dimanche 4 mars 2007
(15] ¤ MES PETITS MANDARINS
MES PETITS MANDARINS : PIOUPIOU
Posté par gaby le 4/3/2006 21:50:35 (39 lectures)
25 Décembre 2001
ALORS JE VAIS VOUS RACONTER L’HISTOIRE DE PIOUPIOU
Tinou et Fifi ses parents, des petits mandarins, s’aiment d’amour et ils se le disent très souvent. C’est sur le bord d’un abat-jour que ça se passe très souvent..
Parfois la petite n’a pas envie du tout et comme elle est très chipie, elle fait la nique à son macho de mari. Quand ça chauffe fort, elle le lui exprime en sifflant menaçante quand il s’approche. Alors, il se sauve.
Les mandarins sont de tous petits oiseaux et les petits à peine sortis de l’œuf deviennent vite impressionnants, presque aussi imposants que leurs parents. D’ailleurs la petite pond des œufs tellement gros pour une si petite bête, trop gros.
En Janvier 2001, Tinou a eu plusieurs petits. Mais ils mouraient tous.
Quand je levais les yeux de la machine à écrire, j’apercevais un petit corps mort … à trente centimètres environ de moi… Comment parvenaient-ils à le porter et à le déposer si près de moi ?
C’est dans un grand silence qu’ils accomplissaient cette opération. Puis ils se perchaient sur la balance accrochée au plafond et garnie de plantes et quand, avertie par la découverte, je me tournais vers eux en exprimant ma déception et combien cela devait les toucher, ils jouaient alors les indifférents, se lissaient le plumage, enfouissaient le bec dans ce plumage, faisaient mille minauderies. Mais quand devant eux je faisais le cérémonial de l’« Enterrement » de ces petits (qui atterrissaient dans la poubelle hors de la vue de leurs parents), ils devenaient vite attentifs, très silencieux et enfin, ils faisaient leur deuil.
Puis, tout de suite après la vie reprenait… La petite « débarrassée » de ses soucis de mère, redevenait mutine. Elle zigzaguait de perchoir en perchoir suivie par Fifi.
C’était très beau ces acrobaties aériennes…
Très vite, c’était de nouveau la ponte, la couvée…et les petits mouraient…
Devant cette situation, la petite a trouvé une solution. Elle balance l’œuf par-dessus bord, il s’écrase à terre ou sur la table, parfois sur mon travail. Et c’est le même cérémonial que pour l’oiseau mort. Il faut que je sois présente, que les deux parents complices, agissent en silence en se réfugiant ensuite sur la balance. Et moi je constate avec regret l’œuf qui s’est écrasé.
En fait ça m’a bien arrangée que les petits disparaissent de cette façon.
La femelle Mandarin pond chez moi toute l’année, 3, 4, 5 oeufs par couvée et les petits pullulent quand le milieu est épanouissant pour les parents.
Mais les petits à 6 semaines, et même avant, sont indépendants et très vite deviennent adultes. En se reproduisant à la vitesse de leurs parents, imaginez un peu ce que serait devenu mon appartement soumis à cette invasion.
Ce serait le chaos aussi stressant que dans « Les oiseaux » d’Hitchcock »…
Donc la petite avait trouvé ma solution.
En Novembre 2001, je l’ai trouvée triste, le plumage terne, ébouriffé, signes d’anémie. Elle a eu droit aux vitamines.
Elle était très souvent, trop souvent dans son nid…
Et… un jour… j’ai entendu des cris aigus et suppliants du jeune oiseau qui réclame sa pitance.
Oh ! le petit chameau de Tinou… Elle m’avait fait un enfant dans le dos…
Et ça a été le va et vient régulier de la cage où elle se nourrissait jusqu’au nid où elle déposait tout au fond du bec du petit ce qu’elle régurgitait prédigéré.
Puis les pépiements du petit sont devenus plus forts.
Pendant ces périodes surtout, il ne faut pas toucher au nid, la femelle pourrait l’abandonner laissant les petits mourir de faim.
Et un jour, alors qu’elle était au-dessus du nid depuis quelques secondes, hésitant à se poser, ce qui n’était pas habituel, je l’ai vue s’enfuir à tire d’ailes… Et ce qui a suivi sortait vraiment de l’ordinaire : la tête du petit apparaissait à l’entrée du nid. C’est ce qui avait fait fuir la mère.
L’oisillon au plumage gonflé, devenait trop imposant, se déplaçait dans le nid étroit et grimpait au fait. Et ce jour-là, comme il avait des ailes bien constituées, il s’est envolé. Comme il ne savait pas encore s’orienter, il s’est vite retrouvé à terre. Je l’ai ramassé, remis au nid mais il n’a fait que répéter cela.
Lorsque j’étais présente, je le retrouvais facilement. Sinon, avertie par les cris de détresse de la mère, je m’adressais aux parents qui de leurs yeux m’indiquaient l’endroit où chercher et c’est toujours à quatre pattes et après avoir cherché souvent bien longtemps, que je le retrouvais dans un coin où il se fondait de façon presque mimétique, comme les caméléons. Il pouvait aussi s’accrocher au faîte des rideaux,
c’est avec l’échelle que je devais le cueillir.
Pendant cinq jours je me suis inquiétée pour cette miette d’oiseau et… j’ai dû le nourrir…
Maman s’occupait très bien des oiseaux « tombés du nid » que nous lui apportions. Comme elle, avec une allumette dont j’affinais et arrondissais un bout, je présentais au petit un « yinyin » de pâtée d’élevage.
Ce petit bec s’ouvrait tellement grand et s’agrippait au bout d’allumette pour ne rien perdre.
Pour le désaltérer, je me mettais un peu d’eau en bouche, je la faisais affleurer au bord de mes lèvres, j’en approchais le bec du petit et il y allait bon train.
Que c’est doux un tout petit oiseau. Tu tiens ça dans la main avec délicatesse, en arrêtant ta respiration et tu sens ce petit corps vibrer.
Pendant ces temps d’alimentation, Tinou la mère se posait assez près de moi et surveillait. Fifi faisait « mine de rien » et suivait tout du haut de sa dignité de mâle.
Repu, le petit s’endormait dans le nid où je le redéposais. Et tout recommençait très vite, ça mange très souvent un tout petit oiseau.
Quand je me retrouvais dans la cuisine, la petite accompagnée de Fifi, venait me tenir un discours. Sans comprendre je lui disais que j’étais d’accord.
Parfois les circonstances m’ont permis de traduire le sens de ces propos.
Pour le vol par exemple. Ce sont les parents qui apprennent au petit à s’orienter, à se poser là où c’est valable. La mère devance, le père suit. Ils encadrent le jeune.
Bien sûr quand ils demandaient au petit de se poser sur les volutes du lustre hollandais, ils ne se rendaient pas compte que les pattes du petit n’étaient pas encore assez développées pour enrober la moulure et s’y tenir. Alors Pioupiou atterrissait sur la petite étagère, sur la rose des sables…
La mère m’avait donc prévenue pour cet apprentissage. J’ai bien respecté cela. La femelle est quasi muette en regard des cris perçants que lance le mâle mais c’est elle, tout au moins la mienne, qui décide, qui fonce avec audace.
Au bout de cinq jours d’alimentation de ma main, Tinou est venue me dire très près de moi, sur le canapé qu’elle allait prendre le relais. J’ai très bien compris, d’autant que Pioupiou commençait à se lasser, le repas s’étirait dans le temps, le bec ne s’ouvrait plus aussi facilement. Il avait besoin de sa mère, de « sentir » son odeur, sa chaleur et besoin aussi d’une alimentation plus consistante. J’ai dit : « OK Tinou, je te fais confiance. »
Et ça ne s’est plus passé dans le nid profond de 10 centimètres mais un peu partout en hauteur.
Et c’est le moment qu’a choisi mon appareil photos pour tomber en panne…
Il faut voir le petit qui se tasse sur lui-même en faisant boule, la tête complètement tournée vers le haut, le bec grand ouvert et les cris suppliants qui se modulent lorsque la mère s’approche et se penche au-dessus de lui pour enfoncer son bec dans le sien. Les cris du petit devenus plus gentils pépiements, marquent une pause de deux secondes, le temps d’avaler et reprennent.
Puis, un jour, malgré les cris suppliants du petit, Tinou est restée de marbre.
Pioupiou allait et venait, savait se désaltérer dans la cage, se déplaçait comme un grand, s’approchait du bac contenant la pâtée d’élevage, y plongeait le bec avec satisfaction. Mais… devant celui des graines… ! Il faut les décortiquer une à une avant de les avaler et il n’y arrivait pas. Il y passait beaucoup de temps.
Tinou est restée de marbre jusque dix heures du matin, puis onze heures le lendemain… De même l’après-midi. Quand Pioupiou avait fait beaucoup d’efforts sans grands résultats, elle l’alimentait.
Le cri du petit restait vif et j’avais droit au discours préalable de la mère qui me disait : « Ne t’en mêle pas ». Donc je ne m’inquiétais pas.
Il y a eu aussi le bain.
La baignoire est assez grande, l’ouverture tient un bon deux tiers. Il n’y a donc que 2 à 2 cms 1/2 d’eau. Ceci est très important. Si la hauteur est trop profonde, les ailes de l’oiseau se chargent d’eau et il est incapable de sortir du bain, il se noie.
J’ai vu Pioupiou s’approcher de la baignoire, son père est resté dehors très vigilant, très près du petit
Celui-ci est entré dans l’eau tiédie et très satisfait, en se tenant très droit, il a tourné la tête à gauche, à droite, le reste du corps restant figé. Il avait tout l’air d’un roi qui se présente à son peuple au balcon du Palais. Il n’a jamais agité ses ailes en se ratatinant légèrement comme le font ses parents.
Et, toujours très satisfait, il est sorti de l’eau très dignement, fier de lui… Que c’était drôle, il n’avait pas un « poil » de mouillé.
La mère a continué à le rationner de plus en plus.
Le soir, vers dix-sept heures, fourbu, Pioupiou se réfugiait dans le nid et s’endormait jusqu’au matin.
Alors je pouvais me reposer.
Un matin, il avait à peine six semaines, il venait de passer un certain temps devant la mangeoire à grains et y avait pris son comptant, il a voulu regagner le nid. Sa mère y a fait opposition. Il a voulu rejoindre son père (qui fait souvent chambre à part, ils trouvent des cachettes- nids partout chez moi), même attitude du père.
Rejet total du petit. Il est devenu un étranger, de façon naturelle les parents l’excluent.
Ils le chassent jusque dans les moindres recoins.
Un soir que Pioupiou s’était endormi bien au-dessus du nid, Fifi, calculateur, a foncé sur lui et j’ai entendu le premier cri de douleur d’un oiseau chez moi. Le père avait dû le piquer.
Le lendemain j’ai attendu plus d’une demi-heure sans bouger que Pioupiou qui se nourrissait dans la cage, me tourne enfin le dos en allant boire, pour fermer la cage rapidement. Je l’ai recouverte d’un tissu. Dans le noir les oiseaux se calment. Et j’ai porté Pioupiou chez DANIMO, une surface où on trouve pas mal d’animaux domestiques et de quoi les alimenter.
C’est tout à fait physiologique que les parents chassent le petit du nid dès qu’il peut se débrouiller seul. Et les bagarres deviennent continuelles quand le petit est adulte.
Quand je suis revenue, j’ai posé la cage à sa place habituelle dans la salle de séjour.
Assez vite Tinou et Fifi se sont amenés dans la cuisine où je préparais mon repas. Et le discours de Tinou, ponctué par certaines intonations de Fifi a été éloquent… Ca a duré une longue minute… Ils sont repartis mais, très vite, sont revenus. Alors je leur ai dit que j’ignorais qu’ils fussent si touchés du départ du petit, eux qui le chassaient.
J’ai seulement compris la véritable raison, quand je me suis installée sur le canapé pour déjeuner…
La cage état restée fermée… Ils avaient faim… Petits Chameaux…
Le lendemain il y avait quatre œufs dans le nid de Tinou…
CHARDON de LILLE
[14] ¤ NOS GENERALISTES
MEDICAL
Posté par gaby le 4/3/2006 17:59:55 (38 lectures)
NOS GENERALISTES
CA Y EST
03.03. 2003
LES GENERALISTES OBTIENNENT UNE HAUSSE TARIFAIRE D’UN EURO à partir du 1er Août , à CONDITION QU’ILS S’ENGAGENT A RESPECTER LES ECONOMIES DECIDEES PAR L’ETAT, SOIT : UN MILLIARD QUATRE D’EUROS EN 2006 ET 2007
Le Directeur de l’UNCAM ( la sécu) S’EST « REJOUI » d’avoir conclu un accord équilibré avec les syndicats de médecins, qui SOIT RESPECTUEUX DES PRIORITES QUE L’ASSURANCE MALADIE S’ETAIT FIXEE ».
C’EST CA UN ACCORD ? DIT : EQUILIBRE DE PLUS.
QUELS HYPOCRITES .
L’état est en déficit dans tellement de domaines, il lui faut alors trouver des boucs émissaires.
Parce que l’argent, il y en a et nous savons bien où il passe.
Ca n’est jamais dit ouvertement mais de source sûre, je sais que les
« 35 » heures coûtent annuellement QUARANTE SEPT MILLIARDS D’EUROS A NOTRE SECU
Le voilà le principal TROU DE LA SECU.
Puis, à mon niveau de simple citoyenne, quand j’apprends que les artisans libéraux, en versant seulement quelques roupies en fin de parcours, sans jamais avoir été astreints comme nous aux ponctions arbitraires sur nos salaires, se voient obtenir les mêmes droits que nous en matière sécu, et il paraît qu’il en est de même pour les fonctionnaires, quand l’état me vole de plus en plus, sur les remboursements, et même me fait payer des impôts sur ce qu’il m’ a déjà pris, j’appelle ça du vol.
Il est beaucoup parlé du racket au collège, les jeunes imitent leurs géniteurs, couverts par l’aveuglement volontaire des autorités, de l’état. Voyez le fils de villepin ?
Pourquoi voulez-vous que la délinquance diminue ?
Ca paye.
Encore : quand on sait que le chef de l’état, qui n’a obtenu ce poste en 2002 que pour empêcher le pire, s’en donne à cœur joie dans ses galipettes, ses dérapages, refuse de comparaître en justice alors qu’il est coupable dans de sombres histoires, nous sommes à même de nous demander si la folie n’est pas de règle pour entrer en politique.
Cette folie du pouvoir en place, retombe actuellement sur le dos des GENERALISTES, CEUX-LA MËME LES MIEUX PLACES POUR COMPRENDRE LA MISERE DU PEUPLE que l‘état étrangle, ceux-là qui cherchent à empêcher que ne soient gagnants, les riches, les aristos, les bourges, les nantis à la Tibéri ou à la Gaymard, ceux-là qui luttent pour que le peuple continue à avoir droit aux soins et pour que ne s’instaure pas une médecine à deux vitesses. Ce qui est déjà bien en route et depuis longtemps.
Je précise que tous les riches ne sont pas à mettre dans le même sac, j’ai des amis à tous niveaux. Pour être mon ami, il faut le mériter.
L’état par ses sbires, sécu, chambre des comptes, etc., crée les pires ennuis aux généralistes
Et sans aucune pudeur, il est prêt à leur demander de rempiler, à ceux –là qui auraient droit à une retraite méritée, parce que nous allons manquer de médecins, toutes catégories, mais particulièrement de généralistes. Les infos qui nous sont dispensées via la télé déclarent un jour que la relève est assurée, le lendemain, elles lancent l’appel aux candidatures.
L’état crie : « Au secours » après avoir joué la carte rassurante
Je pense sincèrement que cet état souffre d’un syndrome psychiatrique grave dont je ne vous dirai pas le nom, j’y connais rien en psychiatrie.
A mon avis les soins par électrochocs seraient insuffisants, la lobotomie n’est pas non plus à envisager, tout ceux qui composent l’état seraient alors à notre charge. Et quand on sait par Véronique Vasseur qu’un lit d’hôpital ça va chercher dans les 3000 frs par jour, il est normal de choisir une solution qui ne nous pénalise pas.
Peut-être pourrait-on instaurer une certaine « révolution culturelle » qui ne porterait que sur ceux qui depuis si longtemps dilapident notre argent pour servir leurs propres intérêts. Je verrais bien pour eux des travaux forcés d’intérêt général, pas les gentils stages dans des administrations où on garde les mains propres, et où le stagiaire se la coule douce, je les mettrais plutôt dans les métiers du bâtiment ou dans la gamme de ceux qui obligent des êtres humains, quelle que soit leur condition physique, à manier le « marteau-piqueur » tout les jours et tout au long de l’année.
En étant secoués en permanence, leur esprit se remettrait peut-être en place, ne serait-ce que pour ne pas avoir à prolonger le SUPPLICE du marteau-piqueur
Depuis plusieurs années, l’état a décidé de diminuer le nombre de candidats à l’entrée dans les facultés de médecine et limite également le nombre de postulants aux spécialités médicales.
A la fois être les artisans de la situation actuelle où le petit, le pauvre, ne peut s’y retrouver et jouer les victimes de cette situation, faut une sacrée dose d’inconscience ou de perversion, peut-être les deux, faut être vraiment idiot et nous prendre pour des idiots
Si l’état voulait vraiment faire réfléchir le patient, il commencerait par augmenter sérieusement les généralistes, qui ont tellement plus de mérites que leur confrères spécialistes, même si ceux-ci sont à la bourre actuellement de par la volonté de l’état, tout en étant médecins dans l’âme. Les généralistes doivent tout connaître afin d’éviter le pire chez leurs patients, être capable d’écoute, de compréhension, de respect, tout au long de la journée, que ce soit en consultation ou à domicile.
Bien sûr, il y a les médecins marrons, les ripoux de la médecine qui fixent des rdv aux patients pris à l’heure du rdv, sur le temps rituel de leurs consultations du jour donc, sur le temps du pauvre type qui est venu bien souffrant et attend son tour dans une salle d’attente adjacente ; ils se permettent même ces ripoux d’aller en visite à domicile sur le temps de leurs consultations et pas en urgence mais pour ne pas perdre une minute, leur portefeuille en pâtirait.
Dans mon quartier, il y a celui dénommé « le Docteur toujours bronzé ». Et les personnes âgées, me disent leur désarroi de rencontrer un médecin qui ne reste jamais plus de 5 minutes, 10 tout au plus, juste ce qu’il faut pour changer de médicament en rédigeant l’ordonnance
Voilà ce que certains médecins accordent à ces personnes âgées.
En fait ce n’est pas une question de temps mais de présence et un simple regard suffit pour communiquer cette chaleur de présence, un regard qui dirait : « Je suis celui qui sait que vous souffrez, bon courage »
A plus tard.
CHARDON DE LILLE
[13] ¤ LES COPINES A PARIS
LES COPINES : A PARISSS...
Posté par gaby le 15/2/2006 18:13:19 (32 lectures)
C’était Micheline
Une surdouée intello…Fille de bourges, très éduqués
Blessures profondes .
- mort de son père quand elle est enfant
- Renvoi fracassant de « La légion d’honneur », établissement très sélect réservé aux filles de militaires de carrière gradés.
…
Nous avions fait nos études d’Ass. Sociales ensemble à Lille.
Pendant le temps d’études et bien des années après, elle me citait constamment l’œuvre d’Alexis Carrel : « L’homme cet inconnu » J’aurais dû lire ce livre à cette époque, j’ignorais totalement son contenu, Micheline me disait seulement combien cet auteur était dans
« le vrai »
Elle avait un poste à Valenciennes. Je travaillais à Paris.
Elle s’est annoncée un certain dimanche. C’était une fin de mois, de ces fins de mois où l’argent court les rues, jamais mes poches. Maigre salaire + gros frais = la diète en fin de mois. Ca ne me dérangeait pas. Avec quelques biscuits, quelques biscottes, je tenais la rampe et d’ailleurs, j’étais trop occupée pour prêter l’oreille aux tiraillements incongrus d’un estomac mal élevé.
Mais pour Micheline, il fallait du solide et du bon.
J’ai réuni toute ma fortune et pour le déjeuner sans faire d’extrêmes folies, aidée par mes connaissances culinaires, je lui ai préparé un bon repas.
J’avais fait par prudence, l’achat de ma carte de métro pour la semaine à venir.
Micheline est là et je suis contente de la recevoir, je sais qu’elle va me fatiguer par son bavardage exalté, moi qui ne parle guère (à cette époque oui, oui) mais j’ai assez de tonus. J’espère seulement que son train est assez tôt dans la soirée, je pars toujours tôt au travail le matin.
Par moi, elle s’est toujours fait servir. Je n’ai jamais eu le courage de refuser. Quand elle me disait au cours : « Tu peux passer ce soir ? », je savais qu’il y aurait la vaisselle, le nettoyage chez elle. Elle était toujours trop fatiguée. Moi, j’avais un trop plein d’énergie qui me permettait outre mes études, de tenir le poste de déléguée de promo, d’entretenir la maison, maman se chargeant des repas sauf le dimanche ; j’avais aussi une tripotée de neveux accrochés à mes basques et je pouvais encore satisfaire les demandes d’autres amis.
« Comme tu vas vite » me disait Micheline, allongée sur le canapé. Oui, j’allais vite tout en faisant bien. Mélo me fera la même réflexion à propos de la vaisselle. Pourquoi leur dire que j’en avais une telle habitude et aussi qu’en étudiant l’économie de mouvements, je me permettais de gagner du temps. Quand je lirai avec amusement
« Treize à la douzaine », je me retrouverai dans le personnage principal.
Micheline est donc là, rue Louis Bonnet, XIème, toute petite rue et à l’angle c’est la rue de Belleville, BELLEVILLE, le XXème. Ca me convient parfaitement moi qui suis une gosse des rues.
Chez moi, Micheline occupe tout l’espace. Elle raconte en se reposant et je mets la dernière touche à la préparation du repas. Je commence à connaître les personnes dont Micheline s’occupe, il ne se passe guère de semaine sans qu’un appel téléphonique m’interpelle, les familles suivies par Micheline sont parfois aussi dégradées que celles de mon service. Et je conseille Micheline, je la rassure. Ce dimanche, ça ne change pas de menu, ces familles écrasées, la société qui ne fait pas ce qu’il faut etc..
Puis, il y a l’autre versant : Micheline, digne descendante de parents sans doute peu fortunés mais « nobles », d’un milieu où le vouvoiement est nécessaire entre parents et enfants, ce serait déchoir que de se priver de « ces privautés ». Et si le père, décédé depuis longtemps fût militaire de carrière sans doute interrompue par cette mort imprévue, Micheline, elle, est de « caractère militaire » du côté des gradés.
Je ne saurai jamais quel fût le grade de son père, j’aurai les oreilles rebattues par ceux de ses frères : capitaine, commandant, colonel, général…
J’ai adopté Micheline. Son âge, son caractère, l’ont mise en marge des élèves de la promo. Je m’entends bien avec elle et je peux, lorsque je sens que ça va exploser de sa part, la calmer de mon regard. Elle a parfois un sourire adorable et sait, sans calcul, dire des choses charmantes. Je pardonne tout à Micheline, je ne lui donne pas raison en tout quand c’est nécessaire. Elle accepte, ça vient de moi.
Et le repas se déroule sans incident. Micheline aime ce que j’ai préparé, regrette que je ne sois pas proche de valenciennes, elle prendrait pension chez moi. Intérieurement je pense qu’il est très heureux que je sois assez éloignée d’elle.
Micheline est fatiguée, le café, c’est après la sieste qu’elle le savourera. Et Micheline va s’étendre sur mon lit. ( en réalité, un sommier posé à même le sol)
Porte fermée pour ne pas déranger la dormeuse, je fais la vaisselle, le rangement, puis j’attends patiemment un livre à la main, que Micheline refasse surface.
« Le café est bon, tellement bon… » dit-elle. Il lui faut la marque. Elle ignorera que ce sera la seule fois où je me serai permis l’achat de ce café…
Le monologue se poursuit bon train, j’opine ou non, selon le sujet. Je sais que c’est par un train à 5h gare du Nord que Micheline regagnera Valenciennes et ça me soulage.
Il reste peu de temps avant le départ. Et Micheline songe tout à coup que tout sera fermé quand elle rentrera à Valenciennes, qui n’est qu’une ville de province, « Valenciennes, ce n’est pas Paris, dont elle est native, il n’y a qu’à Paris que des magasins restent ouverts à presque toute heure ». Donc il faut faire des achats pour son repas ce soir et aussi du pain pour demain matin. Je la mène près de chez moi, elle fait son choix et je trouve dans mes poches juste de quoi régler la note.
Nous voici dans le métro, il est heureux que je sois toujours en possession de tickets. Parce que maintenant, il n’y a plus un kopeck en poche.
Nous sommes vite arrivées gare du Nord. J’installe Micheline dans le train. Place choisie minutieusement. Ici il y aura trop de passage, là, l’air de la fenêtre pourrait créer le courant d’air, à cet endroit ceci, à celui-là cela… Enfin Micheline a pour le moment trouvé la place idéale.
C’est alors qu’elle s’écrie : « Mais la boisson, tu n’as pas pensé à la boisson!... comment je vais faire pendant tout ce voyage ? … »
Et moi, comment je vais faire pour lui payer sans argent une boisson sur un quai de gare, donc plus cher qu’ailleurs ?
Je prie Micheline de rester à sa place, je reviens de suite, je me suis naturellement enquise de son choix de boisson. Et je vais tenter ma chance.
J’aborde l’étal ambulant qui offre une certaine variété de consommations plus ou moins fraîches, je m’adresse à la dame qui fait de son mieux pour écouler sa marchandise, je lui montre les jetons de téléphone de l’époque : « Est-il possible de troquer cette valeur marchande contre telle boisson ? »
Je crois que j’ai l’air d’un chien battu en exprimant cette demande, la dame me regarde et… sans parler, avec un gentil sourire, elle se sert des jetons nécessaires pour me déposer en main, la boisson demandée. Du fond de mon cœur, en lui rendant son sourire, je lui exprime ma gratitude. Je n’ai pas eu la chance de la revoir par la suite, je lui aurais offert quelques fleurs.
Je rejoins le compartiment de Micheline qui m’exprime son inquiétude, agacée d’avoir attendue si longtemps, le train allait partir… La boisson précieuse est entre ses mains et heureusement, le chef de gare contrôle la fermeture des portes. Micheline disparaît à ma vue
« OUF ».
Je rentre chez moi complètement abattue. Je suis réellement vidée. Je vais m’étendre sur mon lit.
Je ne m’éveillerai que le lendemain matin pour partir au boulot, après avoir fait ma toilette. Un verre d’eau me satisfera avant la mise en train
CHARDON de LILLE
[12] ¤ FICHU VILLEPIN
POLI-TIQUE : FICHU VILLEPIN
Posté par gaby le 14/2/2006 17:10:25 (30 lectures)
T'ES FICHU VILLEPIN
Tu nous imposes le C.P.E.en employant la procédure du 49-3 qui te permet de faire adopter un texte sans vote.
La France entière a réfléchi à ta proposition perverse.
Et, vexé de voir que nous te disons "NON", tu nous l'imposes.
Mais qui es-tu villlepin ? Avant que tu ne sois parachuté premier "sinistre", (pardonne-moi, j'aime Coluche et ses vérités percutantes et je fais allusion à son "conseil des sinistres") personne ne te connaissait.
Que tu ne sois pas passé par la filière normale pour être nommé à un tel poste, c'est pas grave, tu pouvais être l'ÊTRE qui ayant tellement de compétence, d'honnêteté, de coeur, aurait pu nous tirer de la M...ouise.
Pour ça, il aurait fallu que tu sois intelligent. L'intelligence, c'est pas le savoir, qui n'est que la mémoire, les connaissances livresques. L'intelligence vient du coeur Et celui que tu méprises, parce qu'il semble n'être qu'un simple bonhomme de la rue, peut t'en remontrer question intelligence, chez toi elle vole à peine au ras des paquerettes.
Il ne suffit pas d'être beau gosse, racé, bronzé, sportif, sachant tchacher et périphraser pour emporter l'adhésion des français.
La première syllabe de ton nom peut nous en dire long sur toi.
Un seul homme a-t-il le droit de décider pour la nation ?
Et dans de telles circonstances ?
Je sais, il n'y a pas que le 49-3 qui permet de telles absurdités et ces "lois", (qui peuvent n'être qu'un simple décret caché à nos yeux de citoyens), sont tellement débiles qu'elles doivent être abolies ou alors, il est impératif d'en définir très précisement leurs limites.
Fichu villepin, t' es fichu
Tu viens de nous montrer ton véritable visage de dictateur.
Ca nous rend service pour 2007, t'es déjà effacé de la liste des " PRETENDANTS AU TRÔNE "
aller, va faire ton jogging
tchao pantin..
CHARDON de LILLE
[11] ¤ LE C.P.E. CHER A VILLEPIN
POLI-TIQUE : LE C.P.E. CHER A VILLEPIN
Posté par gaby le 10/2/2006 18:37:22 (39 lectures)
POLI-TIQUE : C.P.E. cher à VILLEPIN
Posté par gaby le 4/2/2006 19:32:13 (12 lectures)
Mon père, premier dans toutes les disciplines scolaires primaires, a été reçu au C.E.P. Certificat d’Etudes Primaires. A 15 ans, il entrait dans le livre, à 24 ans, il devenait gérant de la grande librairie catholique de Lille, succédant à maman qui « attendait famille » expression employée pour annoncer une future naissance par mes parents, ce sujet étant tabou et par là ils évitaient les questions des enfants.
A chacun son époque et son langage.
Monsieur de Villepin propose maintenant aux jeunes : le C.P.E. Contrat Première embauche.
Belle aubaine pour les jeunes.
Ils pourront décrocher ce contrat d’une durée de deux ans maxi. Le patron pourra les débaucher sans aucune explication ni motif, peut-être simplement parce que cela arrangerait bien une de ses relations de le voir embaucher un protégé tout simplement.
Alors, Monsieur de Villepin fait valoir les avantages de ces contrats. Voilà ce qu’il avance, entendu par moi hier à la télé :
- Droit au logement
- Droit au prêt, donc à l’emprunt
- et si je ne me trompe droit à la couverture sociale.
Ce qu’il ne dit pas, c’est que le jeune embauché, naïf, empruntera pour la location et l’installation du logement proposé. A condition que les banques ouvrent leurs portes aux bénéficiaires de ce C.P.E.
Et voilà notre jeune qui se donne de tout cœur à ce travail, pas cher payé. Il a une petite amie. Que demander de plus ? Si la banque le lui a concédé, le voilà remboursant le prêt sur ses maigres émoluments. S’il y a eu prêt il ne doit pas être énorme, « on ne prête qu’aux riches »
Il ne faut pas qu’accidentellement, la jeune personne ne tombe enceinte.
Et patatras, un grand monsieur, de bonne famille, du beau monde, de la bonne et belle société, ayant les bras longs et beaucoup de relations, (pas des amis, des relations…) intercède pour un jeune de son monde, et le patron signifie à notre jeune naïf qu’il doit dégager le lendemain. Sa formulation est certainement plus élaborée, le résultat est le même. Autrefois « Le soi-disant beau monde » disait « Je vous remercie » pour congédier un employé.
Voilà ce jeune couple, qui en perdant le travail, perdra le logement, devra toujours rembourser l’emprunt, sera mis au tribunal etc.
Pour un démarrage dans la vie de travail et dans la vie familiale, il méritait mieux, d’autant plus s’il a le bac + 3 et sa jeune amie tout autant.
Pour ce jeune couple ce sera la galère.
Etes-vous passés par le tribunal d’instance un jour d’audience, avez-vous observé les inscriptions sur les rôles : Affaire SOFINCO/ contre Minus
Affaire COFIDIS / contre Petiot etc
Et c’est une cinquantaines d‘affaires qui défilent, au profit de ces sociétés de prêts qui viennent vous relancer chaque semaine par des courriers perfides pour vous faire tomber dans le piège.
Ensuite on s’étonnera que des parents « limités », incapables de rembourser leurs multiples emprunts, décident de se supprimer avec leurs enfants. Encore tout une famille « détruite ».
LA FAUTE A QUI ?
IL Y A DES SOLUTIONS PRATIQUES, FACILES A METTRE EN ŒUVRE, SEULEMENT CA RISQUERAIT DE LESER LES PROFITS DES SURFACES DE VENTE ET DE CES SOCIETES DE CREDIT Ce midi, la 3 fait entendre qu’un ensemble de surfaces de vente dont beaucoup sont des PME non cotées en bourse, ont réalisé 80 MILLIARDS D’EUROS DE PROFIT …Il a aussi été dit il y a peu, que les caissières des grandes surfaces seront remplacées par des caisses automatiques… ??? TOUJOURS POUR LE PROFIT ? OU EST LA PLACE DE L’ETRE HUMAIN DANS CE PROGRAMME ?
J’entends encore ce jeune avec lequel j’ai dialogué avant une de ces audiences, il a versé 2500 frs à l’avocate pour cette seule audience au cours de laquelle elle ne fera qu’une apparition. Il lui a déjà versé 7000 frs…Où cela le mène-t-il ?
Oui, je traduis encore les euros en francs, je les sens mieux.
Et pendant ce temps, après avoir fait payer très cher par les impôts, le ramassage des ordures, il nous est demandé de les trier.
ENCORE POUR LE PROFIT, MAIS LE PROFIT DE QUI ? DE QUOI ?
POURQUOI NE CREE-T-ON PAS DES EMPLOIS ?
« Ca a été fait » me rétorque une employée du conseil municipal qui part au boulot avec sa broderie pour combler les temps creux.
Pas assez puisque nous devons mettre la main à la pâte.
Jusque quand les citoyens vont-ils se laisser mener de la sorte et donner aux politiques le droit de dépenser notre argent, à leur convenance, dans des opérations décorum, centre ville et ailleurs (et dans des édifices, locaux administratifs à la hauteur de leurs ambitions, de leur portefeuille personnel mais pas du nôtre) pour attirer les touristes et flatter leur égo. « Ma ville est superbe, il s’y donne beaucoup de fêtes, les associations sont en nombre croissant, » laissent entendre les maires (ça occupe du monde, du beau monde naturellement)
« Oui, dans ces temps difficiles pour ce monde, je suis bénévole dans telle et telle association » Ceci dit avec emphase, par des bourges qui ont les moyens de se délester des taches ménagères, sur une employée de maison digne de ce titre.
Si ces boulimiques associatifs aboutissaient à quelque chose de concret…
CE QUI PEUT ARRIVER, ET QUI ARRIVE PARCE QU’IL Y A ENCORE BON NOMBRE DE PERSONNES QUI ONT GARDE ET ENTRETENU LEUR HUMANITE ET S’Y DONNENT VRAIMENT
Ils sont en nombre insuffisant…
Monsieur de Villepin est je suis sûre… je veux croire… animé des meilleurs intentions mais il n’y connaît rien à l’angoisse actuelle des jeunes sans emploi malgré leur cursus universitaire ou autre. Il ne connaît rien à l’angoisse des parents qui voient leurs enfants démolis par « LE SYSTEME »
Soyez réaliste Monsieur de VILLEPIN et commencez par accepter que vos enfants endossent leurs responsabilités. Alors vous deviendrez plus crédible à nos yeux
Je suis ravie que le PS, Messieurs Hollande et Fabius réunis, soient contre ce projet
NON AU CONTRAT PREMIERE EMBAUCHE
CHARDON de LILLE
[10] ¤ "LES RISQUES DU METIER"
PEDOPHILIE : "LES RISQUES DU METIER "
Posté par gaby le 9/2/2006 11:39:06 (35 lectures)
PEDOPHILIE : "LES RISQUES DU METIER" Posté par gaby le 5/2/2006 12:36:49 (8 lectures)
Ça s’est passé en 99 ou 2000
« LES RISQUES DU METIER »
Marine est une petite fille adorable, qui a toutes les qualités et tous les défauts comme je le lui dis assez régulièrement.
Je promenais Djebelle en compagnie de Mme Duchêne, quand Marine est entrée dans ma vie. Elle avait entre 7 et 8 ans.
Très vite, nous apercevant en compagnie de nos petits chiens, elle descendait précipitamment de son appart, situé dans une autre entrée de la résidence, et était ravie de nous accompagner. Elle m’embrassait, elle adorait caresser Djebelle, oubliait parfois d’embrasser Mme Duchêne et de caresser Douchka et Ursulla, sœur et mère de Djebelle. Un petit coup dans les côtes la ramenait à la réalité.
Seule un jour avec Djebelle, je l’ai vue accourir toute souriante et nous nous sommes assises sur un banc, invisible de la fenêtre de son appart. Alors, sa mère est arrivée. J’ai trouvé ça très bien.
Comment Marine s’est-elle retrouvée dans mon appartement ? Je ne me souviens plus. Elle est très habile et tenace quand elle a décidé quelque chose. Et elle a tellement de charme.
Sauf demande explicite des parents, je ne fais monter aucun enfant dans l’appart.
J’ai toujours eu du temps à consacrer aux enfants. Longtemps ma famille a exprimé le fait que j’avais un don pour les enfants. Je crois que je l’ai aussi pour les animaux. Les adultes et les vieux m’attirent moins mais je peux aussi les entendre, surtout les amis. Je peux aussi prendre en compte certains qui m’ont mené la vie dure et qui se retrouvent écrasés. Je tends toujours la main à ceux là. Ils en sont les premiers étonnés.
Avec Marine, j’irai à la kermesse, je la verrai faire des niches à ses copains à cette occasion. Elle est terriblement futée et habile, comprend tout à demi-mot, aime rire et faire des farces.
Chez moi, elle fera de nombreux dessins, m’apportera de gentils cadeaux, nous ferons de la pâte à sel, interdit dans la cuisine de sa maman, ça salit trop. Elle est pleine d’idées et me fera jouer à toutes sortes de jeux qui enchantent les enfants et d’autres qu’elle invente, elle n’est jamais à court d’idées. Elle est intelligente, ne fait pratiquement rien en classe à part d’horribles fautes d’orthographe, comme ce ne sont que les débuts de l’apprentissage, j’espère qu’elle s’améliorera.
Très vite, elle m’amène ses copines et copains de classe dés son entrée en sixième, au collège, avenue du pont.
C’est pour moi des moments extraordinaires, avec des enfants qui ont besoin de réponses aux questions qu’ils se posent. « on peut tout lui dire » expriment –il à mon sujet. Et j’en entendrai.
Habile au dessin, parfois je croque ces mômes qui partent très fiers avec leur portrait crayonné. Tous s’exprimeront par le dessin, la peinture, la parole. Ils peuvent venir avec Marine ou seuls.
Parfois je hausse le ton lorsque je la rencontre sur la rue, à l’entrée de l’hiver, à la sortie de la résidence « La Marionnette » où sa famille a déménagé. Je lui promets des punitions pires que celles que son père lui inflige, si je la retrouve encore dehors, à ces heures insolites pour une petite fille.
Marine est souvent seule chez elle, ses parents travaillent. Elle a l’obligation d’attendre l’appel de son père à 18 h.. C’est bien difficile quand on est une petite fille de 8-9 ans de se retrouver seule, alors qu’on l’est déjà le midi pour le déjeuner. Et « Oui maman j’ai mangé ce que tu m’avais dit »… C’est pareil que la présence à 18 h
Et je fais connaissance de Bénédicte, même âge, copine de collège. Elle accompagne Marine,
avec les copains, les copines. Elle se fait remarquer par son rire tonitruant, pas assez naturel pour une si petite fille.
Un après-midi, après son passage en compagnie de Marine, je reçois un appel angoissé de celle-ci :
« Ou t’as mis ta carte de téléphone ?
- Comme d’habitude sur le coin du meuble »
« Regarde si elle y est encore ?
- Et non, elle n’y est plus » que je constate
- C’est Bénédicte qui te l’as volée »
Et j’entends Bénédicte qui essaye avec une voix douloureuse de dire
« qu’elle l’a pas volée ».
Je calme Marine, je dis que parfois on ne veut pas vraiment voler et que le mieux c’est de me rapporter ma carte.
Ce jour là j’ai su qui avait subtilisé le porte-clés cadeau, offert par RENAULT à l’achat de la Clio et posé lui aussi sur le coin du meuble auparavant.
Je sais donc que Bénédicte est une enfant en difficulté.
Un soir après l’école, j’attends Marine, et je vois apparaître Bénédicte très satisfaite d’être là. Son visage n’est pas innocent, il exprime une satisfaction poussée au paroxysme. Depuis un moment, elle en fait voir de toutes les couleurs à Marine dont elle est très jalouse. Quand il y a échange de réflexions trop piquantes entre les mômes en ma présence, je clame bien haut « que les filles c’est terrible » et je leur recommande de se débrouiller entre elles, « les filles ça fait trop de chichis ». Aussi jamais Marine ne cherchera à se plaindre des mauvais tours de Bénédicte.
A l’arrivée de Marine, j’exprime à Bénédicte qu’elle doit me laisser seule avec Marine qui a demandé à me voir. Nous avons à parler.
Après m’avoir embrassée, Marine s’assoit à mes côtés sur le canapé, très près de moi, trop près, et aussi, elle me prend la main, la caresse, ce qu’elle n’a jamais fait auparavant Par là Marine exprime à Bénédicte que je suis sa propriété. Je retire la main d’un geste agacé et je vois les yeux de Bénédicte…
Enfin, celle-ci quitte le « territoire » mais je sens bien qu’elle ne digère pas cet instant.
C’est alors que dans les semaines qui suivent je m’aperçois que les enfants ne me rendent plus visite et quand Marine vient, c’est en sortant son petit chien et très vite elle bafouille : « Je ne reste pas » Elle ne s’assoit même pas.
Je mets un certain temps à réaliser.
Je finis par réunir toutes les pièces du puzzle et la vérité éclate en moi le jour de Pâques alors que je ne suis pas encore levée, la réflexion sur la situation s’est imposée à mon esprit dés le réveil.
Je suppute qu’aidés par des informations venant de Bénédicte, les parents ont interdit à leurs enfants de passer chez moi. Je suis une pédophile…Comme j’ai le cerveau qui bouillonne très vite, déjà je me vois embrigadée par des policiers menottes aux poignets, direction Loos, là où on ne fait pas la vie facile à ceux qui s’attaquent aux enfants. Et j’ai la trouille... Je sais combien un enfant peut se laisser acheter pour un caramel ou un peu plus. J’ai tellement connu la jalousie de certaines mères, et là où je demeure « on » se ferait un plaisir d’en rajouter. « Elle reçoit « même » des Nord Africains… Pensez donc !!! »
Je peux heureusement, tout raconter à un ami. Je me calme et j’attends sans rien dire, même pas à Marine qui est bien malheureuse.
Un lundi matin, elle arrive en compagnie d’Elodie. Et sur la table de la salle de séjour, chacune copie sur le cahier de l’autre l’exercice qu’elle n’a pas fait, simplification du travail !!! Comme elles n’ont pas déjeuné, c’est avec un plaisir partagé par moi des yeux, qu’elles dévorent pain, chocolat, et boivent du coca.
Leur présence devenue inhabituelle et la conversation aidant, j’arrive à les guider un peu et je peux enfin formuler : « Qu’il n’est pas besoin que les choses soient dites pour être entendues ». Oh… C’est Elodie… qui répète et elles ont tout compris : « Il n’est pas besoin que les choses soient dites pour être entendues »
Vite, le travail est terminé et je les conduis au collège à deux pas de chez moi.
1er Mai. Le matin vers 9 h, Marine m’apporte avec tellement de gentillesse le muguet acheté par ses soins.
« Et maintenant tu t’habilles et tu viens
– Où çà ?
– T’inquiètes, allez viens mais prends du papier et des pastels, on va faire un concours de dessin »
Nous atterrissons aux HLM près de chez moi, je devrai m’arrêter plusieurs fois sur le chemin d’accès pour embrasser les enfants venus à notre rencontre, des habitués de la « visite à domicile ». Il y a quelques surplus, tel Joan, un beau gosse qui tient à soigner très fort son image de marque, je l’avais repéré avec d’autres à la fête des centres aérés fin Juillet.
Devant les HLM, d’autres enfants sont là et aussi, aux fenêtres et à l’entrée : les mères.
Tout ce monde partage des idées ce jour de 1er Mai. Elles ont peut-être souhaité faire ma connaissance. C’est ainsi que je peux dire quelques mots à certaines sur leur rejeton. La mère d’Elodie est ravie de m’entendre lui annoncer qu’elle a deux filles très belles et que ça doit lui causer bien du souci d’avoir à les protéger des « rapaces »
Et je m’assois sur le bord du trottoir d’en face, la verdure est derrière nous, les mômes qui veulent participer au concours viennent avec papier et crayons et s’installent autour de moi, certains inquiets et je les rassure, d’autres très affranchis. Et tout le monde s’y met. Je choisis d’illustrer Joan qui ne veut pas participer au concours, je veux fixer l’évènement qui nous a bien amusés à notre arrivée. Il a pris des bras de Marine, l’adorable petit chien qui partage sa vie et l’a tenu à bout de bras, c’est alors qu’Oliver l’a copieusement arrosé… Rires. Je crayonne la scène. Et Joan est très fier quand il l’apprend, même s’il joue les « mortifiés ».
Ça y est, le travail est terminé, et nous étalons à même le trottoir les coloriages des enfants. Comme ils sont tous très beaux, tout le monde est déclaré gagnant. C’est dans la joie que la matinée se termine.
C'est l'heure du repas.
Quelques mères viennent me dire au revoir.
Les enfants m’accompagnent à la voiture.
Au cours de la quinzaine suivante, je verrai défiler chez moi, par deux ou trois, tous les enfants que je connais déjà et… d’autres… que je n’ai jamais vus !!!
Cette « RE-CONNAISSANCE » des enfants, tellement vraie, tellement simple, quel baume…
Ils sont par là tellement plus adultes que ceux dont l’âge a déterminé la majorité.
Le mot terrible n’a jamais été prononcé mais tout le monde y a pensé.
CHARDON
Oui, les enfants peuvent dire la vérité, il faut seulement être extrêmement prudent quand on désire connaître cette vérité.
Libres de dire ce qu’ils pensent, quand la confiance est vraiment établie, que l’adulte est profondément honnête, par expérience professionnelle, je peux dire que dans ce domaine de l’abus sexuel de la part des adultes, pédophilie, inceste, 99% des enfants, disent la vérité. Mais bien souvent, ils ne sont pas crus
Cependant, je répète que mis en condition, ou pour être vedette, ou pour un simple caramel, un enfant peut se laisser aller à son imagination. Et la télé en est une très bonne source.
Des innocents payent bien cher les fausses déclarations et rien ne réparera le mal horrible et injuste qui leur a été fait.
CHARDON de LILLE
[9] ¤ AU PALAIS DE JUSTICE
HUMOUR : AU PALAIS DE JUSTICE
Posté par gaby le 7/2/2006 18:33:30 (31 lectures)
HUMOUR
Au Palais de Justice de Lille
Il vient d’être construit. Architecture très moderne contrastant avec celle du vieux Lille où il est implanté.
Un immense parking souterrain facile d’accès, reste quand même trop exigu pour satisfaire l’ensemble du personnel.
L’ADSSEAD : association privée loi 1901 mandatée par le tribunal pour enfants de Lille y a ses locaux. Deux places ont été attribuées à notre service qui compte quand même une cinquantaine d’employés. La dirlo et l’assistante la plus âgée en ont bénéficié. Certaines places numérotées sont attribuées à des planqués, genre fonctionnaire dont ils ont l’esprit et la lenteur protectrice.
Cependant, je garerai ma petite voiture assez longtemps dans ce parking. Il suffit d’être dégourdi et une petite voiture trouve toujours un emplacement à sa mesure. Je me suis donné cette permission parce que je travaille beaucoup et les déplacements sont fréquents. Je n’ai pas de temps à perdre.
Mais un jour, pas mal d’habitués du Palais, cherchent aussi un abri pour leur voiture. Alors commencent à fleurir un peu partout des placards émanant de « Célébrités »… Emplacement réservé suivi de termes juridiques et Maître des Gants, avocat, est sûr de se garder son emplacement. Bien sûr c’est agrémenté de force cachets, tampons, signatures prouvant l’authenticité de l’acte.
Je trouve en dernier ressort un tout petit coin pour ma diane. Et armée d’une craie, j’écris à même le mur : » Emplacement réservé selon l’article 22 du code du FCP » Signature, date, semblant de tampon. Je cerne l’écrit d’un joli trait formant rectangle. C’est propre, c’est bien, ça fait sérieux… Et … ça marche… Pendant assez longtemps.
Puis, l’agent de faction à l’entrée du palais et qui me connaît bien, me demande un jour si ce n’est pas ma voiture qui se trouve à tel emplacement. Je fais d’abord la sourde oreille. Puis c’est un copain, je finis par acquiescer. Il souhaite alors connaître la définition du FCP et celle de son article 22. Encore une fois je cède.
FCP : Foyer de Culture Populaire (celui de Marcq où je fais pas mal de bénévolat)Il a son code: l’Article 22 : « Démerde toi comme tu peux. »
Et ben,… le copain…Il a fait profiter tout le monde de son fou rire…
Peu de temps après, la dirlo est venue me dire avec sérieux, (elle devait être un brin vexée mais c’était son problème) que le président ne m’autorisait plus à me garer dans le parking.
J’ai trouvé ce président bien mufle pour manquer d’humour à ce point et ne pas être capable de faire ses commissions lui-même.
Je me suis débrouillée autrement. Mais je ne l’ai dit à personne
CHARDON de LILLE
[8] ¤ ANNIE, UNE MAMAN BOUSCULEE
Posté par gaby le 21/1/2006 23:54:08 (34 lectures)
annie une maman bousculée
Elle était alcoolique. Elle adorait ses enfants. Ils étaient insouciants, épanouis Le père, son ami, était gentil, mais se conduisait parfois comme un enfant, coléreux, violent. Pas avec ses petits.
A une certaine période, Annie se retrouve en maison maternelle.
« Carga, qu’elle me dit de sa grosse voix, y m’ont punie… J’chui rentrée en retard dimanche, alors j’ai pas le droit de sortir cette semaine et j’chui privée de courrier… Y vont pas bien… On n’est pas des gosses… »
Non, ces jeunes femmes n’étaient pas des gosses, mais les directions étaient des culs bénis. Certaines places ne s’obtenaient que par piston… : Directrice de Maison maternelle, de l’école de la Croix Rouge… Etc. C’était souvent des bourges qui ne connaissaient rien de la vie ouvrière, de la vie tout court, parfois même vieilles filles raccornies. Ceux qui attribuaient ces postes étaient sans conscience et puis, tout était bon pour cette clientèle, des femmes perdues, de la racaille. C’est peut-être encore de cette façon qu’on recrute ces directions.
Et cette jeune femme qualifiée de débile par « ces autorités » avait plus de jugeotte qu’elles.
Elle m’appelait « Carga » de sa grosse voix, il n’y avait aucun manque de respect dans cette formulation, au contraire. J’avais réussi à l’apprivoiser.
Elle avait un passé horrible …
J’étais parfois très inquiète pour ses petits, surtout l’hiver, ils se promenaient les fesses à l’air, passaient et repassaient devant un petit réchaud chauffé à blanc. La moindre perte d’équilibre et c’eût été le drame… Quand elle était consciente, ils ne craignaient rien mais elle était assez souvent sous l’emprise de l’alcool, jamais cependant quand je lui rendais visite. C’était le soir l’alcool, en certaines circonstances… S’il était arrivé quelque chose à ses gosses, j’aurais été sévèrement jugée.. . Je prenais le risque. Placer ces enfants, c’était les condamner. Perdre l’amour de leur mère, c’eût été là le véritable drame pour ces petits, la véritable mort…J’avais vu de trop près et trop souvent, la détresse de ces petits pris en charge par l’aide à l’enfance, je connaissais la suite, ces mêmes enfants devenus adultes. Une minorité seulement échappait à cette destinée morbide.
Parfois, le généraliste estimait nécessaire un séjour hospitalier. Certains soins physiques étaient urgents, bronchite par ex. qui eût pu être soignée dans un milieu familial plus aisé.
L’enfant atterrissait à l’hôpital.
Je me souviens d’une séance « tribunal », dans le bureau de la pédiatre.
Elle avait souhaité me rencontrer. Toujours d’accord pour m’informer, j’accepte.
A mon arrivée, la pédiatre m’accueille. Sa jeunesse aurait pu me ravir mais elle était cucu, elle portait ses cheveux longs et en « Anglaises », cela était passé de mode depuis longtemps surtout à son âge et son rire éclatait constamment en grelots, jamais au bon moment.
A sa suite je passe dans son bureau. Alors je m’aperçois qu’il y a déjà du monde… « Du Beau Monde »… comme « y disent » les imbéciles, il suffit de gratter la couche de dorure pour s’enfuir devant ce qui reste, catastrophique…
Elle me fait asseoir à la place du condamné, au milieu devant-elle le Juge ; les autres sont un peu en retrait faisant demi cercle autour de moi. A droite, à gauche deux pimbêches de la maison maternelle. Je ne connais personne.
C’était la condamnation d’Annie et partant de là, la mienne.
Je serais incapable de répéter ce qui s’est dit, j’entends seulement encore la bonne femme à ma droite : « Tabagisme » et celle de gauche « Alcoolisme ». J’aurais voulu ajouter « sont les deux mamelles de la France »
Et la pédiatre voulant à toutes fins retirer ces enfants à cette mère indigne, qui ne rendait même pas visite au gosse hospitalisé et qu’on ne pouvait joindre nulle part.
Je me souviens m’être dit que j’avais 2 possibilités de lui répondre : faire l’idiote, ou piquer une colère. J’ai choisi d’être idiote, et je répondais avec la lenteur, les mimiques et la tonalité de la catégorie choisie et ce n’était que réponses de Normand : « Ahh woouuaiis, aah nnoon »
C’est la pédiatre qui a piqué la colère. Alors elle s’est écriée :
« Puisque c’est comme ça je vais faire un rapport au juge
- Très bien, je lui ai dit.perdant mon air idiot
- Et qu’est-ce qu’il va faire le juge ?
- Et bien, il va me transmettre ce rapport », que j’ai répondu de ma voix la plus suave mais perfidement.
Ouh, les yeux de la jeune dame aux anglaises et au rire à grelots et décalé… et les suffocations de « tabagisme et alcoolisme » et remous chez les autres.
J’ai conseillé de rendre le petit à sa mère puisqu’il n’y avait plus aucune raison de le maintenir à l’hôpital. Mais personne ne savait ou la joindre. Alors je leur ai laissé quelques tuyaux tel un fil d’Ariane, ce qui me laissait le temps de retrouver Annie. Elle était assez souvent obligée de changer de turne.
« Tu as des nouvelles de ton petit ? lui ai-je demandé. - Pas beaucoup Carga, ça me fait tellement mal au cœur de l’entendre hurler quand je dois partir. »
Est-ce que tous ces cucus pour ne pas dire plus, sont capables de comprendre cela ?
Combien s’éclipsent devant une personne atteinte de grave maladie. Pas par peur de la contagion, un cancer n’est pas contagieux en principe, mais par lâcheté « Ca me fait trop mal au cœur » qu’ils disent. Je peux compreendre cependant que ce soit trop lourd à porter pour certains.
J’ai expliqué à Annie qu’elle était capable de supporter les cris de détresse de son petit en lui parlant, en lui expliquant qu’elle va revenir, qu’elle n’est pas partie pour toujours, qu’il est son enfant chéri, qu’il lui faut vite guérir pour rentrer à la maison.
: « Les enfants entendent et comprennent tout mais si tu t’affoles toi, l’enfant le ressent et se met en détresse. Ton petit a besoin de te voir, de t’entendre donc tu vas trouver la force de faire ce qu’il faut. »
Annie a récupéré son petit ;
Annie, j’ai du l’abandonner : décision d’une responsable irresponsable.
qui comblée de perversité, se porte à merveille.
Elle était seulement très jalouse de moi, et je la gênais sur la route de son ambition.
chardon de LILLE
[7] ¤ METHODE GLOBALE
ECOLE : METHODE GLOBALE
Posté par gaby le 18/1/2006 19:03:05 (35 lectures)
Sujet très épineux, si seulement tous en parlaient... Tous ensemble, ceux concernés... Et toute la France est concernée.
METHODE GLOBALE
BRAVO…ENFIN NOUS Y ARRIVONS…
peut-être…
Ca fait plus de 40 ans que je lutte contre la méthode globale
Bravo Monsieur de ROBIEN, Ministre de l’éducation Nationale, vous êtes farouchement décidé à abolir cette méthode qui a versé le peuple dans l’illetrisme. Les enfants sortant du CP ne savent pas lire et par conséquent ne savent pas écrire. Puis vient la télé, les jeux vidéo, et internet, et avec les messages du portable où : plus les mots sont compressés, moins ça coûte et « c’est » devient « c » entre autres, pourquoi des mômes non motivés feraient-ils des efforts ?
Dans tout apprentissage, qu’il soit manuel ou intellectuel, même de très haut niveau, c’est toujours par le B-A-BA qu’on commence. L’effort répété jour après jour, le cerveau faisant le reste, c’est gagné.
C’est par mes neveux que j’ai constaté très vite le machiavélisme de cette méthode.
A.S. en protection judiciaire de l’enfance, j’ai eu à veiller sur plus de cent enfants les premières années de mon engagement à Lille, et en 82-87, j’en avais encore une bonne soixantaine. Heureusement tous n’étaient pas d’âge scolaire, parce que je rencontrais l’instit, de chaque enfant, au début de l’année scolaire, à la fin également pour certains, davantage en certaines circonstances.
Christelle appartenait à une famille en grande difficulté, je l’avais vue naître. La voilà en C.P. Elle fréquente régulièrement l’école. Cependant, il est décidé en fin d’année, qu’elle redoublera son C.P. L’école, où je dois me rendre chaque semaine pour assurer la conduite d’une de ses sœurs à la rencontre d’un orthophoniste, est une école publique sérieuse (quartier d’Esquermes), l’autorité sans autoritarisme règne, cela tient au corps professoral qui se serre les coudes, aidé par une directrice digne de cette fonction. Constat fait par moi-même. Pas de désordre, de bousculade dans les couloirs et escaliers par exemple, ce que j’ai vu ailleurs fréquemment, je ne citerai que Marine, que je suis amenée à sortir du collège un après-midi, côtes cassées, et ce ne sera pas l’unique fois.
C’est une jeune instit qui a la responsabilité de « mettre à niveau » onze enfants redoublants le C.P. Classe de rêve : Onze enfants. Instit, j’ai terminé avec 35 gamins, CE1-CE2.
A la fin de l’année scolaire, nouvelle rencontre. Christelle, malgré l’attention dont elle a été l’objet, en est restée au même point, il lui sera offert exceptionnellement de tripler ce C.P.
Mais la jeune instit très fière, peut m’annoncer que les 10 autres sont tirés d’affaire. J’admire, je félicite et je demande quelle est la méthode qui lui a permis d’arriver à cet exploit ?
« La METHODE SYLLABAIRE évidemment… !!! ( comme s’il était nécessaire de poser cette question !!!)
Je suis soufflée…
« Si ça peut repêcher les enfants en difficulté, pourquoi n’est-elle pas rétablie dans toutes les écoles primaires ? »
Le visage de la jeune instit vire au rouge et c’est la voix hésitante, presque inaudible, comme si elle venait de trahir un secret qu’elle me répond :
« Les professeurs ont le droit de choisir leur méthode de lecture. »
Je ne poursuis pas la torture.
Cette révélation me bouleverse.
Je continue à ne pas être entendue ; toutes les oreilles, surtout celles bien haut placées, sont bouchées. Même les collègues de service social ne se sentent pas concernés
Et j’entends encore ce môme de 8 ans, dont les difficultés vont croissantes. Alors qu’il est à l’arrière de ma voiture, il m’annonce :
« Je sais lire… Attends… »
Il ferme les yeux en les serrant très fort et sort de mémoire : « Toto a tâté le tapis » etc…
VICTOIRE, IL SAIT LIRE, METHODE GLOBALE.
Vers 94, j’ouvre deux séances d’écrivain public bénévole. Une interview RTL me permet de parler de cette méthode globale et je dénonce à travers son maintien diabolique, alors que l’échec se perpétue, un vouloir politique : « en la confinant dans son ignorance, il n’est pas possible à la classe défavorisée de faire valoir ses droits, tous ses droits, même celui d’entrer par la suite à l’ENA, ou Sciences- Po. Si le pouvoir passait aux mains d’êtres issus de cette classe d’en bas ?... !!! » Elle me demandera de bien réfléchir avant de lui permettre de le répéter via l’antenne. C’est fait.
Peu de temps après, un politique annonce à la télé
: « Nous allons revoir les méthodes de lecture »
Et je pense : « Cause toujours, tu n’en as rien à foutre »
Effectivement, rien ne change.
Et voilà que tout à coup, Monsieur de ROBIEN me redonne espoir… Oui… Espoir parce que… Voyons d’abord les résultats.
Mardi 10 Janvier 2006
Et voilà.
« 20’ » annonce en gros caractères : ‘c’est dit’
« LA REUSSITE SCOLAIRE NE S’IMPOSE PAS PAR DECRET, ELLE NE SE DECIDE PAS RUE DE GRENELLE ?
LES INSPECTEURS DE L’UNSA ONT DIT HIER QU4ILS INTERPRETERAIENT ‘avec discernement’ LA CIRCULAIRE SUR L’APPRENTISSAGE DE LA LECTURE QUI INTERDIT LA METHODE GLOBALE »
Quand l’ambition prend le pas sur l’humanité ? …Quand il n’y a que le « MOÂ » qui compte…
Où allons-nous ?
Mais pourquoi ce pessimisme, ces inspecteurs sont peut-être animés des meilleures intentions du monde et s’ils décident de ne pas aller trop vite, c’est sans doute pour donner plus de poids à « La chute de la méthode globale »
Imaginez donc le cratère que cette météorite causerait dans les méthodes de l’enseignement primaire et qui permettrait à l’ABECEDAIRE de retrouver toute sa place, toutes ses lettres de noblesse
SIMPLES CONSEILS de Chardon :
Pour ouvrir davantage l’esprit, je ne connais pas d’autre méthode que l’humilité, savoir être humble, s’effacer devant les réalités, faire place à d’autres. Mais pour cela, il faut être encore un être humain…
Pour une meilleure vue, il y a toute la panoplie AFFLELOU ( si erreur orthographique de ce nom, je vous prie de m’excuser)
Monsieur de Robien prônait l’autorité naturelle, dénonçait l’absence de moyens, de pédagogie. La pédagogie donne vie à l’enseignement, amorce la passion, et le savoir immense ne passe pas quand l’enseignant n’est qu’un robot qui débite ses connaissances.
Je garde l’espoir que certaines autorités qui ont à débattre de ce délicat sujet dont dépend l’avenir de milliers d’enfants et par la même celui du pays, ne font pas partie des idiots ambitieux.
CHARDON de LILLE
[6] ¤ STAGE EN DERMATO
Médical : STAGE EN DERMATO
Posté par gaby le 15/1/2006 19:23:16 (36 lectures)
C'est d'époque...
Les assistantes sociales sont l'objet de quolibets mérités bien souvent.
Les questions ne se posent pas de savoir :
- Sur quelles bases les étudiantes sont acceptées dans les écoles ?
- Comment elles sont formées ?
- Dans certains services spécialisés, commment elles sont recrutées ?
- Quel est leur suivi dans la profession ?
- Dans quel esprit les responsables, les directeurs de services sociaux gèrent-ils leurs subalternes?
- Que ou qui veulent-ils servir ? Décembre 2003
SERVICE DE DERMATOLOGIE PROFESSEUR CHARLES HATANT
C’était en 1959, j’étais en stage dans ce service, en tant qu’élève assistante sociale.
C’était assez agréable.
Internes, externes étaient de bonne composition. Il n’y avait parmi eux qu’un idiot. Je me souviens d’un matin, nous sommes rassemblés dans une salle de soins, attendant sans doute l’heure des consultations, l’idiot est assis à une table bureau, une pile de papiers devant lui. Les autres devisent et nous les stagiaires mêlons nos voix plutôt timidement, à celles des autres soignants, tous médecins ou apprentis.
Je n’ai retenu qu’un nom : Saint Just. Interne ? Il était fin, courtois, simple. Il paraissait être l’aîné de l’équipe. Il riait de toutes mes réparties et parfois, lorsque je mouchais un de ceux qui me taquinaient plus ou moins, son visage amusé semblait dire : « Elle n’a pas froid aux yeux mais il l’a bien mérité ».
Je reviens à l’idiot, il ne semblait pas du tout fait pour cette noble profession, rustaud, paysan de la mauvaise espèce, « supérieur », méprisant, il estimait que nous devions le servir, nous les stagiaires. Les copines se laissaient faire parfois, la peur de déplaire « au patron » et de perdre le stage.
Et puis, le prestige du médecin surtout aux yeux de celle qui cherche à se caser…
De sa voix de roquet, il me jette : « Prenez ces papiers et allez les porter à… (Je ne sais plus)
– Faites-le vous-même » que je lui réponds sur le même ton.
Il s’indigne, bouscule quelques feuillets qui tombent sur le sol et m’intime l’ordre de les ramasser.
Après lui avoir répondu simplement par un de mes regards qui voulait dire « Va au diable» et même plus, il a compris qu’insister de sa part le remplirait de ridicule. Il s’est donc exécuté lui-même sous l’œil amusé de ses collègues. Intelligents, ils ne se sont pas esclaffés.
La différence avec Mr de St Just. Il m’aurait dit : « Voulez-vous avoir etc.
- d’accord Monsieur » aurais-je répondu.
Et je me serais exécutée. La forme, il aurait mis la forme avec le fond.
Il y avait les consultations du dermato de X, le Dr MONTDESUR.
Je l’assistais en tant qu’infirmière, je l’aimais bien alors qu’il ne prêtait aucune attention à la stagiaire que j’étais. Il recevait les patients avec simplicité et savait leur parler avec très peu de mots. Un jour, c’est une dame toute simple, qui souffre d’ulcères variqueux.
Je sais combien cela est douloureux, chaque soir je fais le pansement de maman qui a la jambe encore décorée de ces horribles ulcères. Je nettoie les plaies avec de l’éther en soufflant dessus pour atténuer la brûlure puis j’applique le carré de gaze couvert d’une pommade à l’oxyde de zinc et, je termine par l’opération très délicate : remettre la bande. Maman m’a expliqué comment procéder pour souffrir le moins possible au cours de la journée.
Avec la patiente, après avoir enlevé le pansement, je roule la bande compressive pendant que le Dr procède à l’examen et interroge la personne, et je suis chargée du pansement. Je le fais comme s’il s’agissait de maman mais ça n’est pas du goût de la dame qui se montre un peu agacée et le Dr de me dire sèchement : « Mais enfin, faîtes donc un pansement convenable ».
J’ai recommencé après m’être fait expliquer par la dame ce qu’elle souhaitait. Tout s’est bien terminé. Je n’ai pas cru utile de donner des précisions à Mr Montdesur. Il avait pris soin de sa patiente. C’était très satisfaisant pour moi.
Nous étions quatre stagiaires de la Catho. Mélo (Méli-Mélo vraiment) était de la partie.
Notre monitrice de stage, infirmière, semblait être là pour décrocher la timbale. C’était une grande et belle femme. Elle ne s’occupait guère de nous.
Un matin, seule avec elle dans le service elle me demande d’appeler par téléphone interne, un professeur, ce que je fais. Je la vois arriver toute émoustillée et furieuse
« Vous n’êtes pas folle, c’est Mr Untel que vous avez appelé, le grand professeur » et s’emparant du combiné elle répare l’erreur.
Deux noms se ressemblaient : Matache et Latache.
« Qu’auriez-vous fait s’il était venu ? ».
Je n’ai rien répondu mais je sais bien ce que j’aurais dit à ce grand professeur : « Votre mère s’appelle bien Benoîte Bailly, elle était la grande amie de ma mère quand elles étaient jeunes, quartier Ste Catherine »… Comment aurait réagi ce grand professeur ?...
Stagiaires, nous devions aller à domicile soigner des patients syphilitiques. Là, la confiance de la mono allait toujours à Mélo qui se débrouillait bien pour les piqûres, moi aussi. Apparemment je faisais moins sérieux que Mélo et surtout je ne buvais pas les paroles de la mono, je n’étais pas accrochée à ses basques, elle m’agaçait trop. Et ça, c’est difficile à supporter pour une mono qui tient à son prestige.
Elle a réussi à se caser la mono, avec un médecin bien sûr. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enf… Non ils étaient déjà un peu vieux pour ça et les méthodes ultra modernes n’existaient pas.
Et j’arrive à la meilleure partie de cette « histoire ». Toutes les semaines nous devions participer quatre heures durant, au cours du Professeur Charles HATANT, dans le grand amphi. Nous allions « AU CIRQUE » Les étudiants en Médecine, 4e année m’a-t-on dit, y étaient tous au grand complet.
Nous occupions invariablement le rang le plus élevé, le dernier rang.
C’était dans ces hauteurs, partie retirée du centre d’intérêt, que se réfugiaient certains étudiants, que le cours de CHARLOT (pour les intimes) ennuyait au plus haut degré. Entre autres il y avait
« Musique ». Il s’asseyait à même la marche, bien caché aux yeux de tous et fredonnait des airs tout au long du cours.
En attendant l’arrivée du Prof, nous occupions le temps en lisant des illustrés, en devisant. Parfois, certains étudiants nous adressaient la parole.
J’en veux beaucoup à l’un d’entre eux. Il était grand, il était blond et beau garçon. Je pense qu’il aimait collectionner les conquêtes féminines.
A mes côtés, hormis Mélo, il y avait les deux autres copines, dont Anne Marie. Elle avait de nombreux frères et sœurs, les voyaient se marier, elle l’aînée de tous et restait là à attendre. Elle avait surtout une mère… La nuque d’Eric Von Stroheim ne fût jamais aussi raide que cette mère. La seconde de ses filles avait osé la braver et s’était mariée sans le consentement de ses parents. Rayée de la carte familiale à tout jamais.
Le beau garçon blond avait fait les doux yeux à Anne Marie et avait aussi avancé une rencontre possible, séance de cinéma. Anne marie nageait dans les couches profondes du bonheur. Elle ne se posait aucune question sur ce garçon.
J’essayais bien de la prévenir pour atténuer le choc qui ne pouvait que s’ensuivre avec un tel personnage, elle était incapable d’entendre. Un garçon s’intéressait à elle pour la première fois…
La seule chose dont elle voulait s’assurer c’est que j’accepterais de la chaperonner le jour de cette sortie… Oui, « la chaperonner », c’était encore l’époque. Maintenant avec les préservatifs, le sida, l’éducation stricte que nous recevions n\'est plus de mise.
La chaperonner, c’était évident mais…
L’invitation n’a pas eu de suite et ce garçon avec superbe et arrogance a ignoré totalement Anne Marie. Elle a enfoncé sa douleur.
Elle ne se mariera jamais, non pas à cause de cette aventure mais pire, elle ne sera désirée par aucun garçon.
A quoi ça tient ? Elle était intelligente, mignonne, fine, pas comme Mélo qui d’un seul pas écrasait la mappemonde, faisait des réflexions piquantes avec un sourire d’ange et qui désappointée au plus haut point d’être laissée pour compte, déclarera haut et fort que tous les hommes sont les mêmes, écoeurants, égoïstes et qu’il n’y a aucun ménage harmonieux, heureux. Elle l’affirmera devant Claudie et Henri, nos amis, couple réussi.
Les études terminées, Anne-Marie n’a jamais pu aborder un travail, elle vivait dans un état de douleur permanent, le siège était surtout circonscrit aux intestins et personne ne la croyait, surtout pas le médecin. Je l’entends encore me dire : « Si tu savais comme je souffre et tellement souvent, ils disent tous que je n’ai rien mais je t’assure, j’ai bien mal ». je la croyais, j'étais impuissante.
A 45 ans, elle se suicidait sans avoir connu l’amour, pas même celui d’une mère.
Maintenant je sais ce dont elle souffrait, elle était spasmophile et c’est la règle pour beaucoup de médecins, d’ignorer les maux des spasmophiles toujours hypersensibles, attitude qui ne fait qu’amplifier ces maux.
La douleur est réelle chez le spasmophile, les organes soumis aux fantaisies de cet état, ne subissent que des micros lésions au départ, c’est la suite qui est grave. Je sais ce dont je parle, j’ai découvert ma spasmophilie à l’âge de 67 ans !.. Etonnant non !..J’étais déjà entrée en décompensé.
C’est le refus et la hargne des médecins, impuissants devant cette maladie vieille comme le monde et incapables de me donner la réplique quand je leur exprimais ma pensée, qui m’a conduite à un tel degré. Je souffre beaucoup encore maintenant alors que j’ai autour de moi un aréopage de fameux médecins et spécialistes, qui ont d’abord permis que je sois débarrassée d’une quincaillerie dentaire dont les effets allergiques me détruisaient douloureusement par un courant électrique me traversant le corps, le réduisant à l’état de zombie gouverné par un système étranger, un « ENVAHISSEUR ». Leur suivi judicieux continue à m’être précieux.
Je sais que je suis au centre d’un conflit entre les « pour » et les
« contres », je sais que la gazette médicale fait entendre beaucoup de choses dans les sphères médicales. Ce sont certains médecins eux-mêmes qui me vendent la mèche sans s’en rendre compte. Le conflit médical, comme la spasmophilie, sera toujours d’actualité.
Revenons à notre sujet : DERMATOLOGIE CHU
L’amphi bien garni, le « Pitre » arrivait en piste tout en bas, sur la scène, entouré de ses « sbires » profs ou internes vraisemblablement. Les étudiants allaient vraiment au « CIRQUE » ces après-midi là.
Charlot ne se contentait pas de nous montrer force clichés suivis d’explications, toute la pathologie dermato prenait corps sous nos yeux et de surcroît, il faisait défiler à moitié nus les patients hospitalisés dans ce service. Ces patients devaient gagner le haut de l’amphi par les escaliers afin que les étudiants puissent contempler le désastre de leur pathologie. Certains pleuraient.
Ce qui ajoutait à « l’horreur », c’était l’accompagnement parlé du maître des lieux. L’audio- vidéo était déjà bien en marche. Ce n’était pas seulement le ton employé, les paroles de Charlot cinglaient ces pauvres êtres qui sentaient bien que celui-ci n’avait aucun respect pour leur personne, qu’ils n’étaient que des jouets entre ses mains. Ce prof je l’aurais volontiers étranglé.
C’est le jour du cours. Nous sommes là, les 4 copines penchées sur des illustrés. Il est l’heure oui mais le « Pitre » n’est pas encore arrivé.
Et tout à coup, dans notre dos, une voix retentit : « Ah ces demoiselles les infirmières de la Catho qui se distraient par la lecture de journaux pendant mon cours. Allez… descendez au premier rang… allez, allez… »
Il aimait bien se moquer des « infirmières de la Catho », la rivale.
Et j’ai vu mes copines sortir du rang, se presser vers l’escalier l’échine courbée, alors que le monstre savourait son triomphe parcourant l’amphi des yeux.
Il n’y a eu aucun quolibet de la part des étudiants. Ils savaient bien que CHARLOT était fou de pouvoir, ils souffraient eux mêmes de son despotisme.
Continuant sa route, en se tournant de tous côtés en tribun victorieux, à mi-chemin il s’aperçoit que je suis restée à ma place, moi la demoiselle infirmière de la Catho, il marque un léger sursaut. J’ai les yeux rivés dans les siens, je soutiens fièrement son regard et intérieurement je lui dis « Viens si tu oses ».
De tous côtés, à voix étouffée, jaillissent les conseils des étudiants les plus proches.
: « Vas-y, sinon gare…– Il va venir te chercher à coups de pied dans le derrière – Il ne va pas supporter que tu le braves, ne fais pas ça – Tu ne sais pas ce dont il est capable » etc. etc.
Puis grand silence, seul les regards croisés parlent…
Faut croire que le mien était suffisamment éloquent, l’air faussement indifférent le « Pitre » a lâché mon regard, s’est retourné et a repris sa route vers sa piste.
Moi seule je savais qu’il ne m’aurait jamais attrapée, j’aurais couru de rang en rang, j’aurais même échappé à la couardise de certains qui pour se faire bien voir m’auraient barré la route, j’étais une équilibriste née, tout le monde l’ignorait.
Bien sûr il y aurait eu pour moi des représailles, ridiculiser de la sorte un despote au pouvoir…
Ça je m’en fichais. Ce qui comptait pour moi c’est que n’ayant commis encore aucune faute ce jour là, je n’avais pas à être punie et rien ni personne n’aurait pu me faire changer d’avis. S’il avait eu le loisir de nous surprendre en plein cours (et il le fera pour « Musique »), comme les médecins ou internes « caravaniers » qui faisaient circuler les patients et me mettaient en garde parce qu’ils me voyaient fumer, lire, deviser, écrire, et je ne perdais pas tout à fait mon temps, alors comme les copines je serai descendue mais fièrement, sans courber l’échine. Peut-être même que je me serais permis de l’interrompre dans son exposé pour lui poser question, après tout une demoiselle infirmière de la Catho n’est pas sensée connaître le protocole, elle doit être assez bornée.
J’eus droit tout au long du cours à ses délicates attentions : « Allez, disait-il aux patients, allez vous montrer à celle qui plane dans les hauteurs »…Cette après-midi là toute la pathologie a défilé sous mes yeux
A la fin du cours, dans le hall d’entrée, près des distributeurs de
« friands en cas » et de boissons, le jeune DEPODT (Qui deviendra Chirurgien avec Michel KOMMAL Professeur) entouré de plusieurs étudiants me demandera : « C’est bien vous qui demeurez rue Aristide Bruant ? ». Il sera content de m’entendre répondre par l’affirmative et les copains chercheront peut-être à en savoir davantage sur ma personne. Gérald Depodt était de mon quartier, de ma paroisse et beaucoup de faits avaient circulé de bouche à oreille à mon sujet, il y avait les véridiques assez juteux, puis suivaient ceux nés de l’imagination de l’entourage et peut-être encore plus juteux. Je devais être à la fois à cette époque : Cyrano, Dartagnan, Fanfan la tulipe, Cartouche. Il y aura aussi Gisèle Conreau qui avait commencé tardivement ses études de médecine, nous nous connaissions. En analyse, je raconterai au psy et j’ai eu l’impression qu’il était peut-être dans cette quatrième année de médecine et avait assisté à l’évènement.
L'ENVERS DU DECOR: les copines à la sortie :
« A cause de toi, nous allons perdre le stage et le temps effectué, nous allons devoir recommencer tout ailleurs et peut-être que le CHR ne voudra plus nous prendre en stage, voilà ce que tu nous a fait gagner »
Je me suis mollement défendue, je ne voulais pas ajouter à leur embarras.
Je n’avais nullement envie de me moquer d’elles, et jamais je ne me suis moquée de ceux qui subissaient la peur en certaines circonstances. J’avais la chance de ne connaître la peur que très rarement et dans des circonstances bien différentes, ça faisait ma force.
Pauvres copines, elles en ont été pour leurs frais, il n’y eut aucun changement dans le déroulement du stage.
Pour une fois quelqu’un avait osé braver le « Pauvre » Charlot, ce que ne pourra faire « Musique ». Je devais être absorbée par je ne sais quoi cette après-midi là, j’entendais « Musique » chantonner derrière moi et, brutalement, le « Pitre » est à mes côtés, je n’ai pas le temps d’avertir « Musique ». Surpris sur la marche, en plein exercice de fantaisie, il dut lui aussi descendre au premier rang. La suite était beaucoup plus terrible pour les étudiants en médecine : pendant des semaines et des semaines, il serait de permanence tous les week end et sans doute recalé à l’examen de fin d’année. C’était ça Charles HATANT.
Une de ces hiérarchies « culsceptibles » comme il y en a trop. Leur fauteuil n’est jamais assez large, assez confortable pour asseoir leur dignité.
CHARDON de LILLE
Recrutement Assistantes sociales :
-Il y a deux ans, je suis assise en tramway à côté de deux jeunes étudiantes qui se font face et chacune d'énumérer le parcours de leurs études jusqu'à l'aboutissement. L'une demande alors à l'autre :
" Tu veux faire assistante sociale avec ce parcours ?
- Bien oui, il y a des débouchés." ..!!!
Cette scène se renouvellera une seconde fois peu de temps après, avec naturellement d'autres partenaires.
Cela ne veut pas dire que cette étudiante deviendra "assistante sociale à côté de la plaque"
Autrefois nous pouvions choisir notre profession et ce n'était pas forcément une réussite dans ce domaine où l'être humain souffrant est en cause.
Maintenant l'avenir est tellement bouché pour les dernières générations...
et il faut vivre...

