jeudi 12 juillet 2007
[79] ¤ L'ESPRIT S'EST ENVOLE
C’est toujours d’actualité HELAS Juillet 2007
Il n’est pas possible pour certains, ceux-là qui ont des œillères de naissance, d’assurer le suivi en Protection Judiciaire de l’enfance, et même un simple suivi éducatif. Cette absence de disposition peut se retrouver dans toutes les classes de la société, à partir de l’éducation.
J’ai connu des exceptions chez certains amis bourges et ailleurs.
Ce n’est pas le diplôme qui fait la valeur
J’exprimerai quand même un DETAIL. Où que je sois allée : Direction de l’enseignement libre Lille, Cameroun, Service social Prévention Paris, Action sociale Air Algérie Alger, services sociaux Protection Judiciaire de l’enfance Lille, Foyer Jeunes Travailleurs Roubaix, personne ne m’a demandé de présenter mon diplôme…
J’avais l’air… ?
Ce n’est pas sans émotion que je me remémore les rencontres avec Dédé. C’était une bourge de naissance.
Longtemps elle a été Directrice du centre social de Wazemmes, rue d’Eylau. Elle était attentive aux moindres détails et c’est avec amour, dans un langage très vivant, qu’elle parlait de ces familles tellement défavorisées. Jamais de critique à leur égard. Parfois, je devais me rendre en AEMO (action éducative en milieu ouvert) dans ces mêmes familles. Avec Dédé, je faisais le point, c’était très enrichissant pour toutes deux.
J’ai beaucoup aimé Dédé.
Puis est venue l’époque où les éducateurs nouvelle génération, se sont infiltrés partout, et dans tous les services sociaux.
Je les ai connus extras quand ils étaient simples éducs. Ils devenaient déjà autres après leur nomination d’éducs chefs. Ensuite promus directeurs c’était la perte du naturel éducatif, « Tu vois, ça tu ne peux pas le dire, tu es directeur » disait François à Bertrand. Ils étaient devenus des « administratifs » préoccupés par leur carrière, ils perdaient tout sens éducatif, ils ignoraient même les noms de la vingtaine d’enfants parqués dans leur foyer.
Je revois l’en-tête du courrier de foyers pour mineurs, autrefois appelés foyers de jeunes travailleurs, il n’y avait plus de travail à offrir à ces mineurs, aussi la direction avait cru bon d’insérer comme intitulé : « Foyers de Jeunes en Difficulté ». Qui était en difficulté ?
Les éducs du Centre Social de Wazemmes ont réussi à éliminer Dédé. Elle en a beaucoup souffert ainsi que les familles, a terminé sa vie professionnelle dans un travail ingrat, ses qualités humaines n’y avaient pas droit de cité ; elle a compté à rebours, les mois d’abord, ensuite les jours qui la séparaient de la retraite, elle découpait dans les mètres à couture un centimètre chaque mois, puis chaque jour. Le Centre a perdu beaucoup à son départ. Elle a fini ses jours, atteinte « d’une longue maladie » Dédé mon amie.
C’est très souvent que les anciens, véritable mine d’expérience, de savoir faire et mémoire des détails de vie des familles des jeunes qui leur ont été confiés (et la vie est faîte de détails), sont éliminés des services ; le harcèlement moral est une des armes les plus efficaces. Ils ne sont pas devenus gâteux, ils gênent seulement les jeunes qui se trouvent dépassés dans leur fonction, parfois humiliés par les prouesses des anciens.
Ceux là mêmes qui ont participé à l’hallali, s’ils ne sont pas devenus assez véreux ou s’ils n’ont pas les reins assez solides, se trouveront un jour dans la même situation.
C’est de plus en plus vérifiable, et l’âge de la mise à mort, c’est maintenant aux approches de la quarantaine.
Il y avait eu à la télé, reportages sur le Juge pour enfants, Véron à Marseille. J’avais retrouvé en lui le Juge Bruel, du tribunal pour enfants de Lille. Il trouvait toujours les mots à dire aux familles pour faire passer les messages et permettre l’entrée du travailleur social, il avait aussi une autorité simple mais convaincante qui permettait aux jeunes de se ressaisir, une psychologie à faire pâlir les psy. Et d’ailleurs l’un d’entre eux, Darondel, déclarait devant assemblée un soir : « Ce juge ( Bruel) parle comme un psychiatre »
J’avais admiré et enregistré les prestations du juge Véron de Marseille, ce n’était pas du bluff. Je reçois mes jeunes amis, François, Bertrand, leurs femmes et leurs enfants. Je m’active dans la cuisine, je les sers et alors qu’ils sont installés sur le canapé, plus proche de la cuisine, que je m’apprête à servir le café et enfin pouvoir m’asseoir et discuter avec eux, (je souhaite parler de l’action du juge Véron), je les entends : « Le juge Véron tu y crois toi ? C’est du trucage, impossible d’agir de la sorte, de tenir un tel discours, d’avoir un tel impact ».
Alors, je n’ai pas su leur traduire ce que je pensais et j’ai souffert de la perte de
l’enthousiasme de leurs débuts, de la disparition de leur réelle valeur humaine.
Peu après François s’est arrangé pour ne plus comprendre mon langage, je ne l’ai plus jamais revu, Bertrand a suivi.
Je les avais connus encore dans l’enthousiasme de leur jeunesse, ils s’étaient déjà racornis, tout en étant jeunes physiquement, leur seule perspective : LA CARRIERE.
C’EST POURQUOI LE MONDE PERD SON ÂME
CHARDON de LILLE
[78] ¤ LES ZAYANTS DROIT
C’est toujours d’actualité Juillet 2007
Les zayants droits
Dans le Mongy, il y a quelques années : deux personnes richement endimanchées, manteau de fourrure, et même de vison pour l’une.
L’âge de la retraite et en pleine forme.
Contrôle. Ce sont les seules à présenter la carte d’invalidité.
« Chez ces gens là Monsieur, on ne paye pas »
Il suffit d’observer dans vos déplacements, pour vous apercevoir qu’aux riches, il leur suffit d’être vieux pour avoir droit à la carte d’invalidité.
Même observation au guichet de la gare où s’opère le renouvellement du ticket annuel de transport Mongy Métro. La dame qui me devance, en toilette ultra sélecte, fourrure à l’intérieur de l’imper de qualité, présente sa carte d’invalidité mais aucun signe de décrépitude physique. Simplement l’âge.
C’est l’employée du guichet qui me demande si réellement je n’ouvre pas droit à cette même faveur. Elle a peut-être remarqué que mes vêtements c’est plus côté « Aubaines à la redoute ». Et non, je n’y ai pas droit bien que mon organisme soit bien atteint. Elle insiste la préposée : « Venez avec vos papiers, nous examinerons cela »
Le vison dans le Mongy, c’était la nièce de la présidente du service où j’avais durement travaillé pas mal d’années auparavant. Ce jour là elle rayonnait et semblait rajeunie, elle qui était toujours éteinte au service. Elle était venue rejoindre notre équipe. Question boulot : pire qu’une nouille. L’éducation bourge y est pour quelque chose. En tenant compte des exceptions qui confirment la règle, il n’est pas possible pour certains, ceux-là qui ont des œillères de naissance, d’assurer le suivi en Protection Judiciaire de l’enfance. Cette absence de disposition peut aussi se retrouver dans les autres classes de la société.
Ce n’est pas le diplôme qui fait toujours la valeur, mais d’autres n’auraient pas été admis dans ce service sans diplôme. Seulement, c’était la nièce de la présidente Wallart (les textiles), elle n’a pas eu besoin de présenter de diplôme.
CHARDON de LILLE

