alors à Cécile l’épisode de la douche, la colère de Mickaël au refus de lui donner une fessée, et la suite. Je trouve cette histoire délicieuse.

J’admire ce petit bonhomme qui voulait absolument être pardonné par une « autorité ». A-t-il su demander pardon à son copain ? Je le crois. Quant à la maîtresse, ça c’était beaucoup plus difficile, il ne faut pas demander l’impossible aux enfants à moins que nous puissions les accompagner dans certaines démarches, ce que son père Leïlo faisait très bien.
J’étais chez eux un WE, Mickaël était très jeune. Leïlo a demandé à son fils de m’expliquer ce qu’il avait fait. Et Mickaël très confus et rougissant, a sorti avec peine de sa poche quelques petites babioles. Il me les avait « empruntées » lors de son passage précédent chez moi. J’ai admiré le père. Les petites choses ont souvent beaucoup plus d’importance qu’on ne croit.

Mickaël et Marie deux petits qui ne m’ont jamais menti, les parents leur avait appris à parler vrai, à ne pas se servir dans le bien d’autrui, j’étais fière qu’ils soient mes petits neveux.

Par la suite, Marie un peu plus âgée, aura un gros chagrin. Son papy ne la croira pas quand elle dira la vérité. Il y avait eu un petit épisode fâcheux, elle a dit la vérité à Papy. Il ne l’a pas cru et a persisté dans son attitude.

Conclusion de Marie : « Maintenant je lui dirai le contraire de la vérité, comme ça il me croira
– Oh Marie, continue à dire la vérité, tant pis pour Papy, il comprendra peut-être plus tard, mais la vérité c’est important pour toi, pour tes parents, pour moi, pour beaucoup de monde "

Marie1

CHARDON  DE  LILLE

Posté par folgarien à 14:02 - L' ENFANCE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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