mémoire de chardon

attirer l'attention sur ce qu'a réaisé une simple instit, une assistante sociale sans titre au cours de sa vie professionnelle et donner une idée de son point de vue sur la vie et aussi la poli-tique

dimanche 5 août 2007

[80] ¤ C'EST...C'EST...C'EST... NOTRE CONCIERGE

                                                                                            Juillet 2007

C’EST, C’EST, C’EST … NOTRE  CONCIERGE

Il se prénomme Luc.

St Luc, 1er siècle, évangéliste, patron des médecins et des peintres. Je ne vois pas le rapport entre ces deux ARTS.

Il est jeune, « émincé » aussi finement que les oignons prêts à être cuisinés mais lui ne fait pas pleurer.

Quand il est arrivé à la résidence, les sols étaient durement encrassés par tous les produits « surnaturels, miracles », tant prônés par les pubs télés, qui garnissent les chariots des techniciennes de surface des services d’entreprises, d’hôpitaux, d’administrations ou les paniers des ménagères, enfin appelées telles (les techniciennes) et qui, grâce à la technologie de pointe, ne savent plus nettoyer, repasser, encore moins coudre, pas même préparer une purée, ni un céleri rémoulade. Et ce sont des mères de famille…

Son prédécesseur avait largement usé de ces produits et preuve avait été faite par un résident astucieux, qu’avec un peu de produit simple, peu coûteux, mais une dose d’huile de coude, le miracle se produisait, le carrelage reprenait sa couleur naturelle dans le sas

Alors est arrivé Monsieur Corbinand, Luc, et sa charmante compagne Sylvie.

Je n’avais guère eu l‘occasion de le rencontrer, je suis dans la catégorie des corps usés, je ne me trinqueballe donc plus comme dans le temps. Parfois cependant, le jour de la consultation chez le généraliste, je sors de bonne heure, et je le croise en pleine activité.

C’est alors qu’un matin, étonnée de voir que le carrelage du vestibule qui n’est hélas qu’un aggloméré de marbre, devient de plus en plus clair, et commence à être beau, agréable à l’œil,  je ne peux m’empêcher de l’interpeller : « Que mettez-vous sur ce sol, pour que sa brillance accroche mes yeux de la sorte ?
      -     De l’eau, rien que de l’eau fraîche…

-         Non… incroyable

-         J’ai réfléchi, c’est du marbre, c’est avec l’eau qu’il faut le nettoyer »

Un concierge non seulement très agréable mais intelligent, il réfléchit avant d’agir.

Ca y est, je vois le rapport peintres, médecins. Luc panse les plaies de notre résidence, n’utilise que des remèdes efficaces, simples, préservant la nature des matières et en même temps l’environnement, c’est le côté médical.

Il cherche toujours à l’embellir, c’est le côté artiste.

Je pensais que c’était d’un autre siècle le personnel de maison sachant vraiment nettoyer, je répète toujours aux employées que le nettoyage ne demande pas que du courage mais beaucoup de réflexion. Elles me disent « oui » de façon robotique sans avoir été pénétrées de la réflexion, c’est comme l’orthographe chez les jeunes ça passe sans s’arrêter, sans se fixer. « c koi sa ». Langage sms, très prisé des jeunes. C’est le progrès.

Il faut avoir des yeux partout autant derrière que devant pour ne pas accrocher les meubles, les peintures des plinthes et bas de porte avec l’aspirateur, je n’ai pas encore trouvé l’employée modèle qui agit avec doigté. Et j’assiste à un massacre. Ce n’est qu’un exemple parmi une foultitude.

En sortant de l’ascenseur il y a pas mal de temps, je circulais mieux à l’époque, j’avais quand même failli tomber un matin, le sol était d’un glissant, ça semblait luire oui, mais d’une façon pas naturelle. Le précédent concierge interrogé m’avait expliqué qu’il avait tenu à mettre un produit cirant pour que le carrelage soit plus beau. Aussitôt je l’avais informé du danger de ce produit pour toutes personnes parcourant ce vestibule sortant ou entrant, c’était risque de chute, de fracture et il en serait tenu pour responsable.

Un mois après, même phénomène et c’est à mon équilibre naturel que je dois de ne pas me retrouver sur le sol
      -    Vous avez remis de ce produit ? dis-je en passant au concierge

-         Ben oui, il fallait le finir…

-         J’espère que vous avez une bonne assurance. »

Ce concierge a été remisé, pas pour cela mais il avait un poil dans la main et devoir pousser les containers poubelles hors de la résidence le pénétrait d’un air profondément malheureux. Le dos… Le dos… disait-il…
Je sais qu’il jouait la comédie, cependant il a obtenu la carte d’invalidité, ça débarrassait le syndic d’un sérieux problème, sans que la résidence ait à payer des indemnités de licenciement.

Monsieur Corbinand est arrivé.

Et c’est ainsi, que de jour en jour, Luc découvre les moyens d’entretenir notre résidence, en réfléchissant aux divers problèmes.

Les bacs « déco » des entrées, plutôt moche, non vraiment moche cette déco, leur  nickel  était encrassé par les produits nocifs. Il est arrivé avec beaucoup de patience et de courage, à leur faire retrouver leur naturel, leur brillance, toujours avec de l’eau. Il fallait encore réfléchir et ne pas avoir peur de frotter sans cependant rayer les surfaces nickelées.

Toujours la réflexion… avant l’action et l’huile de coude

Il s’attaque à des problèmes plus ardus, qui relèvent de domaine très différents, tels : la fermeture ou l’ouverture des grilles, l’aération des ascenseurs, le chauffage, la simplification du blocage des portes d’entrée des bâtiments. Avec lui tout devient simple dès l’instant ou il a pris le temps de réfléchir au problème.

Plus besoin de déplacer tel spécialiste dans tel domaine, Luc c’est l’ingénieur haut de gamme.

Il y a toutes les autres taches prises en charge par sa fonction, puis toutes celles dont il « s’encombre » et se sent responsable. Quand vous lui confiez votre clé d’appartement, il vous remet un papier « reconnaissance de dépôt de clé », c’est fait avec simplicité mais sérieusement. Quand les colis arrivent, c’est de bonne heure le matin qu’il fait la ronde pour vous les amener chez vous. Il vous informe de mille détails à vous qui, cloîtrée à domicile, n’en ferez pas forcément lecture en temps utile. Il est partout à la fois sans jamais sembler dépassé, il fait face à tout, il assume tout. Il ne cherche jamais à se reposer en début d’après-midi, comme le lui permet son contrat, il a beaucoup à faire. Et c’est toujours avec gentillesse qu’il répond aux demandes multiples des résidents, il ne sait pas dire NON.

L’avez-vous vu s’attaquer au nettoyage des escaliers, Il commence par la moquette des vestibules avec l’aspirateur et gagne ainsi le 6ème par l’ascenseur. C’est par les escaliers qu’il redescend et tout en nettoyant les marches, il décroche le « chiffon » tenu à sa ceinture et le fait glisser le long des rampes. Quand il doit nettoyer l’endroit des portes où toutes les mains se posent, il le fait avec une éponge et un produit peu nocif, rince avec l’autre côté spongieux et essuie avec le torchon qu’il a pris la précaution de se mettre sous le bras. Que de temps gagné.

Je le vois parfois inquiet ; une simple réflexion qui n’est pas forcément malintentionnée, et le voilà qui court à l’endroit indiqué. Il ne peut laisser un seul coin attendre le lendemain. Il faut que tout soit parfait.

Et je suis sûre qu’il ne s’arrête pas là. Je le sens veiller sur nous, je pense même qu’il est capable de répondre de nuit à un appel de détresse.
Inutile de suggérer à notre syndic d’obliger Monsieur Corbinand à prendre les heures de repos méritées, il est de ceux qui ne peuvent entendre certains messages. Il est de la génération des « 70 heures ».

Attention. Quand un moteur tourne sans arrêt, il explose. Je ne souhaite pas que cela arrive à Luc.
   

A nous résidents, de faire très attention si nous ne voulons pas perdre notre concierge, usé prématurément.

Et, égoïstement parlant, que ferions- nous sans lui ?

Merci Luc et Sylvie

                                               CHARDON de LILLE

Posté par gaby_djebelle à 15:02 - HOMMAGE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 12 juillet 2007

[79] ¤ L'ESPRIT S'EST ENVOLE

C’est toujours d’actualité HELAS                                         Juillet 2007

Il n’est pas possible pour certains, ceux-là qui ont des œillères de naissance, d’assurer le suivi en Protection Judiciaire de l’enfance, et même un simple suivi éducatif. Cette absence de disposition peut se retrouver dans toutes les classes de la société, à partir de l’éducation.

J’ai connu des  exceptions chez certains amis bourges et ailleurs.

Ce n’est pas le diplôme qui fait la valeur

J’exprimerai quand même un DETAIL. Où que je sois allée : Direction de l’enseignement libre Lille, Cameroun, Service social Prévention Paris, Action sociale Air Algérie Alger, services sociaux Protection Judiciaire de l’enfance Lille, Foyer Jeunes Travailleurs Roubaix, personne ne m’a demandé de présenter mon diplôme…

J’avais l’air… ?

Ce n’est pas sans émotion que je me remémore les rencontres avec Dédé. C’était une bourge de naissance.

Longtemps elle a été Directrice du centre social de Wazemmes, rue d’Eylau. Elle était attentive aux moindres détails et c’est avec amour, dans un langage très vivant, qu’elle parlait de ces familles tellement défavorisées. Jamais de critique à leur égard. Parfois, je devais me rendre en AEMO (action éducative en milieu ouvert) dans ces mêmes familles. Avec Dédé, je faisais le point, c’était très enrichissant pour toutes deux.

J’ai beaucoup aimé Dédé.

Puis est venue l’époque où les éducateurs nouvelle génération, se sont infiltrés partout, et dans tous les services sociaux.
Je les ai connus extras quand ils étaient simples éducs. Ils devenaient déjà autres après leur nomination d’éducs chefs. Ensuite promus directeurs c’était la perte du naturel éducatif, « Tu vois, ça tu ne peux pas le dire, tu es directeur » disait François à Bertrand. Ils étaient devenus des « administratifs » préoccupés par leur carrière, ils perdaient tout sens éducatif, ils ignoraient même les noms de la vingtaine d’enfants parqués dans leur foyer.

Je revois l’en-tête du courrier de foyers pour mineurs, autrefois appelés foyers de jeunes travailleurs, il n’y avait plus de travail à offrir à ces mineurs, aussi la direction avait cru bon d’insérer comme intitulé : « Foyers de Jeunes en Difficulté ». Qui était en difficulté ?

Les éducs du Centre Social de Wazemmes ont réussi à éliminer Dédé. Elle en a beaucoup souffert ainsi que les familles, a terminé sa vie professionnelle dans un travail ingrat, ses qualités humaines n’y avaient pas droit de cité ; elle a compté à rebours, les mois d’abord, ensuite les jours qui la séparaient de la retraite, elle découpait dans les mètres à couture un centimètre chaque mois, puis chaque jour. Le Centre a perdu beaucoup à son départ. Elle a fini ses jours, atteinte « d’une longue maladie » Dédé mon amie.

C’est très souvent que les anciens, véritable mine d’expérience, de savoir faire et mémoire des détails de vie des familles des jeunes qui leur ont été confiés (et la vie est faîte de détails), sont éliminés des services ; le harcèlement moral est une des armes les plus efficaces. Ils ne sont pas devenus gâteux, ils gênent seulement les jeunes qui se trouvent dépassés dans leur fonction, parfois humiliés par les prouesses des anciens.

Ceux là mêmes qui ont participé à l’hallali, s’ils ne sont pas devenus assez véreux ou s’ils n’ont pas les reins assez solides, se trouveront un jour dans la même situation.

C’est de plus en plus vérifiable, et l’âge de la mise à mort, c’est maintenant aux approches de la quarantaine.

Il y avait eu à la télé, reportages sur le Juge pour enfants, Véron à Marseille. J’avais retrouvé en lui le Juge Bruel, du tribunal pour enfants de Lille. Il trouvait toujours les mots à dire aux familles pour faire passer les messages et permettre l’entrée du travailleur social, il avait aussi une autorité simple mais convaincante qui permettait aux jeunes de se ressaisir, une psychologie à faire pâlir les psy. Et d’ailleurs l’un d’entre eux, Darondel, déclarait devant assemblée un soir : « Ce juge ( Bruel) parle comme un psychiatre »

J’avais admiré et enregistré les prestations du juge Véron de Marseille, ce n’était pas du bluff. Je reçois mes jeunes amis, François, Bertrand, leurs femmes et leurs enfants. Je m’active dans la cuisine, je les sers et alors qu’ils sont installés sur le canapé, plus proche de la cuisine, que je m’apprête à servir le café et enfin pouvoir m’asseoir et discuter avec eux, (je souhaite parler de l’action du juge Véron), je les entends : «  Le juge Véron tu y crois toi ? C’est du trucage, impossible d’agir de la sorte, de tenir un tel discours, d’avoir un tel impact ».

Alors, je n’ai pas su leur traduire ce que je pensais et j’ai souffert de la perte de

l’enthousiasme de leurs débuts, de la disparition de leur réelle valeur humaine.

Peu après François s’est arrangé pour ne plus comprendre mon langage, je ne l’ai plus jamais revu, Bertrand a suivi.

Je les avais connus encore dans l’enthousiasme de leur jeunesse, ils s’étaient déjà racornis, tout en étant jeunes physiquement, leur seule perspective :

LA CARRIERE.

C’EST  POURQUOI  LE  MONDE  PERD  SON  ÂME

                                                CHARDON de LILLE

Posté par gaby_djebelle à 15:11 - TRAVAILLEURS SOCIAUX - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

[78] ¤ LES ZAYANTS DROIT

C’est toujours d’actualité                                         Juillet 2007

Les zayants droits

Dans le Mongy, il y a quelques années : deux personnes richement endimanchées, manteau de fourrure, et même de vison pour l’une.

L’âge de la retraite et en pleine forme.

Contrôle. Ce sont les seules à présenter la carte d’invalidité.

«  Chez ces gens là Monsieur, on ne paye pas »

Il suffit d’observer dans vos déplacements, pour vous apercevoir qu’aux riches, il leur suffit d’être vieux pour avoir droit à la carte d’invalidité.

Même observation au guichet de la gare où s’opère le renouvellement du ticket annuel  de transport Mongy Métro. La dame qui me devance, en toilette ultra sélecte, fourrure à l’intérieur de l’imper de qualité, présente sa carte d’invalidité mais aucun signe de décrépitude physique. Simplement l’âge.

C’est l’employée du guichet qui me demande si réellement je n’ouvre pas droit à cette même faveur. Elle a peut-être remarqué que mes vêtements c’est plus  côté «  Aubaines à la redoute ». Et non, je n’y ai pas droit bien que mon organisme soit bien atteint. Elle insiste la préposée : « Venez avec vos papiers, nous examinerons cela »

Le vison dans le Mongy, c’était la nièce de la présidente du service où j’avais durement travaillé pas mal d’années auparavant.  Ce jour là elle rayonnait et semblait rajeunie, elle qui était toujours éteinte au service. Elle était venue rejoindre notre équipe. Question boulot : pire qu’une nouille. L’éducation bourge y est pour quelque chose. En tenant compte des exceptions qui confirment la règle, il n’est pas possible pour certains, ceux-là qui ont des œillères de naissance, d’assurer le suivi en Protection Judiciaire de l’enfance. Cette absence de disposition peut aussi se retrouver dans les autres classes de la société.

Ce n’est pas le diplôme qui fait toujours la valeur, mais d’autres n’auraient pas été admis dans ce service sans diplôme. Seulement, c’était la nièce de la présidente Wallart (les textiles), elle n’a pas eu besoin de présenter de diplôme.

                                                     CHARDON de LILLE

Posté par gaby_djebelle à 10:58 - POLI-TIQUE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 9 juin 2007

[77] ¤ l 'U.M.P.

"Ces dernières élections présidentielles sont le résultat de la MEDIACRATIE et loin d'être le reflet de la "DEMOCRATIE" me confiait un ami.
Sarko est un illusionniste. Ceux qui en toute bonne foi l'ont porté au pinacle, perdront leurs illusions au fil du temps. Parmi eux, j'ai des amis qui me sont chers. Ils resteront mes amis.

Puis il y a toute la horde de ceux qui n'ont qu'à tendre les mains en les ouvrant bien grandes pour que la fortune s'y niche. Et ceux-là avaient toutes les raisons de hisser sarko. l__U

Malheur aux pauvres, aux simples, aux généreux, à ceux qui ont gardé leur humanité, malheur à notre jeunesse, celle du côté des défavorisés, malheur à ceux qui n'ont ni les moyens, ni les relations pour accéder aux soins médicaux , malheur à tous ceux qui représentent la VRAIE FRANCE. Dans 5 ans, ils seront davantage écrasés, ou...disparus, quelque soit leur âge. 

Relisez "L'homme cet inconnu" d'Alexis Carrel et "Le meilleur des mondes" d'Aldous Huxley.

Le premier "découvre et annonce" que les faibles d'esprit, les malades mentaux qui sont d'après lui le pur produit d'une classe faible, pauvre, prolétaire, dégénérée, composent la foule des criminels de tous genres qui envahissent les prisons et les hôpitaux.
"Il faut favoriser l'essor de l'élite par tous les moyens, ne s'occuper que des forts qui composent et composeront l'élite et alors pourquoi ne pas détruire par le gaz  la foule des assassins" c'est à dire des faibles, des pauvres, des malades mentaux, des prolétaires. C'est dit, écrit et expliqué très posément. Et cependant, ça ressemble à s'y méprendre à "la solution finale" d'Hitler de façon plus "douce" apparemment.

Le second, dans un réquisitoire utopique mais lucide, nous fait entrer dans le chaos social inévitable, fruit du progrès technologique, alimenté par ceux qui détiennent le pouvoir par l'argent et voulu dans le but destructeur d'une certaine classe sociale. Tout comme l'apprentissage de la lecture de cette classe par la méthode globale.

Ceux là ignorent que la chute des uns engendrera leur propre chute

Et qui est l'élite ? Le riche, l'érudit, celui qui occupe de "hautes" fonctions, grâce à son savoir  et non à la véritable intelligence qui permet à l'homme d'être et de rester un être humain ?

                                          CHARDON de LILLE

Posté par gaby_djebelle à 17:51 - POLI-TIQUE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 27 mai 2007

[76] ¤ LA VOITURE DES RISSO

Samedi 31 Janvier 2004

Notre parking couvert n’est pas pour faciliter la relation entre les résidents. Nous avons chacun un emplacement mais ils vont par deux, c'est-à-dire que tous les deux emplacements, d’voiture_rossiénormes piliers soutiennent l’édifice, nous devons donc composer avec le voisin, parfois avec celui d’en face.

Leur voiture est énorme et l’arrière-train imposant, la mienne minus à ses côtés.

Pour accéder à leurs voitures les résidents traversent entre les voitures, aucun passage n’a été réservé, alors de nombreuses griffes sillonnent les flancs de certaines voitures parce qu’il est de bon aloi qu’on fasse très attention à SON véhicule, les autres « qu’ils aillent se faire foutre. » (pardon maman)

Pendant des années je n’ai rien vu de suspect sur ma modeste voiture : diane, deux chevaux, j‘ai quand même eu une ami 6 et j‘ai fini professionnellement avec la R5 d‘une relation de chez RENAULT.Elle était blanc cassé. Les mouches et les griffes ont commencé à apparaître. Et j’ai compris pourquoi. Quand j’étais en activité professionnelle, je partais tôt, je rentrais tard. Ma voiture ne subissait pas l’humeur vagabonde des résidents sans scrupules.

Une seule fois, l’employée de maison des RISSO, en mon absence avait trouvé agréable d’occuper ma place à côté de celle de son patron, qui, hélas, est mon voisin de parking. Comme il m’arrivait de passer chez moi à n’importe quelle heure, avant de repartir vers l’aventure de l’AEMO, je me suis contentée de garer ma voiture à l’arrière des deux, les bloquant totalement. Quand j’ai regagné le parking plus tard, l’employée pour se dégager, avait préféré s’adresser à la voiture de face qui la bloquait également, plutôt que de m’affronter. Je faisais peur….dans le respect du droit

Un jour que je m’interrogeais sur les mouches bleu foncé qui commençaient à consteller ma portière arrière droite, Mme Duchène présente, m’avait informée que les Risso laissaient claquer leur portière sur la mienne lorsqu’ils retiraient leur attaché-case ou leurs provisions remisés sur la banquette arrière.

J’informe donc les Risso gentiment; lui est un ours, elle une pistonnée du bon côté de la barrière sociale. Attitude négative de Mme qui daigne se déranger et conclut : « NON, non, non, ce ne peut-être notre voiture »

Un courrier simple ne donne pas plus de résultat.

J’interpelle : mon Assureur, Automobile club, le Syndic. Personne ne veut m’entendre. Monsieur Risso et sa femme ont tellement plus d’importance qu’une petite bonne femme, âgée et seule. Il est ingénieur de haut niveau, un génie… qui ne peut s’endormir sans son doudou.

Excédée, je scotche sur la vitre arrière de ma voiture ce texte en lettres assez grandes :

                                           

risso_voiture

Cet écrit à choqué bon nombre de résidents qui préféraient se plaindre sous le boisseau de ce Risso, les autres se sont réjouis; Le plus amusant : les « dites autorités » syndic et cie ne m’en ont soufflé mot, mais m’ont dépêché le concierge de l’époque. D’un air qui se voulait amical, il m’a demandé si j’allais bientôt enlever le texte. Pourquoi ? Parce que ça nuisait au prestige de cette résidence… !!!

Eh bé. J’étais la victime et les bourreaux étaient protégés...Alors, revancharde, j’ai laissé l’affiche plus longtemps que prévu.

Un 14 Août à 15 h 30, je me décide à porter plainte. Au commissariat un seul inspecteur est de permanence, Marc Dupont. Il commence par essayer de joindre les Risso. Personne. Il me fait un long laïus et conclut qu’il doit avoir l’accord du SRPJ pour retenir ma plainte. Tout cela sent le roussi Risso. Je lui formule que sa réponse je l’attends par courrier et non par téléphone. Et tout de suite en sortant, je poste en recommandé une lettre à son intention, je lui demande de me donner les raisons du refus de dépôt de la plainte; j’avais prévu la mauvaise volonté ancestrale du commissariat quand vous êtes femme et vieille de surcroît et que vous n’affichez aucune distinction sociale dont beaucoup aiment se parer. Vers 17 h, par téléphone il m’informe que ma plainte est irrecevable.

J’attends assez longtemps. Ma lettre ne reçoit aucune réponse de ce Marc. Lorsque je m’enquiers auprès du commissariat de ce qu‘elle devient, le dénommé Marc n’existe pas et aucune lettre expédiée par moi n’a été reçue par le commissariat. Bizarre, elle ne m’est pas revenue ?...En recommandée…

Je commence à voir rouge. Je vis dans un monde de lâches. Chacun pour soi. Tant pis pour l’autre.

Un dimanche après-midi d’hiver, par une journée comme je les aime, terre gelée, air vivifiant, soleil éclatant, temps sec, je rentre d’une petite ballade avec Djebelle ma petite chienne. Et, brusquement, j’en ai ras le bol et la colère m’emplit toute. La place des Risso est libre, je gare ma voiture à cheval sur les deux emplacements et un peu en retrait ce qui ne permettra pas à Risso de garer sa voiture derrière la mienne, il gênerait les occupants à l’arrière.

Bien installée dans ma salle de séjour, Djebelle à mes côtés je lis. Un coup de sonnette impératif, me fait sortir de là et dans le vestibule, j’ouvre la porte sur une Mme Risso gonflée d’importance et d’amertume .     « Entrez, lui dis-je poliment, nous allons nous expliquer

– Pas question répond-elle dans des accents de colère et en voulant avoir le champ libre, même en me bousculant pour forcer l‘entrée, jeeeee »

Moi, jeeeee ferme la porte sur cette mégère qui disjoncte. Et j’entends alors un cortège de hurlements :    « Ça ne va pas se passer comme cela, vous êtes… Vous déranger tout le monde. Tout le monde vous dérange… (sic), vous allez tout de suite enlever votre voiture, sinon etc…»

Et les hurlements se succèdent. J’entends encore : « Avec Denis nous allons bousculer votre voiture, vous êtes ba la ba la ba la ba la. » Ce monologue agressif et coloré se poursuit un long moment, je reste totalement muette ce qui énerve davantage cette virago.

Les cris cessent, le bruit de l’ascenseur s’éloigne.

Quelques minutes plus tard, un coup de sonnette plus modeste. J’attends et dans le silence la voix de Mr Risso s’élève : « Voyons Madame, je comprends fort bien » fait-il entendre de son ton nasillard au lent débit

– Justement non, vous ne comprenez jamais rien »

J’écoute encore quelques instants ces personnes qui malgré tous leurs pouvoirs ont perdu tous leur droits sur la sécurité de leur voiture, les accents de Mme se mélangent à ceux de Mr et curieusement elle est plus retenue, plus réservée, les grossièretés ne sont plus de mise.

Mais j’en ai marre de ces pantins.

Alors, après avoir soigneusement refermé la porte de la salle de séjour, poussé davantage le son de ma radio, Djebelle sur mes genoux, je me replonge dans la lecture. Mon appart est par mes soins particulièrement insonorisé. Je n’entends plus rien.

Quand je reprends conscience du moment, je réalise que tout semble calmé, effectivement, porte ouverte il n’y a plus aucun bruit dans le vestibule.

A 20 h je sors Djebelle, je m’aperçois du dehors que toutes les pièces de l’appart des Risso sont largement éclairées aux yeux de tous, certaines fenêtres ouvertes, alors que le froid s’est intensifié, ils veillent tous sur leur chère voiture. A 23 H c’est toujours le même enluminement. Du jamais vu chez Risso qui ont l’habitude de vivre en vase clos.

En moi, je ressens une certaine satisfaction.

Le lendemain, ma voiture reprendra sa place habituelle. Ce que les Risso ont compris : c’est que la police d’abord ne peut leur être d’aucun secours dans ce parking privé et aussi je peux pratiquement chaque jour, répéter l’opération. Je sors à mes heures. Mr doit emprunter sa voiture tous les jours et à des heures précises.

Alors il trouvera une solution, il rangera sa voiture très près du pylône droit, me laissant une marge de déplacement. L’attaché case et les provisions trouveront leur place dans le coffre.

Les années suivantes se passeront sans incident notable entre les Risso et moi-même, je continue à saluer Mr qui répond toujours par un grognement mais il a un certain respect pour moi. Peut-être une certaine crainte, je suis la seule à avoir exprimé de face aux Risso ce qu’il était nécessaire de leur faire entendre, et j’ai la chance de ne pas avoir peur de Monsieur.

Mes cinquante premières années, je les ai vécues dans une petite rue de ce même quartier, les personnes âgées étaient respectées; jeunes ou moins jeunes leur rendaient service les parents y veillaient, pas besoin de réunir « le comité des fêtes » pour cela, aucune ne serait disparue isolée, par un été de canicule. Toutes les rues avoisinantes vivaient dans le même esprit de solidarité, nous nous connaissions tous.

Ca, c’était avant la déshumanisation des rues, des quartiers vidés de leurs petits commerces chassés par les hypers en tout, qui vous obligent à faire des kilomètres pour trouver les quatre vis dont vous avez besoin et que vous ne pouvez acquérir qu’avec leurs dizaines de sœurs jumelles

Jusqu’où va aller la démesure qui tue la vie des cités, des quartiers, les personnes âgées et aussi… notre jeunesse à qui bon nombre d’adultes, pas même les parents, n‘offrent plus en exemple les bases essentielles d‘une vie en communauté, le respect de l’AUTRE ?

CHARDON DE LILLE

Posté par gaby_djebelle à 11:29 - LES MACHOS - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 8 mai 2007

[75] ¤ QUE LA LUMIERE SOIT...

QUE  LA  LUMIERE  SOIT …

Il y a deux ans environ.

Nous sommes en 2005. Plus de lumière dans la cuisine, constat immédiat : le bouton électrique installé par moi en 2000, mal remonté en 2002 par un abruti, a cédé.

Achat à Casto, quand je suis disponible, du même bouton dans son enveloppe plastiquequiprenddelaplaceetenvahilespoubelles.

Dépouillé de son enveloppe, il apparaît idem en surface mais nouvelle formule interne.

Je réfléchis

L’employée de maison : ses promesses… et ses histoires.

: «  Ne vous faîtes pas de souci, mon beau-fils viendra vous l’installer, pas ce samedi mais le prochain »

Depuis toujours j’ai appris à me débrouiller seule et là où certains hommes pataugent, je peux souvent trouver une solution.

Mais pour ne pas froisser la dame pétrie de bonnes intentions, j’attends le beau-fils.

J’attends, j’attends…

Aucun écho du beau-fils. Lui ai-je posé quand même question sur ce passage promis. Je ne m’en souviens pas.
Un jour, presque deux ans après la proposition, la dame se décide d’emporter le bouton, son mari François va l’étudier et viendra dans quinze jours, un samedi matin…pour la pose.

La semaine suivante, le bouton réapparaît, le mari ne suit pas… Cette dame m’annonce qu’elle va divorcer, elle ne peut faire autrement étant donné sa situation. Ce serait mal venu de ma part de dire : « Et le bouton ? »

Très vite, le mot divorce n’est plus prononcé.

Peu de temps après, un mardi matin, jour de son passage, c’est par téléphone qu’elle m’annonce qu’elle arrête ses prestations (coûteuses mais peu éloquentes) chez moi, parce que, parce que… « vous acceptez que nous restions amies ? » interroge-t-elle inquiète ?

La véritable raison de son désistement, je la connais, elle aussi mais ignore que je sais.

Je reprends le bouton électrique dont j’ai compris la combinaison. Je vais enfin me l’installer, avant qu’une autre promesse ne me tombe dessus, me bloquant par délicatesse.

Impossible, le mécanisme est cassé…

J’ai des nouvelles de la dame par téléphone, j’écoute ses « histoires » puis, sans agressivité je lui demande pourquoi elle ne m’a pas prévenue de la casse. Elle rugit la dame : «  Si c’est ça, je vais vous payer le bouton… » Colère… qui monte, qui monte.

Gentiment, je l’assure que je n’attends pas ce geste, j’aurais aimé seulement qu’elle me prévienne.

Je peux me déplacer à Inno et par hasard, je trouve un bouton électrique apparemment identique. Achat. De retour chez moi, je m’y mets et dans le quart d’heure qui suit, voilà… le bouton est installé, la lumière fuse.

Elle ne sait pas encore la dame.

J’aimerais seulement qu’elle me rapporte les cinq verres en cristal « empruntés » dans mon buffet et aussi ma collection de montres anciennes, 1900, celles des dames en argent et mignonnes, aucune en état de marche.
La plus importante pour moi, celle de mon oncle François C., le nom est inscrit à l’intérieur. Il est décédé de tuberculose à l’âge de 20 ans.

Madame, elles étaient dans le tiroir interne de mon secrétaire, pour y accéder, il fallait vider la case centrale. Vous m’affirmerez qu’elles sont disparues par magie, je pense que vous avez le pouvoir de les faire réapparaître par magie.

Et vous qui lisez ces lignes, si vous découvrez dans les brocantes une montre ancienne à ce nom, pensez à moi. Merci.

Le bon côté de l’histoire : la facture d’électricité est un peu diminuée et comme j’ai appris deux hivers successifs à œuvrer dans la pénombre, je continuerai à faire des économies d’électricité. Je suis seule, les repas plateau devant la télé dans la salle de séjour, sont mon quotidien.

Faut toujours voir le verre à demi-plein.

Le passage de la plupart des employées de maison, là où il n’y a que des personnes âgées, est une véritable catastrophe POUR LES VIEUX et nous n’avons toujours pas de MINISTERE DE LA VIEILLESSE.

Vite, vite Monsieur DEROZIER, votre Observatoire de la maltraitance, sinon je risque de croire que vous devez avoir un lien de parenté avec la dame et ses histoires...

                                                           CHARDON de LILLE

Posté par gaby_djebelle à 16:32 - SERVICE D'AIDE A DOMICILE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 6 mai 2007

[74] ¤ SPASMOPHILES EN DECOMPENSE

SPASMOPHILIE

J’ai pas encore commencé mais j’ai pas fini de vous parler de la SPASMOPHILIE.

C’est pas CONTAGIEUX comme le SIDA hélas et heureusement, et y’a pas beaucoup de SPASMOPHILES EN DECOMPENSE. Parce que, comme pour les tuberculeux à Paris, il faudrait aller jusque sous les ponts leur faire avaler des tas de comprimés. Les SDF, y pourraient contaminer la planète entière, même les riches y passeraient… Pensez donc… sans les riches que deviendraient les pauvres…

Cependant quelqu’un a dit : « Les pauvres y font des chèques sans provisions et les riches, y font des provisions sans chèque ». Ca doit être Geluck, auteur B D « Le chat »

On le suivra pendant des mois le SDF tuberculeux (Entendu à la radio), on lui donnera pas un logement, ça c’est pour le maire de Paris et toutes les autres « grosses huiles »

Et ce sont elles le véritable danger de la planète. Alors on dit en essayant d’être indigné : « Le colonel Machin, le maire de…, le député Untel, même le président de la république, oui, oui, allez, ouste, en examen. » ( plus maintenant, il est protégé par SA loi) C’est vrai que tout le monde peut pas penser comme Dieu et s’intéresser à la petite brebis égarée, faut être réaliste. Ca rapporterait quoi et à qui ?

Vous laissez pas piéger. Faut bien qu’ils aient l’air de citoyens normaux… Mais comme y sortent au moins de l’ENA, anagramme ÂNE et entre âmes et ânes il n’y a qu’un jambage de différence…, ils en sortiront plus blanc que blanc. La lessive, on la trouve pas sur le marché.

Donc, pas de journée mondiale, d’infos, de récolte de fonds pour les spasmophiles qui ne sont que des simulateurs des hystériques, et tout n’est que pithiatisme… Non… Rien que le rejet ironique, méprisant des médecins toutes catégories, qui peuvent par ailleurs être de bons praticiens pour tous les autres patients. Rejet de l’entourage : « Tu nous ennuies, tu as toujours quelque chose ». La chance c’est d’être solitaire et seul.

Alors les Spasmophiles en Décompensé, Français ou autres, S.D.F. pas de la même catégorie et pas contagieux, c’est pas nécessaire de parler d’eux, de chercher à les soulager.

Il vaut bien mieux les laisser mourir tranquillement, comme cette jeune femme de mon quartier,

MERE DE 4 Enfants, S.D.F. depuis SEPT ANS, qui tout en souffrant terriblement n’existait plus, incapable d’aucun des actes de la vie courante, pas même ceux d’une petite vie. Le médecin, poussé par un tiers de mes connaissances, lui accordera une série d’IV Magnésium, et, incroyable, cette maman pour la première fois depuis 7 ans, l‘âge de sa dernière enfant, a pu aller à l’école Ste Anne, (là où j’ai bredouillé mes premiers B-A-BA en 33), chercher ses petites filles.

LA PREMIERE FOIS DEPUIS SEPT ANS…

Après… Après…

«  T’as vu comme c’est bon le magnésium ? Ca t’a fait vivre… Fini maintenant, tu nous pompes ». Il l’a pas dit comme ça le médecin, il l’a même pas pensé parce que la faculté apprend aux apprentis, même ceux soins palliatifs, qu’il faut se méfier du Spasmophile… Ne pas voir… Ne pas entendre… Ne pas penser… Les futurs médecins ne sont pas informés sur la spasmopohilie.

Alors la jeune maman, qui n’est même plus femme depuis si longtemps… redevient comme un légume mais elle souffre encore plus. Physique et Moral tout à la fois. Et en Août 97 ou 98, son médecin la met en observation à la clinique.

Résultats des examens : « Cancer du foie au stade terminal ». Huit jours après on l’enterre.

Mais auparavant, elle a pu dire à ce médecin :

« Je savais depuis un certain temps que j’avais autre chose et ça me faisait bien mal mais j’en avais assez de la Spasmophile, d’être sans vie et de tellement souffrir, que je ne vous en ai pas parlé, pas même à mon mari … »

BRAVO LA MEDECINE : OFFICIELLEMENT ELLE EST MORTE D’UN CANCER DU FOIE AU STADE TERMINAL

Qui peut dire le contraire ? MOI, ESPECE D’ENFOIRES… S.D.F. qui sait, il lui a fallu un énorme courage à cette maman. 

Pardon à ceux qui savent entendre et soulager même les spasmophiles. Je sais pas si une place leur est réservée à la droite du Père, je suis pas dans ses petits papiers mais ceux-là méritent toute mon admiration, ma reconnaissance. Ce sont des êtres humains.

MERCI POUR LES S.D.F.

CHARDON de LILLE

Posté par gaby_djebelle à 17:04 - MEDICAL - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 1 mai 2007

[73] ¤ OH, OH...

Dimanche je suis allée voter, rien que de très normal.Il était un peu plus de 8h.
A la sortie de l'immeuble, mpression immédiate d'étrangeté. Un calme plat...

Pas un chat dans les rues, les voitures bordent bien les trottoirs mais sans affolement, pas de voitures garées à demi
par- ci, à demi par- là, Je peux déposer la mienne presque à côté du bureau de vote, première rue à droite dans l'avenue de l'Europe juste au tournant, foyer des jeunes.

Personne, personne, portes fermées, stores baissés.
Curieux !!!

Les barrières de contrainte de la foule sont présentes. Mais aucun électeur. Rue déserte. Pas même un chat à qui m'adresser.

Ca me rappelle en mini, ce film américain après "tornade mondiale", un seul survivant arpentait les rues, désorienté.

"C'EST PAS POSSIBLE"

"Sortez de vos maisons, venez voter, ne laisser pas ces rues inanimées"

A la réflexion, je dois m'être trompée de rue... Reprenant ma voiture, je m'avance.
Et non, nous voici dans la rue de Rouges-Barres.
Retour à la case départ. Je sors encore de ma voiture. J'interpelle toutes les affiches plus ou moins grandes, qui foisonnent sur les murs. Je cherche le mot accroché à l'entrée qui m'informera de l'adresse utile... RIEN.

Et j'aperçois une toute petite affiche à l'effigie de Ségolène Royale : je peux lire 6 Mai...

Et oui, c'est Dimanche mais nous sommes seulement le 29 Avril.

Fameux poisson.

C'EST  CA  LA  DISTRACTION

                                                         CHARDON de LILLE


Posté par gaby_djebelle à 17:42 - DISTRACTION - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 20 avril 2007

[72] ¤ LE VIOL

SPASMOPHILIE (vécu)                31 Mai 2002

LE  VOL… ! … ? … ! EUH…  LE  VI… LE VOI… LE VIO… LE VIOL… OUAIS…

C’est grâce à elle que j’ai fêté deux fois mes 68 ans.

Elle était gynéco et je la rencontrais depuis tellement longtemps. 19, 20 ans.

Elle n’avait jamais eu la main légère mais elle était très efficace, énergique, solide.

C’était en Décembre. « Quel était mon âge ? » me demandait-elle. J’ai annoncé 69. En regardant sa fiche elle a dit : « Ah !... Ah mais non, vous ne les aurez qu’en Août…Mais… Mais non ce sera seulement 68. 29 et 68 ça fait bien 97… »

Alors j’ai fêté plus particulièrement mes 68 ans pour la seconde fois.Une année de rab…

Est-ce cette fois là ou à la consultation suivante qu’elle m’a parlé de son mari ?

Non, c’était bien avant, en 95. Depuis 94 1/2, je me débattais avec les généralistes.

A cause de mes ennuis, ils voulaient tous me donner des antidépresseurs et je ne les supportais pas, ils m’enlevaient le sommeil en me laissant très agitée intérieurement. La fatigue que je me payais… J’en avais liquidé trois depuis Juin 94. De bons médecins mais qui ignoraient la spasmophilie, moi aussi mais je n’étais pas médecin…

Donc en 95 elle m’a dit : « Pourquoi vous n’allez pas voir mon mari, il est généraliste ? » Bon…Si seulement elle m’avait informée qu’il avait toujours exercé la fonction de gériatre à la Cité. Un toubib enfermé pendant trop longtemps dans le giron de la mère Cité, c’est pas fait pour être généraliste… La Cité en avait lourdé pas mal, en surnombre disait l’état.

Elle ne m’avait pas dit non plus qu’il était plutôt cucu son mari, pas du tout son allant à elle. Et d’ailleurs il n’arrivait pas à se faire une clientèle, il n’y avait jamais personne dans sa salle d’attente. Ça c’est un signe. Jamais faire la queue.

Gentil mais cucu. Je m’en suis séparé. Et je me suis demandé comment elle le prendrait.

Je me suis dit que je pourrais évaluer par son acceptation ou son rejet, le seuil de son intelligence véritable, celle qui fait d’un homme un être humain.

Bien sûr elle ne m’a jamais dit : « Comment allez-vous ? », elle n’a jamais fait allusion à mon état, ma fatigue au cours des années de déprime. Ça m’aurait plu qu’elle me souhaite parfois « bon courage » quand je la quittais. Jamais. Elle était efficace dans sa partie, c’est beaucoup. Tout le monde peut pas verser dans la psychologie…

J’ai donc eu RDV après avoir quitté son mari. Elle s’est très bien comportée dans sa spécialité, comme d’habitude. Aucune allusion à ma coupure d’avec son mari. Bien, très bien. Et je peux dire qu’elle est intelligente

Et six mois après je dois y retourner. Ben oui, après un néo mammaire, faut surveiller.

Son accueil est froid, distant ce jour. Quand je lui explique que je n’ai pas continué à utiliser sa crème qui faisait surgir une inflammation du zizi, elle manifeste de la mauvaise humeur…

A l’examen des seins, des aisselles, elle fait toujours mal mais il paraît que c’est un mal nécessaire. Bon ça passe.

Ça y est, ça va être la partie intime, je reste confiante, j’assume très bien d’habitude.

Je crois qu’elle va introduire le spéculum du mieux qu’elle peut mais, je sursaute brutalement sous le coup d’une poussée horrible, réalisée de main de maître avec un objet qui n’a pas été annoncé et que la ruade a enfoncé dans mon champ intime. Je ne peux retenir une légère exclamation de douleur marquée d’étonnement.

Et commence le labourage de ce champ intime sans aucune précaution, elle qui a déjà la main si lourde.

Ça pique… Ca pique…Ça pique tellement trop… Au bout d’un certain temps j’arrive à lui demander pourquoi ça pique tellement, genre fer rouge sur une muqueuse.

D’une voix sauvage, méchante, agressive, elle répond que « le vagin est sec et que ce n’est pas le gel de l’échographie qui va le lubrifier »

Je me tais. Les larmes coulent d’elles mêmes sous la douleur. J'arriverai à les lui cacher.

Ça durera longtemps. Six minutes montre en main. Six minutes c’est tellement… sous la douleur, dans cette région inexplorée. Et l’objet doit être plus important que l’entrée du vagin.

En la quittant, j’ai marché dignement. Hors de sa vue, j’ai emprunté une marche de canard.

Je ne suis allée voir le généraliste qu’à la date du renouvellement de l’ordonnance, afin de ne pas l’obliger à dresser un constat en ne l’informant qu’ensuite de l’identité de l’auteur d’un tel acte. Au cours de la consultation, je lui ai raconté. De lui-même il m’a ordonné une pommade pour réduire l’inflammation… Il en est sorti des choses. Et il m’a bien dit de ne pas en être étonnée lors de la consultation suivante. Il avait donc bien entendu.

Ma délicatesse n’a servi à personne. J’aurai dû faire reconnaître ce viol traumatisant à plus d’un titre, sans égard pour les intéressés.

Ça va chercher combien une gynéco qui viole de la sorte une cliente ?

Parce que c’était un viol.

                                        CHARDON DE LILLE

Posté par gaby_djebelle à 18:55 - SPASMOPHILIE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 19 avril 2007

[71] ¤ A CAROLINE ET LAURENCE

                                                                                  

Jeudi 19 Avril 2007

A  CAROLINE  ET  LAURENCE

DANS 3 JOURS …

Nous allons décider du sort de notre pays.

Caroline, Laurence, souvenez-vous de 2002

Devant le fiasco de 2002, quand je t’ai expliqué Laurence, que tout en étant très proche de certains partis : les écolos, Arlette, José, et d’autres, tellement plus authentiques, plus honnêtes, j’avais voté pour un parti plus étoffé, par crainte que l’éparpillement des voix ne nous mènent à ce fiasco, tu m’as demandé pourquoi je ne t’avais pas avertie.

Aujourd’hui je le fais donc.

S’il faut donner une certaine place à ces partis, il n’est pas possible de retrouver un autre « Chirac » à la tête du gouvernement,

la France est en train de sombrer.

La France.

Les 80 % qui refusaient Chirac au premier tour ce sont là les vrais Français.

Les 20 % complémentaires, détiennent le pouvoir par l’argent.

Il ne leur est nullement besoin d’être au gouvernement pour tenir les rênes du pouvoir.

De grâce, ne recommençons pas l’erreur de 2002.

Et votons en masse

                                                         CHARDON  de  LILLE

Posté par gaby_djebelle à 15:11 - POLI-TIQUE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



Page suivante »